‹ Chants héroïques des montagnards et matelots grecsChapitre 21 sur 26 · DU SABRE · texte numérisé non relu

DU SABRE

DE KONTOGHIANNIS.

Celui dont la noble fierté Brave les tyrans de la terre , Qui respire la liberté , fit s'illustre par l'équité , Seul , mérite ce cimeterre.

NOTICE

Le sabre de Kontogbiannis orné de cette belle inscriptiôn , est héréditaire dans sa famille , dont un des enfans lé consacre encore aujourd'hui par les coups qu'il porte aux usurpateurs de la Grèce.

La plénitude du sens de cette épigraphe concise peut servir de modèle au bon style lapidaire ; le texte en est

imprimé sur le frontispice de ce livre. L'examen des qualités variées qui brillent dans les divers élémens de cette collection confirmera notre avis sur le mérite qui la distingue.

Peut-être, les personnes accoutumées à ne se plaire qu'aux compositions sentimentalement diffuses , qu'aux stances ou aux couplets que terminent des traits de madrigaux ou que relèvent des saillies d'esprit, s'étonneront de nos suffrages en faveur d'inspirations simples et fortes que n'accompagne aucun enjolivement superflu : mais les littérateurs y apprécieront l'art de raconter en peu de mots , de marquer les localités en courant , de lancer des traits pénétrans que nulle fausse subtilité n'aiguise, de ne dire que ce qu'il faut pour toucher le cœur et pour réveiller de grands souvenirs. Les artistes ne liront pas ces chants sans profit pour eux-mêmes ; les sculpteurs y trouveront des figures toutes posées ; les peintres , des sujets nouveaux , des mouvemens vrais, des personnages offerts sous des costumes exacts , en des attitudes fières , s'ils étudient les beaux dessins de la Famille de Tzavellas , de la déroute de Mouktar-Vélij du Tombeau de Dimosy du Vaisseau de Zathas, des noces de Zidros ,^ lotis mourant, de la Mère de Kitzosj et plusieurs autres non moins dignes d'une attention curieuse. Enfin les auteurs lyriques ou dramatiques j trouveront aussi d'heureux modèles de concision , de verve et de sublime , et des indications de mœurs positives qui n'atténuent point la grandeur idéale des choses. Le naturel de ces chants semble, nous rappeler sur les linéamens primitifs de l'art k des leçons trop oubliées aujourd'hui, et dont ils fournissent d'utiles exemples.

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