‹ Chants héroïques des montagnards et matelots grecs (volume 3)Chapitre 47 sur 56 · LE JANISSAIRE · texte numérisé non relu

LE JANISSAIRE

« Manole, heureux mortel, enfant aime des cieux, « Ta femme est belle et tendre , et tu n'es pas joyeux ! — « Tu l'as donc vue , ô janissaire ?

— « Je l'ai vue , approchée ; elle a séduit mes yeux.

— « Et sous quels vétemens a-t-elle su te plaire?

— « La pourpre sur son front s'entrelace à longs plis. « Sa robe sur son corps semble un tissu de Us. »

Le courroux et le vin trouble à la fois Manole : Il court vers la belle et l'immole. .

Mais , délivré le lendemain

De sa double ivresse cruelle , Et plus insensé qu'inhumain , Il cherche sa compagne, et sa voix la rappelle.

« Lève-toi, ma beauté! couronne-toi de fleurs :

« Geins tes brillans colliers , tes voiles les plus rares :

« Viens montrer tes appas aux jeunes Pallikares;

« Et, me faisant du sort oublier les rigueurs,

« Charmer aussi ma vue, en dansant dans les chœurs. »

•ijaps.

NOTICE

Nouvelle occasion de faire apprécier cette brièveté des chansons grecques , par laquelle une vive impression de leurs dialogues et de leurs récits nous est communiquée en si peu de mots ! On ne saurait trop insister sur ce point , quand la diffusion des phrases et l'abus des couleurs descriptives de la littérature germanique tendent à gâter la nôtre par la superfétation des détails, et par la surcharge des affectations sentimentales , dont la fausse abondance n'est que stérilité d'imagination et de choses.

VÉVROS

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