‹ Chants héroïques des montagnards et matelots grecsChapitre 23 sur 26 · L'AIGLE ET DU EAMIÈR · texte numérisé non relu

L'AIGLE ET DU EAMIÈR

Il est deux oiseaux, dont l'histoire Consacra le sublime élan ; .

• L'Aigle à qui Rome dut* sa gloire

• Et le Pigeon dii Vatican :

L'un , espoir des Latins crédules , Sous ses foudres les aguerrit ) > L'autre fait éclater l'esprit Du doux Evangile et des Bulles. '

Ayant guidé les fiers Césars Aux deux limites de la terre , L'Aîgle 5 qui , sous leurs étendards , Voyait s'éteindre son tonnerre , Accusant l'oubli dangereux . ^ De son ambitieux augure , Du Saint-Esprit , avec injure , Grondait le Ramier doucereux.

« Naguères , des rives du Tibre » Jusqu'aux sources qui versent l'or , » Je fis régner un peuple libre » Sous mon victorieux essor.

» Partout sur l'Afrique et l'Asie » Mon aile fondait à sa voix , » Et la dépouille de cent rois » Par mes ongles était saisie.

Il*

» Terrible oiseau de Jupiter , » Toujours triomphant dans Forage , » J'entraînais Mars comme Féclair , » Et mon Yol guidait son courage« » A ceux qui portaient mes signaux )> Mes promesses étaient sincères ^ » Et les barbares dans mes serres » Tombaient ainsi que des agneaux.

» Oiseau d'une obscure naissance ^ » Retourne au nid de Bethléem ; » Et , laissant Rome en ma puissance y » Va gémir dans Jérusalem :

» L'écho de ta douce parole )> Réside au Mont des CHiviers :

» Fuis donc les orageux lauriers » Des collines du Capitole.

» — En vérité , je vous le dis ,

» Lui répond le Pigeon mystique ,

» Je crois mon divin Paradis

» Plus haut que votre Olympe antique.

» Votre vol , plus prompt que le mie& , )) S^écarta du but de sa gloire \ » Moi , lentement à la victoire » Je guide Fempire chrétien.

» Cesse tes mépr:s , Aigle altière l

» Ma patiente humilité

»' Sait mieux prolonger sa cariière

» Que ton impétuosité.

» Déjà rot de tes sept collines ,

» Je m'y bâtis un colombier ;

» Et mon Apôtre est Théritier

» Du temple orné de tes rapines.

» Ce nouveau palais de Sion ,

yf Édifié sous mes auspices

» A sa haute prétention

» Promet dix âges plus propices.

» L'aurore et te couchant conquis

» Croiseront sous moi leurs bannières ,

» Et vaincront , sur mille frontières ,

» Plus d'hommes que tu n'en vainquis.

» Du mont Saturnien tu tombes ^ » Devant les Qoths toi-'méme as fui.

» Je n'ai que la voix des Colombes , » Mais TEsprit-Saint est mon appui.

» Crains qu'avec toi je ne divorce , » Aigle vaine et prête à périr !

» Sache que , pour tout acquérir , » La douceur vaut mieux que. la force.

)) «» Et tes bûchers ! » dit par trois fois

L'Aigle qu'agite sa colère ; Mais l'humble raznier sous la croix Se niche à l'abri de sa serre :

Ainsi maints dévots mielleux Courent au refuge du temple , En rabattant , à son exemple »

Leur premier vol trop orgueilleux*

HAVR06ÉNE,

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