LIA KO S
Entends de Liakos se débattre l'épouse
Des brigands albanais , la chargeant d'un lien , Insultent sa beauté d'un chaste honneur jalouse : « Préfère un mari turc à ton époux chrétien, » Lui disaient-ils •, mais elle : « Ah plutôt sur la terre » Voir s'éteindre en mon sang mes jours infortunés, )) Que de sentir mon front ou mes yeux profanés
» Par votre baiser adultère! »
Il4
Mais, d'un coteau voisin, Liakos s'élançant L'aperçoit-, et courbé vers son Coursier qu'il presse,
Il lui dit, en le caressant : « Aideras-tu ton maître à sauver ta maîtresse ? » — Oui, )> répond le Coursier, prompt émule du vent: α Sa main mesurera ses dons à ma vitesse.
» Volons , volons , ô mon guide , en avant ! . . . » Il fond, en trait ailé, sur la troupe inhumaine, Que le fer du héros abat en arrivant, La foule aux pieds, reçoit la belle Liakène,
Et comme l'éclair l'enlevant, En croupe avec orgueil dans le camp la ramène.
NOTICE
Ceux dans le souvenir de qui sont présens les discours des chevaux d'Achille , ne trouveront pas bizarre la fiction de cette fable, et ne me blâmeront pas , en entendant parler le coursier de Liakos, d'avoir rapproché l'imagination des nouveaux Grecs de celle d'Homère. Ils se convaincront du rapport de leur génie avec le sien par l'artifice qui rehausse cette jolie aventure , très-succinctement contée. La Bible , au livre de Job , fournit l'exemple d'une hardiesse analogue.
Il est probable que le guerrier dont il s'agit dans cet incident , est le vaillant Liakos , qui livra la bataille où les Grecs furent vainqueurs de Véli-Guékas. Un chant, que j'ai omis , rappelle ce combat avec clarté , mais sous une forme insignifiante et peu nouvelle. On y retrouve appliqué à Liakos le même sens rendu par les mêmes mots d'un vers attribué à la fierté de Photos :
« Le glaive est son Pacha , le mousquet son Visir. »
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