GEORGE, PARRAIN
C'est d'instans en instans, à coups tardifs et rares, Que le fusil des Grecs envoie au Turc la mort : L'aliment de leur feu manquant à leur effort,
De leurs foudres ils sont avares.
Reste de libres cœurs, Hellènes malheureux, A quinze, ou vingt, peut-être, ils sont réduits entre eux Γ
George, leur vaillant guide, absent à l'heure même, Dans un Temple chrétien transmet son nom sacré A l'enfant qu'il adopte aux autels du baptême, Dont l'eau sainte le voue à son culte épuré. Second père d'un fils dont toujours l'autre père
L'aimera d'un cœur fraternel , George veut s'assurer, par un nœud solennel, L'abri d'une famille et vertueuse et chère,
L'espoir d'un appui mutuel.
Mais, ô trouble! ô clameurs !.. . c'est le bruit de la guerre , Son signal menaçant dans les airs a tonné : « A nous! George, arme-toi! laisse ton nouveau-né. )> Déjà, le fer en main, accourt le fier Hellène : α Courage, amis! du bois défendez les accès... » Vierge du ciel! soutiens notre audace guerrière, )> Et de Mitzobono la rage prisonnière, » S'il est saisi vivant , expira ses forfaits. »
M. Fauriel n'a pas oublié de noter ce que cette aventure a de relatif aux agitations dans lesquelles les Klephtes passent leurs jours. Il explique très-bien la nécessité qu'ils éprouvent de se faire des amis par des alliances , et ce que la pieuse coutume du baptême a de sacré pour les parrains et pour leurs filleuls , qui deviennent leurs enfans adoptifs. Celui-ci n'a pas même le loisir d'accomplir la cérémonie à laquelle l'arrache le signal d'une attaque soudaine. On croit assister à leur genre de vie en lisant cette courte narration.
Un klephte ? nommé George , fut le plus brave acolyte du vieux Dimos , et mourut du .même supplice que son frère Antonis , torturé près de lui à Janina. On ignore si c'est le même que signale ce fait d'armes contre Mitzobono.
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