‹ Chants héroïques des montagnards et matelots grecsChapitre 2 sur 26 · LA FAMILLE · texte numérisé non relu

LA FAMILLE

DK

TZAVELLAS.

>Cu

TJ

CP

iS

fl

'^fc

of

Sun Tarclie d'un vieux pont, un oiseau se lamente : « Cruel Pacha, dit-il, vois ces sauvages lieux ^ » Du lac de Janina ce n'est point Teau dormante » Qu'attire en tes jardins un art industrieux, » Et qui s'élance en jets sous une urne écumante^ » Ce n'est point Prëvésa , dont s'élève à tes yeux

» L'enceinte de meurtres fumante ^

» C'est ici l'àpre mont SouU,

» Mont fameux, redouté d'Alj?

» Mont terrible , où tout s'arme , et les fils , et les pères ,

» Leurs sœurs , et leurs brus , et leurs mères ;

» Où, parmi les pâtres soldats,

» O magnanime Tzavellas !

)) Ton épouse, en vain assaillie, » Tient son enfant d'un bras , de Tautre un sabre nu. )) Du poids d'un long mouscpiet, par des nœuds soutenu,

» Son épaule est enorgueillie 5 » Et le pan de sa robe ; en défs^eum ses pas , » Tablier ondoyant, au genou se replie » Sur la poudre et le plomb qu'elle porte aux combats. »

NOTICE

Deux traits poétiques caractérisent cette composition : le langage fictif d'un oiseau qui expose le sujet et détermine le lieu ; puis , le portrait hardiment dessiné de l'héroîne qui marche à l'action annoncée. On reverra souvent dans ces chants les oiseaux introduits en témoins des faits et en interlocuteurs. Moscho , femme de Tzavellas , est présentée ici comme une vivante image de la Grèce pastorale et armée. Le texte dit qu'elle porte d'un bras son nourrisson , de l'autre ses armes , et des cartouches dans son tablier. Je n'ai pas cru devoir efiPacer ces traits simples et vrais : ils peignent bien , donc ib sont poétiques.

Page 1