L'HYMNE GUERRIER
RHIGAS.
Pallika&bs! est-ce à jamais Que , vivant eu lions , errans et solitaires , Aux creux des noirs ravins , sur les âpres sommets , Nous cacherons nos pas dans le fond des repaires?
Fuirons-nous toujours aux forêts Le monde, la patrie, et nos toits, et nos frères?
L'effroi de la captivité Nous doit-il condamner à cet exil sauvage?
Une heure seulement d'un jour de liberté Vaut mieux que de longs ans traînés dans l'esclavage*
Que sert de vivre à la fierté Qu'à chaque instant menace ou la mort ou l'outrage»]
Sois Bey, Prince, ou Visir puissant, Ta vie injustement n'en est pas moins tranchée : Le despote en est maître. Un soin obéissant A lui complaire en vain tient ton âme attachée :
Son ardente soif de ton sang Ne s'apaisera pas qu'il ne Tait étanchée.
Mêmes victimes du pouvoir , Musulmans et chrétiens , de tout rang , de tout âge y L'ont servi le matin , et sont tombés le soir. Compte tous les grands noms des martyrs de sa rage !
Leur sort terrible est un miroir Où d'exemples frappans s'offre à tes yeux limage*
Rallions-nous! et sous la croix Par de communs sermens consacrons notre zèle. Soumettons nos vertus au seul pouvoir des Lois : Non moins que les tyrans l'anarchie est cruelle.
Elle change en monstres des bois Les hommes ennemis de la paix fraternelle»