‹ Chants hellènesChapitre 3 sur 8 · BYRON · texte numérisé non relu

BYRON

Toi que déjà nos chants vont chercher dans les cieux, Toi que la Grèce en deuil ajoute à tous ses dieux, Astre sitôt perdu , dont la trace enflammée Ne laisse pas au monde unç vaine fumée , Byron , daigne inspirer ces funèbres adieux.

Il est beau de mourir pour une cause sainte , • De tomber plein de vie en la funèbre enceinte ', Au lieu de n'y traîner que des restes éteints ;

1 Lord Byron est mort à 36 ans.

20 CH1HT PMKIE».

Aux fêtes de U vie imprudent qui s'enivre

Sans porter au cercueil l'ivresse des festins !

On peut toujours mourir dès qu'un nom doit survivre ,

Alors qu'il doit grandir avec de grands destins.

Bien jeune pour la mort, déjà vieux pour la gloire,

Sur de renaître dans l'histoire, Byron , au sort jaloux tu cèdes sans effroi ; Après de longs déliais, c'est la seule victoire

Qu'on l'ait vu remporter sur toi.

Que dis-je I il lui tardait de proclamer tes titres : Il sait qu'à nos respects il faut un souvenir : Que la gloire , ici-bas, n'a que deux grands arbitres Qui sont la mort et l'avenir.

nages du monde il livre ta poussière ; ux qui naguère ont méconnu tes droits , t grand homme, endormi sous la pierre, . avec respect le sépulcre des rois.

ui retiré dans ton âme profonde, presque royal répudiais l'orgueil * ,

ju'il descendait des rois d'Ecosse par sa mère.

Qui fuyant l'embarras des vanités du inonde, Savais tout le néant des pompes du cercueil, Parmi tant de grandeurs tu ne veux pas descendre ; Près du toit paternel ton ombre veut errer ; A ceux qui t'ont aimé tu réserves ta cendre; Il te faut un asile où l'on aille pleurer '.

Je t'ai pleuré , vivant . . . . aujourd'hui je te chante. Quand le sort t'affranchit des terrestres douleurs, Ce n'est pas moi, Byron, qui t'offrirai des pleurs; Et s'il est sur ma lyre une corde touchante, Je la réserve à tes malheurs.

Je sais qu'en des erreurs funestes Ton ardente jeunesse égara ses transports, Que ton cœur ulcéré flétrit des dons célestes , Que ton malheur enfin fut souvent un remords.

Au tourment de haïr te condamnant toi-même , Tes pensera dévorans se nourrissaient de fiel ; Ta souffrais, sans prier, sans regarder le ciel , Et ta plainte était le blasphème.

1 O» sait qu'il a touÏo être enterré dans le domaine de sts pi

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