SUR LE PREMIER CHANT DE L'ODYSSÉE
Page 2:1. Horace traduit ainsi (Épîtres, I, 2,18) le début de ce poëme : Ulyxen, Qui domitor Trojas multorum providus urbes Et mores hominum inspexit, latumque per sequor, Dum sibi, dum sociis reditum parat, aspera multa Pertulit, adversis rerum im-mersabilis undis. Voyez aussi, Art poétique, 141. - 2. Réunissez la tmèse xaTrj<r0iov.— 'TTtepîovoç 'HEXEOIO. Le so-leil était fils dhypérion; mais les postes donnent souvent le nom d'Hygérion au soleil lui-même. Voy. plus bas, v. 24. — 3. '0, le soleil.
— 4. Tûv YE eircè xai %îv. Dis-nous, raconte-nous une partie de ces événements. Trov est le génitif partitif. — 5. ~, tous les Grecs qui avaient été au siège de Troie. Page 4:1. Calypso, fille d'Atlas, selon Homère (voy. vers 52), et, selon Hésiode, fille de l'Océan et de Téthys. — dLOC ~, divine entre les déesses, c'est-à-dire remarquable par sa beauté entre les déesses. — 2. Ttoffiv elvat. Sous-entendez aÛTov, Ulysse. — 3. :rE-roç, le temps, l'époque; ivtccutaiv, les années. Deux vers plus loin, ~, ordinairement employé comme adverbe de lieu, là, devient un adverbe de temps, alors.
-4. Kal fiExà otaL ~oLIotat, même chex ses amis, c'est-à-dire lors-qu'il fut rentré dans sa patrie.
— 5. Homère place la nation des Éthiopiens depuis la côte orien-tale de l'Océan, à partir de Colchos, jusqu'au mont Atlas, sur la côte occidentale. — Au vers 24, devant avaofLÉ'lov et àvtovroç, sous-en-tendez TTpOÇ.
— 6. ~0 £ àXXoi. Sous-entendez 0EOI.
Page 6 : 1. ~'AfiO^ovo; Aiy^010- Cette épithète, &.P.VILoov, irrépro. chable, appliquée à Égisthe, a paru tellement extraordinaire, que Dugas-Montbel s'est refusé à la traduire. Il faut songer, non pas à la conduite d'Égisthe, mais à ses qualités en quelque sorte matérielles, beauté, noblesse de la naissance, etc.
NOTES SUR LE Ier CHANT DE L'ODYSSÉR. 61 — 2. Kai ~aÙTOi, etiam ipsi, sans que les dieux y soient pour rien. Aux deux vers suivants, ~ÛTisp^opov est pris adverbialement pour ~ûrcepii.6pa>ç, malgré le destin.
— 3. Réunissez la tmèse ~7tpo £ i7ro(i.ev.
— 4. "EtTCETKt. Le discours indirect fait place au discours direct. Jupiter rapporte les paroles adressées, sur son ordre, par Mercure à ÉgIsthe,
— 5. Kaî fis ~{(xetpsTai aîifiç. Selon la grammaire, il faudrait le sub-jonctif ~[fieiprixai. Lorsque Oreste désirerait sa terre, c'est-à-dire lorsque Oreste, alors réfugié en Phocide auprès de Strophios, vou-drait rentrer dans sa patrie.
Page 8 : 1. 'A0p6oc 'ltciv'r' ~ànÉTtaev, mot à mot et familièrement, il a payé tout en bloc, c'est-à-dire, il a expié tous ses crimes à la fois.
- 2. ~Ntîctû) Iv àfjupipuTY]. Calypso régnait dans l'île d'Ogygie. °O0i o¡J.<paÀÓç la-ci 0aXo«7<nfiç, une île où est le nombril de la mer, c.-à-d. qui est située au milieu de la mer. C'est ainsi que les Grecs, qui croyaient le centre de la terre à Delphes, appelaient cette ville ~ôixcpocloç yîjç.
— 3. TEv, employé absolument, dans cette île.
— ~4. "Ex £ t Se TE xiovaç. ~rX(.L<ptç ËXOVlJw. Atlas supporte les co-lonnes (c.-à-d. la haute montagne) qui séparent le ciel et la terre.
Page 10 : 1. clÉfLEVOÇ xat ~xomtvov. Qavésiv i^EipETai. Ovide, Poli-tiques, 1,3,33 : Non dubia est Ithaci prudentia, sed tamen optat Fumum de patriis posse videre focis. Voyez sur ce sentiment tou-chant qui fait préférer la patrie à tous les biens, Cicéron, de Ora-tore, I, 44.
— 2. ~IIoïov ce I-jtoç çûyev Ëpxoç ~oSovtwv ; Quelle parole a échappé à la barrière de tes dents? c.-à-d. Quelle parole est sortie de ta bouche1
— 3. "Oç mpt (ièv vôov. à0avàxoi(Tiv ~IScoxe. Joignez irepî à PPO-- TÍÏJV, Ulysse qui est au-dessus des mortels par l'intelligence; le se-cond 7rÉgt équivaut à ~7rspi<Tcrûç, abunde, saepe.
— 4. KvxXwjroç ~xEyoXwrai. Le génitif KuxXamoç exprime la cause : Neptune est irrité à cause du Cyclope son fils qu'Ulysse a privé de la vue.
— 5. ~Ilôcffiv KuxXcû7t £ ffcri, comme s'il y avait sv, qui est sous-en-tendu, parmi tous les Cyclopes.
— 6. Phorcyn, dieu marin, fils de Pontos et de la Terre.
Page 12:1. 'Ex rou, lx ~"oÚ'tou, par suite de cette cause. 62 NOTES SUR LE Ier CHANT DE L'ODYSSÉE.
- 2. "Omo; EXOijai, afin qu'Ulysse retourne dans sa patrie. I
- 3. ~'O?pvvo[j £ vf au lieu du subjonctif o'tpÚVCI>¡L£Y, employé comm impératif.
— 4. ~NïiiiepTea pouXrjv, vÓa'tO'tl ~'Oôva<rijoç. Nôarov 'OÕvaa"r,o sert d'apposition et d'explication à ~vT)[iepTéa (IovXiqv, notre résolutiol bien arrêtée, qui est qu'Ulysse retourne dans sa patrie. "Dç u vctj Tat, comme au vers 77, wç ëXÔ^au i
Page 14 :1. 'A7T £ i7céfiev est employé Ici sans régime, ce qui n'aurai jamais lieu avec le verbe français interdire. Toutefois ce régime e% suffisamment indiqué par le membre de phrase ofre oU. Qu'il inter dise aux poursuivants de sa mère, qui immolent ses brebis et se bœufs, de continuer à les immoler. Ce n'est donc, à propremcn parler, qu'un artifice de construction par lequel le poëte fait un* phrase conjonctive de ce qui devrait être régime du verbe. D'autre) entendent, Qu'il congédie les prétendants, qu'il leur ferme sa maison
— 2. Les vers 99 , 100 et 101, sont considérés par la plupart de: éditeurs comme une interpolation. Ils se trouvent déjà dans l'Iliadej X, 135. i
— 3. 'IOcbty¡ç tVI 8~;JLM, comme s'il y avait iv ~'I0axY)<r(oi;, au min lieu des habitants d'Ithaque. .1
— 4. Les Taphiens habitaient probablement la côte occidentale dq l'Acarnanie et les petites Iles entre l'Acarnanie et la Leucadie : Ui plus grande de ces lies était Taphos.
Page 16 : 1. ~Utaaoïai indique un jeu dans lequel on se servait d8j jetons, jeu probablement semblable à notre jeu de dames; il ne s'aglti nullement de dés.
-2. T~paitéÇaç. Dans les temps héroïques, chaque convive avait! sa table. De même chez les Germains (Tacite, Germanie, 22).
— 3. ~'OaaÓfLEVOt;. 11 voit dans son esprit, c'est-à-dire il se repr&J sente, il se figure, avec un sentiment de regret ou d'espérance, son père arrivant, chassant les prétendants, etc. 1
— 4. T~tfLf,v, l'honneur qui est attaché au rang suprême. J
Page 18 : 1. C'était en leur prenant la main droite que l'on accueillait les hôtes. 1 — 2. <I>iXri<Teai, tu seras reçu en ami, la forme du moyen au lieu de celle du passif.
— 3. ~AoupoSôxTK. Bothe : Sustinebant id conclave columnoe partim excavatae ad recipiendum hastas appositas. E~uvriat a pour sujet sous-entendu Télémaque. 1
NOTES SUR LE 1er CHANT DE L'ODYSSÉE. 63
— 4. K~aXov, SaiSàXeov. Ces deux épithètes se rapportent à Àt''tOt plutôt qu'à 0p6vov.
— 5. "ExToOev àÀÀwv ~ILv'1\a'rljpwv. "AÀÀwv est un pléonasme : Télé-maque place la déesse loin des autres, qui sont les prétendants. — 6. Xepvtêa ôÉ. Nous retrouverons ce vers et les suivants re-produits sans variation, comme une formule, IV, 52-56, VII, 172-- 176, etc.
Page 20 : 1. 'E~tlÍvvaaE, elle étendit, c.-à-d. simplement elle plaça. - 2. X~apiÇoiiivY) ~itapeôvTwv, mot à mot, le gratifiant de ce qui se trouvait là, c.-à-d. des mets déjà préparés, de ce qu'on avait conservé.
— 3. KÀtalLÓç est proprement un siége sur lequel on peut s'ap-puyer; il était moins élevé que le 0p6vo;.
-4. A~ùtàp èuei x. t. X. Voy. Iliade, I, 469. Virgile, Énéide, VIII, 184 : Postquam exemta famés et amor compressus edendi. Page 22 : 1. Le chant et la danse sont les ornements d'un festin. V oy. XXI, 430.
— 2. Phémios, fils de Terpis. Les prétendants le forçaient à chanter à leurs banquets.
— 3. 'AveëâXXeTo xaXàv ~àeîSetv, comme s'il y avait xaXrtv ~àoi5r;v.
— 4. T~oOtoigiv désigne les prétendants.
— 5. 'A~XXôtpiov pioTov àvépo;. L'idée du génitif est déjà dans àX-- ~XoTpiov : ils dévorent l'héritage d'un autre, l'héritage d'un homme. —N~^7totvov, adv., impunément.
— 6. 'A~p-rçffatax' ~6~T6< Te. En grec, dans les phrases compa-ratives , si le comparatif est avant f), il doit encore se trouver après ; en français, nous supprimons la forme du comparatif, marquée dans le grec par la terminaison npoç, et chez nous par l'adverbe plus, et nous disons simplement : ils aimeraient mieux être rapides à la course que chargés d'habits magnifiques. Xpvaoïô te èctô^toç Te, des vêtements ornés d'or, comme Yirgile dit pateris et auro, des coupes d'or.
- 7. Kaxàv ILÓpov, comme xaxû {iopM.
Page 24 : 1. Etncp. çy)<tiv. Quand bien même quelqu'un nous dirait qu'il reviendra, m. à m. même si quelqu'un nous dit.
— 2. 'A~XX' 5ye ILOt. Voy. plus bas, 206, et Iliade, X, 384.
— 3. O-j ~ILÈv yâp. îxéaOai, car je ne pense pas que tu sois venu ici à pied. Ces mots sont simplement une plaisanterie de Télémaque* Ithaque étant une île, il est évident que l'on ne pouvait pai y venir sans s'embarquer.