‹ Chants héroïques des montagnards et matelots grecsChapitre 4 sur 26 · D'ALT DE TÉBÉLEN · texte numérisé non relu

D'ALT DE TÉBÉLEN

Trois sinistres corbeaux dirigent leurs regards Sur trois chemins qu'au loin ombrage La marche de trois étendards.

Du noir Mitzobono l'un guide le courage ;

L'autre , Mouktar son fils ; l'autre soutient la rage Du plus cruel des Selictars.

L'épouse d'un primat les voit de la colline

Où les oiseaux plaintifs voltigeaient sur ses pas.

n Où donc est Botzaris? et toi, Koutzonicas?

» Accourez! de Souli, qui réclame vos bras,

)> Elle vient nous offrir, sur nos murs en ruine ,

» Ou le parjure ou le trépas. »

Le cri des deux guerriers répond à ses alarmes :

(( Faible femme , ne tremble pas.

» Tu vas voir de ces Turcs le sang rougir nos armes , » Et quels puissans efforts illustrent nos combats. »

Leurs pacolea sonc moins rapides

Que leurs attaques intrépides :

Tout chancelle, pâlit, ftdt ou meurt devant eux. « Maudits soient à jamais tes élans belliqueux ! » Disaient à leur Pacha ses troupes dispersées.

Mais Botzaris , en main roulant

Son cimeterre étincelant :

« Succombes-tu, visir, à tes sombres pensées? » Relève tes spaïs couchés dans nos ravins.

)) Pourquoi baisser ton front? d'où naissent tes chagrins? » Viens donc montrer ton luxe à nos pauvres cabanes , » Viens dresser sur nos monts , aimés des cieux sereins ,

» Ton trône envié des Sultanes. »

NOTICE

Voici encore la fiction familière aux Hellènes : trois oiseaux y précurseurs de trois colonnes de troupes , et placés en vedette pour présager une triple attaque. Même promptitude dans le dialogue et dans le récit que termine le discours ironique de Botzaris , sur le ton des héros querelleurs ou moqueurs de l'Iliade.

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