CHANT PREMIER
Hélas ! tu retranchais l'avenir à tes jours : Ta voix les maudissait > et maudire est un crime; Tu ne savais donc pas que si le monde opprime, Dieu venge quelquefois et console toujours.
Mais peut-être ( et j'en crois ton sublime génie ■ , J'en crois l'Europe entière honorant ton cyprès) Nous avons mécoiupitt tes sentimens secrets : La gloire est tributaire eiwerfc la Caloittnie, Et de nos Vains propos la vérité battûie, Éclate enfin dans nd» regrete.
Tu ne respirais pas librement sur la terre , Et comme le grand Aigle au haut des eieux monté Va chercher l'air brùlarrf <jtri nourrit lé ftmtterre , Le souffle impatient de w& ctèur solitaire Aspirait l'immortalité.
1 II y a dans quelque» parties des ouvrages de Byroti cfes vers qui indiquent un seatitfœto* rellgiéttfc très profottd. R est malheureux que les agitations de son coeur l'aient jeté quelquefois- en des doutes coupables, peut^toe trialgrélui. Ce cœur était malade comme celui de Rousseau l'avait été. • . . Ou est presque excusable lorsqu'on art tant à plaindre.
BYROH. 25
Et le monde eût voulu que, d'une âme asservie, Te courbant humblement sous la commune vie, Tu suivisses ta route eu ce siècle pervers Sans proclamer ton nom, sans offenser l'envie,
foule en secou
Ah ! tu n'étais pas fait pour marcher avec elle , Fuis te laisser conduire à la chaîne attaché : Non, trop de feu céleste avait été caché Sous ton enveloppe mortelle.
Quand la poudre enfermée en un frêle roseau Prend la vie et s'élance en nos fêtes brillantes, Jetant de tous côtés ses flammes pétillantes, Courant, se déployant en gerbes, en réseau, Des cris de peur, joyeux, à ses éclats répondent; Le groupes éperdus se brisenj, se confondent; Car le tuyau qui siffle et serpente enflammé , Menace en effleurant,. brûle ce qu'il caresse, Se roule sous nos pieds , jusqu'à nous se redresse, Trouble un jeune quadrille à la danse animé, Et répand un effroi dont le cœur est charmé.