‹ Chants héroïques des montagnards et matelots grecs (volume 3)Chapitre 48 sur 56 · SON CHEVAL · texte numérisé non relu

SON CHEVAL

Vardar, aux champs que tu fécondes, Vardar, sur le bord de tes ondes, Faible , abattu , languit Vévros.

Son cheval noir lui dit ces mots :

« Lève-toi! revolons, mon maître; « Nos compagnons sont loin peut-être.

— « O mon noir, pouvons-nous courir? « Ton maître , hélas ! se sent mourir.

« De tes pieds, où l'argent éclate, « Frappe et creuse la terre ingrate :

« En tes dents enlève mon corps , « Et l'ensevelis sur ces bords.

« A mes parens porte mes armes,

« Pour qu'ils m'honorent de leurs larmes.

« Porte à ma belle mon mouchoir,

« Et qu'elle pleure de le voir.»

NOTICE

Cette chansonnette a de l'analogie avec le chant de Liakos : mais Tune, étant héroïque, est pins fortement tracée; celle de Vévros, d'un intérêt moindre, n'est pour ainsi dire qu'un léger trait de crayon. On reconnaît dans les deux la relation fictive du cavalier et de son cheval qui se parlent et se répondent : leur entretien figure idéalement la communication qui s'établit dans la solitude, entre l'instinct familier des animaux et les sentimens de l'homme. C'est par l'effet du même naturel qu'Esope , Phèdre et La Fontaine nous mirent en commerce d'esprit et d'âme avec toute la nature.

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