‹ Chants hellènesChapitre 8 sur 8 · CHAUT SECOND · texte numérisé non relu

CHAUT SECOND

Tandis que nous chantons f on égorge nos frères , Les fils du même Dieu pour qui sont morts nos frères; Des femmes, des vieillards, des enfens massacres, De saints prêtres surpris dans km» rites Sacrés, Des soldats qu'on trahit mais qu'on ne peut abattre Et qui savent mourir s'ils ue peuvent combattre , Ipsara voit encor sur ses rocs foudroyés -, Tomber tous ces martyrs , au saug des leurs noyés , Et leurs têtes au loin sur tous les mâts dressées % Traverser l'Archipel, k Stamboul adressées 3 .

Allez , ambassadeurs des monarques chrétiens , De la Sainte-Alliance infidèles soutiens, Le sérail triomphant vous invite à ses fêtes ; De sept mille chrétiens allez compter les têtes

1 La lecture des désastres d* Ipsara fait frémir. Le cœur ne se repose de son indignation que pour admirer le dévouement des Grecs, qui , trahis et sans espoir de défense , se sont fait sauter arec leurs ennemis.

* Le oapî|an-paoha a envoyé en présent au sérail 7,000 tètes de Grecs plantées sur des piques et attachées au* mats de ses vaisseaux.

3 Byron employé toujours le mot de Stamboul : et je crois comme lui , que lorsqu'il s'agit des Turcs, Constnntinople ou Bysance sont des noms peu convenables à la physionomie barbare de ces peuples.

36 IPSARA.

Respirer avec calme, à l'ombre du croissant, D'impudiques parfums et la vapeur du sang , Et d'un aspect complice insultant les victimes , Complimenter des yeux leurs bourreaux légitimés.

Rois de la vieille Europe où sont vos chevaliers? Fils de nos paladins où sont leurs boucliers? De leur sang qui s'indigne entendez les murmures, Regardez s'agiter leurs poudreuses armures ; Héritiers des Tancrède , enfans des Châtillons , Dont le dernier Condé guidait les bataillons , Si durant votre exil les encans populaires N'avaient point spolié vos toits héréditaires , Vous y retrouveriez ce fer des anciens preux,

Qu'au temps des grands exploits Damas forgeait pour eux,

Ces écus tout meurtris des glaives infidèles,

Attestant aux enfans les gloires paternelles ,

Ces casques , ces cimiers d'un acier flamboyant ,

Quand reluisait sur eux le soleil d'Orient,

Au sépulcre d'un dieu ces lances consacrées , .

D'un sang toujours impie à jamais altérées.

Mais ces beaux souvenirs, s'ils manquent à vos yeux ,

Vivent dans tous les cœurs au nom de vos aïeux ;

Et ne me dites pas qu'un orage funeste

A tout anéanti, puisque ce nom vous reste.

Partez, allez chercher jusqu'au pied de la croix,

CHAïit SECOND. 5j

Les pas .encore empreints du plus saint de nos rois ; On ne s'égare point sur des traces si belles. Quoi ! partout le croissant a des soldats fidèles , Et le signe vainqueur qu'éleva Constantin, Qui seul de Tolbiac décida le destin, Qui du joug d'Almanzor affranchit nos campagnes, De cités en cités reconquit les Espagnes, Sur le monde chrétien passerait aujourd'hui , Sans qu'un seul défenseur se ralliât à lui !

Vous nous imposez donc par des titres frivoles , Chevaliers de salon et chrétiens en paroles , Vous qui près des martyrs craignez de vous ranger , Vous qui semblez attendre , k l'abri du danger , Que la mer du midi vienne au pied de nos villes , Battre d'un flot sanglant nos vaisseaux immobiles , Et roulant jusqu'à nous des cadavres meurtris , Des fêtes* du sérail nous porte les débris !

Non, race de nos preux, levez-vous tout entière; Dieu le veut. — Déployez l'invincible bannière ; Vous surtout, dont le Nïl vit les succès hardis, Vétérans de Moscou retrouvés à Cadix, Preux récens, poursuivez ces esclaves timides Que vous avez chassés du pied des pyramides ■ ;

1 La bataille des Pyramides.

38 IPSABA.

Faites SQW rewaa&Jtes à voft terrible» coups ;

Le fer des Lusigi^n sera léger pour yùm-

Un long g4wssentfmt k Wnmt stéJà?e;

De Madrid à ÇqxytfbG apporta? vQtre gWve j

Frappez , rendez à tous leurs 14gitime& droits ,

Et que tous les tynm$ tremblent, peuple» ou rois.

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