‹ Chants I, II, III, IV de l'OdysséeChapitre 4 sur 28 · ODYSSÉE, I · texte numérisé non relu

ODYSSÉE, I

— -i. ED.omîvrç, grand repas, banquet, ordinairement ii la suite (l'un sacrifice; épavoç, repas auquel chacun contribuait pour sa part. Minerve, qui ne voit aucune retenue chez les convives, doit suppo-ser que le repas se fait aux frais du maître de la maison ; autrement, si chacun apportait sa part, on se ménagerait davantage. --

Page 32 : L BÓÀOP.CXL, forme dorique de pou).o~ott. Un grand nombre d'éditions portent ~ÈÔcXÀov"o, d'après l'autorité d'Eustathe.

— 2. "A~ÏOTOV itepî IRÀVTTÙV ~àvQpairaov, les dieux ont fait Ulysse le plus ignoré de tous les hommes, c.-à-d. celui de tous dont le destin est le plus ignoré.

— 3. ~Oav6vrt àxcxxo£p.r¡v. Le régime est ici au datif : je ne serais pas ainsi affligé de sa mort (m. à m. au sujet de lui mort). Ailleurs on trouve le régime au génitif; ainsi, XI, 702, ~axapi^evov ITTJIWV.

— 4. 'O~'lttac:;ro, in posterum; il aurait acquis une grande gloire poiir son fils dans l'avenir.

— 5. "Apuruiai àvvipeii}/avTo, les Harpyes l'ont enlevé, se disait des personnes qui disparaissaient subitement, englouties dans la terre, etc. Scol. : "A~pTruiai 6aîp.oveç 11 àvejiot ~âpraxxTixoi. C'est donc simplement comme si l'on disait : Il a disparu.

Page 34: 1. Dulichion, île de la mer Ionienne, au sud-est d'Ithaque, habitée par les Épéens. - Samé, séparée d'Ithaque par un petit dé-troit , faisait partie des États d'Ulysse. — Zacynthe, au sud de Samé, appartenait aussi à Ulysse.

— 2. 'E~feiri, l'optatif employé au lieu du subjonctif.

Page 36 : 1. Ëphyre, ville de Thesprotie. — Illos, fils de Merméroset petit-fils de Phérès, roi de Thesprotie.

— 2. ~Oeobç ve(AE<7ÎÇeTo. Il est probable qu'lllos ne se servait que contre les bêtes féroces de flèches empoisonnées ; Ulysse voulant en faire usage contre les hommes, Illos craignit d'irriter les dieux en lui livrant son secret.

— 3. Toiog. 'O~ôua(S'e;úç. Ou il faut regarder cette phrase comme a continuation du vers 255, Et yècp vùv., et mettre en parenthèse les Vers 257-265, ou il y a ici ellipse de El, comme on voit dans Virgile, Enéide, VI, 30, sineret dolor, pour si sineret dolor.

- 4. E)F-Cùv âv ~yowoLoi, deorum in genibus, c.-à-d. in potestate.

- 5. Et 8'. Ellipse, pour Et SE ~(ÎOVXEI. Voy. Iliade, 1, 302.

- 6. ClHprocxc;, proceres, les principaux Grecs.

- 7. 'E'ltl. ~aq¡Énpcx, ad sua, chacun chez soi.

— 8. M~rjTÉpa aÈ. a'~ hw. Il y a dans cette phrase anacoluthe; 66 NOTES SUR LE Ier CHANT DE L'ODYSSÉE.

Minerve vient de dire : renvoie les prétendants chez eux; l'idée qu'elle veut exprimer ensuite est celle-ci : renvoie ta mère chez son père; mais le poëte oublie l'accusatif qui commence la phrase et la termine comme s'il y avait un nominatif. Ces irrégularités de con-struction sont très-fréquentes en grec.

Page 38 : 1. Ot ai, c.-à-d. ot lX¡J.cpl tov ~eatipot, le père et la fa-mille, ou même le père seul.

— 2. YTroTtôeaôai, conseiller, se trouve dans Homère employé absolument et avec povX^v.

— 3. "O~aaav èx Aiô;. On attribuait à Jupiter et, en géneral, aux dieux les nouvelles, les bruits qui se répandaient. "0<7<ra signifie donc bruit et non pas oracle, présage; ÛÉo, de même est ici renommée et non pas gloire.

-4. K~tépea xxepetSai, comme Xoyov ~Xéyeiv, ttoXeiaov 7toXe[A £ tv, etc.

Page 40 : 1. ~4>pâÇe<r0ai, l'infinitif employé comme impératif.

— 2. Nïiméaç ~oxim, puerilia ferre, c.-à-d. facere.

— 3. Oùxétt ~tyiXixo; , tu n'es plus de cet âge, c.-à-d. tu n'es plus à l'âge où l'on s'occupe de puérilités. Télémaque avait alors vingt et un ans.

— 4. ~nàvxoti; ~lit' àv0pw7tou;, chez tous les hommes, exprime le mouvement de la renommée qui se répand au loin.

- 5. ~«fctXo;, le nominatif au lieu du vocatif.

- 6. M~eXe'tw a pour sujet sous-entendu Toiho, ce qui vient d'être dit, ce que je viens de te dire.

Page 42 : 1. 'E~7iEfy6[AEvoç prend ici le régime au génitif parce qu'il exprime non-seulement la hâte, mais un vif désir. Voy. vers 315, XiXaiô-- ~(xevov ôôoïo.

- 2. ~A6[ievai est encore un infinitif ayant la valeur de l'impé-ratif.

— 3. Kal (xàXa ~xaXov éXwv. Télémaque peut préparer un présent même fort beau ; son hôte est en état de lui rendre la pareille. — 4. âvo7roCtat a été pris à tort par quelques-uns pour un nom d'oiseau ; c'est un adverbe poétique qui signifie hors de la vue. Page 44 : 1. N6<ttov lvypÓv. Ce retour des Grecs, fécond en cata-strophes , fut le sujet de plusieurs poëmes perdus. — "Ov ~È'lttnIÀOt'to 'A~Qrjvr,. Minerve voulait venger sa prêtresse, Cassandre, outragée dans son temple par Ajax de Locres.

— 2. ~*Ï7C £ pwt60Ev, it ÛTiEpwtoy, de la partie supérieure où était l'appartement des femmes et où, par conséquent, se tenait Pénélope.

NOTES SUR LE Ier CHANT DE L'ODYSSÉE. 67 — <î>p £ ff( duv0exo ~Géottiv àotS^v, elle remarquait avec son esprit le chant divin, c.-à-d. qu'elle l'écoutait de toute son âme.

— 3. Icarios, fils de Périérès et de Gorgophoné, était frère deTyndare.

— 4. OTo oojiOto désigne ici simplement l'appartement de Pénélope, le gynécée. Il en est est de même de ~oîxoç, au vers 356.

Page 46 : 1. ~<ï>0ovÉet;, invides, moleste fers.

— 2. Ou vu t' otoiSot x. t. X. Le sens de ce passage est que ce n'est pas aux poètes, aux chanteurs qu'il faut s'en prendre des malheurs qu'ils chantent, mais bien à Jupiter, qui en est le seul auteur.

— 3. 'A~Xçiri<TTTi<nv, épithète générale appliquée par le poëte, non pas à telle ou telle espèce d'hommes, mais à tous les hommes. 'Onwc iôilwtv ~ixckartp, sous-entendez ÔtOÓVCXt.

— 4. Toûtw, le chanteur, Phémios. - Où vigatç, comme où ve-f.LEG'Y¡'tÓV, il ne faut pas le blâmer.

Page 48 : 1. Tov se rapporte à ~IlLot; on peut donc le traduire comme s'il y avait èjjloû : car c'est moi qui suis le maître ici.

— 2. II~nCXpCXt, sous-entendez aù-rîj, à ses côtés, ou réunissez Trapa-xAi6*jvai.

Page 50 , 1. "A~XXaç ô' àXEyOvETE Saïraç. Le discours passe du ton indirect au ton direct.

— 2. ̓~X[X £ të6[ievoi xatà oïxouç, vous recevant, vous traitant tour à tour dans vos maisons.

— 3. 'OÕàç iv ~yzïkeai «ùvteç. Réunissez la tmèse Èf.LqlVV'tEt;, m. à m. s'attachant à leurs lèvres avec les dents, c.-à-d. se mordant les lè-vres. — Au vers suivant, 6 pour ôti.

Page 52: 1. "0, c'est-à-dire Tb ~padiXeOeiv, implicitement renfermé dans le subtantif ~patriXîja. Ce petit discours d'Antinoos est tout à fait ironique, d'autant plus que la royauté, comme le prouve la réponse de Télémaque, n'était pas alors héréditaire.

- 2. T~oii-ro. Sous-entendez toujours tô PocctiXeûeiv

3. 0!, c.-à-d. ~pauiXfjï. BCXatÀEVt; est implicitement compris dans le verbe pa<riXev £ '(x £ V--

Page 54 : 1. Voyez v. 267.

— 2. Olatv pour TEoïdtv.

— 3. (lO;'tt; CE )t.:rYjf.Lcx't' ~àno^xîaei, construction analogue à celle e àçaipEtffôat nvà ti.

- 4. 'Eov ~aùxoy XPEtO; ÈEÀÔÓf.LEVOC;, désirant sa propre dette, c.-à-d. venant réclamer une dette. — TÓÔE, hoc, hanc terram, dans ce pays. 68 NOTES SUR LE 1er CHANT DE L'ODYSSÉE.

— 5. ~rvwjiEvai, sous-entendez i^à;, il n'a pas voulu souffrir que r.ous le connussions. Dans le même vers, et; bmcx comme et; 'ltPÓç. ~otj/tv, vultu.

— 6. E~ïiïoOev ÉÀ6ot. Le sujet de eMot est &;yyÛ-h¡ nç.

Page 56 : 1. Réunissez la tmèse ~ê7ieX0eïv, et de même au vers sui-vant, èirîjX0Ev.

— 2. O~îxovôe, dans leur maison; tous les prétendants n'étaient pas d'Ithaque, mais quelques-uns y avaient leur maison; d'autres couchaient sans doute chez des hôtes.

— 3. K~eSvà dÔVLCX, qui sait des choses honnêtes, c.-à-d. sage, vertueuse.

— 4. Nous n'avons aucun renseignement sur ces trois personnages, probablement très-obscurs.

Page 58 : 1. Oî, Télémaque. (Dip£ indique ici l'habitude, ferre solebat, et non (erebat. Au vers suivant, ~Sxpeqpe a la valeur d'un plus-que-parfait. T~jTObv èovTa, parvulum.

- 2. "EÇETO a pour sujet Télémaque.

— à'. Kopuw] est l'anneau au moyen duquel on fermait la porte d'une maison ou d'une chambre.

— 4. 'Etd 6e tpckyrl. K~Xrit;, le verrou. Le verrou fermait la porte en dedans ; la personne qui était dehors et qui voulait fermer le poussait en avant à l'aide d'une courroie ; pour ouvrir, on le rame-nait en arrière au moyen d'un crochet. 1 DU DEUXIÈME CHANT DE L'ODYSSÉE.

i.es habitants d'Ithaque, convoqués par l'ordre de Télémaque, se réunissent en assemblée ( 1-14). Le vieillard Égyptios s'informe des motifs de cette convocation (15-34). Télémaque se plaint de l'audace et des excès des prétendants ; il fait appel à la pitié du peuple (35-79). Antinoos se plaint à son tour de la perfidie de Pénélope ; il déclare que les prétendants ne se retireront point avant que Télémaque ns l'ait renvoyée chez son père, et qu'elle n'ait choisi un époux (80-128). Télémaque refuse et ordonne aux prétendants de quitter le palais; il appelle sur eux la vengeance des dieux ( 129-145). Présage favo-rable à Télémaque. Le vieillard Halithersès conseille aux prétendants, s'ils ne veulent périr, de rester désormais chez eux (146-176). Eury-maque menace Halithersès et déclare que les prétendants ne craignent personne (177-207). Télémaque leur demande un vaisseau pour aller à Sparte et à Pylos chercher des nouvelles de son père (208-223). Reproches de Mentor aux habitants d'Ithaque sur leur indifférence (224-241). Léocrite répond à Mentor; il dit que les prétendants ne redoutent rien, pas même le retour d'Ulysse, s'il était encore pos-sible; il prétend que Télémaque ne partira point, et lève l'assemblée (242-259). Télémaque va au bord de la mer implorer le secours de Minerve; la déesse lui apparaît sous les traits de Mentor, l'engage à faire ses préparatifs, et lui promet de trouver un vaisseau et des rameurs et de partir avec lui (260-295). Télémaque retourne au pa-lais; Antinoos l'invite à prendre part au festin; noble réponse du fils d'Ulysse; railleries des prétendants (296-336). Télémaque ordonne à Euryclée de préparer tout ce qui est nécessaire pour son départ (336-360). Euryclée cherche à le détourner de son voyage; il la con-sole, et lui commande de cacher son départ à sa mère, puis il re-tourne auprès des prétendants (361-381 ). Minerve, prenant la figure de Télémaque, réunit des rameurs, loue et dispose un vaisseau ; puis el'e endort les prétendants et revient, sous les traits de Mentor, pour chercher Télémaque (382-404). Télémaque part pour Pylos, accompagné de Minerve l405-434 ).

Quand parut la fille du matin, l'Aurore aux doigts de rose, le fils chéri d'Ulysse s'élança hors de sa couche, revêtit ses habits, suspen-dit à son épaule un glaive aigu, attacha sous ses beaux pieds de riches brodequins, et sortit de son appartement, semblable à un dieu. Aussitôt il commanda aux hérauts à la voix éclatante de convo-quer en assemblée les Grecs à la longue chevelure. Ceux-ci donc les appelèrent, et les citoyens s'assemblèrent sans retard. Quand ils furent tous réunis, Télémaque se rendit à l'assemblée, tenant à la main une lance d'airain ; il n'était pas seul, mais des chiens agiles sui-- CHANT II.

Et quand parut l'Aurore qui-naît-le-matin aux-doigts-de-rose, le fils chéri d'Ulysse se leva donc de sa couche, ayant revêtu ses vêtements ; et il se-plaça-autour de l'épaule un glaive aigu, et il attacha sous ses pieds brillants de belles chaussures ; et il se mit-en-marche [cher, pour aller hors de sa chambre-à-cou-semblable à un dieu en face.

Et aussitôt il ordonna aux hérauts à-la-voix-perçante de convoquer en assemblée les Achéens à-la-tête-chevelue ; ceux-là convoquèrent, et ceux-ci se rassemblèrent fort vite-- Mais après que donc ils se furent rassemblés, et furent réunis, il se-mit-en-marche donc pour aller à l'assemblée, et il avait dans sa main une lance d'-airain, n'étanf pas seul, vaient ses pas. Minerve avait répandu sur lui une grâce divine. Tout le peuple le regardait s'avancer avec admiration; il prit place sur le siége de son père, et les vieillards se rangèrent devant lui. Le héros Êgyptios parla le premier au milieu d'eux ; il était courbé par les années, et savait beaucoup de choses. Son fils était parti avec le divin Ulysse sur les vaisseaux recourbés vers Ilion aux beaux cour-siers; c'était le vaillant Antiphos, que le sauvage Cyclope tua dans sa caverne profonde, et dont il fit son dernier repas. Il avait encore trois autres fils : l'un, Eurynome, vivait au milieu des prétendants; les deux autres cultivaient toujours les champs paternels. Et pourtant il n'oubliait point son autre enfant; mais il gémissait et se désolait. Les yeux baignés de larmes, il prononça ces paroles :

« Habitants d'Ithaque, écoutez ce que je vais vous dire : JOUS mais en même temps que celui-ci des chiens agiles suivaient ses pieds.

Et Minerve donc répandait (avait répandu )-sur lui une grâce divine.

Et tous les peuples donc voyaient-avec-admiration lui s'avançant; et il s'assit sur le siége de son pèle, et les vieillards lui cédèrent ( lui firent place ).

Et ensuite le héros Égyptios commença à eux à haranguer, Égyptios qui donc était courbé par la vieillesse, [ses.

et savait dix mille (beaucoup de) cho-- Et en effet le fils chéri de celui-ci était parti en même temps qu'Ulysse égal-à-un-dieu vers Ilion aux-beaux-coursiers, c'était Antiphos le guerrier ; et le sauvage Cyclope tua lui dans sa caverne creuse, et prépara en le tuant le dernier repas qu'il fit des Grecs.

Et trois autres fils étaient à lui ( à Egyptios) :

et l'un vivait-avec les prétendants, c'était Eurynome, et deux avaient (soignaient) toujours les travaux ( champs ) paternels ; - mais pas même ainsi il n'oubliait celui-là (Antiphos), gémissant et se désolant.

Celui-ci donc (Ëgyptios) versant-des-larmes harangua eux (l'assemblée) et dit :

« Écoutez donc maintenant moi,

ao n'avons eu ni assemblée ni conseil, depuis que le divin Ulysse est parti sur ses vaisseaux recourbés. Qui donc nous a convoqués au-, jourd'hui? Quelle affaire si importante est survenue à l'un de nos eunes guerriers ou de ceux qui sont plus avancés en âge? A-t-il appris quelque nouvelle du retour de l'armée, et veut-il nous faire savoir ce qu'il a entendu le premier? Ou bien veut-il nous parler dequelqu'autre intérêt public? C'est, je crois, un bon et zélé citoyen. Puisse Jupiter accomplir heureusement ce qui fait l'objet de ses pensées ! »

Il dit; le fils chéri d'Ulysse se réjouit de ce présage ; il ne demeura pas longtemps assis, et s'apprêta à prendre la parole ; il se leva donc au milieu de l'assemblée ; le héraut Pisénor, plein de sages conseils, lui mit un sceptre à la main. Télémaque s'adressa d'abord au vieil-lard et lui dit :

« 0 vieillard, il n'est pas loin, tu le sauras bientôt, celui qui a habitants-d'Ithaque, ce que je dirai :

et jamais une assemblée nôtre, ni une réunion n'eut lieu, depuis que le divin Ulysse est parti sur des vaisseaux creux.

Mais maintenant qui nous a réunis ici?

à qui le besoin en est-il venu tellement ou des hommes jeunes, ou de ceux [vieux)?

qui sont précédemment-nés ( plus ou a-t-il entendu quelque nouvelle de notre armée arrivant, laquelle nouvelle il voudrait dire clairement à nous, quand (comme) il l'aurait apprise le premier du moins?

ou médite-t-il et dit-il [peuple?

quelque autre chose qui-concerne-le-- Il paraît à moi être un citoyen honnête, utile.

S'ti se faisait (puisse-t-il se faire) que Jupiter accomplisse bon (favorable-à lui-même, [ment) ce qu'il pense dans son esprit! »

Il parla ainsi; et le fils chéri d'Ulysse se réjouit du présage, et donc ne fut plus assis longtemps, mais désira haranguer.

Et il se tint-debout au milieu de l'assemblée; et le héraut Pisénor, sachant des conseils prudents, mit à lui un sceptre dans la main.

Ensuite il s'adressa au vieillard le touchant le premier de ses p aroles:

« 0 vieillard, cet homme n'est pas loin,

<5 convoqué le peuple; car c'est moi surtout que la douleur est venue frapper. Je n'ai appris aucune nouvelle du retour de l'armée, et ne veux point vous faire savoir ce que j'ai entendu le premier; je ne veux point non plus vous parler de quelqu'autre intérêt public, mais de mes propres affaires, du double malheur qui a fondu sur ma maison : j'ai perdu mon noble père, qui jadis régnait sur vous, et qui était pour vous un père rempli de bonté; mais il est un autre mal plus grand encore, qui bientôt renversera de fond en comble ma maison et dévorera mon héritage entier. Des prétendants se sont abattus sur ma mère, contre son gré; ce sont les fils chéris des hommes qui sont les premiers parmi nous ; ils ont refusé de se rendre dans la maison de son père Icarios, pour qu'il dotât lui-même sa fille et la donnât à celui qu'il voudrait et qui lui plairait le mieux. et bientôt tu le sauras toi-même, moi qui ai assemblé le peuple, et la douleur est venue à moi principalement.

Ni je n'ai entendu quelque nouvelle de notre armée arrivant laquelle nouvelle je veuille dire clairement à vous, quand (comme) je l'aurais apprise le premier du moins, ni je ne médite ni je ne dis [peuple, quelque autre chose qui-concerne-Ie-mais l'affaire mienne de moi-même, le mal qui est tombé sur moi sur ma maison doublement.

D'un côté j'ai perdu mon père brave, qui autrefois régnait parmi vous ceux-ci (qui êtes ici), et était pour tous comme un père doux; mais maintenant de nouveau même un mal beaucoup plus grand, qui donc bientôt déchirera (renversera) complètement toute notre maison, et perdra (consumera) entièrement notre vivre (nos biens).

Des prétendants ont fondu [pas, sur la mère à (de) moi ne le voulant fils chéris des hommes, qui sont les meilleurs (les premiers) ici du moins; qui ont redouté (refusé) d'aller à la maison de son père, d'Icarios, afin que lui-même dotât sa fille, et la donnât à celui à qui il voudrait la donner, Tous les jours ils viennent dans notre demeure, égorgent les bœufs, les brebis, les chèvres grasses, se livrent aux festins et boivent folle-ment notre vin noir; et cependant tous mes biens périssent; car il ne se trouve pas là un homme, comme était Ulysse, pour écarter le mal de la maison. Pour nous, nous ne sommes pas en état de le repousser; sans doute, on va nous trouver lâches et sans vigueur; mais certes, je saurais me défendre, si j'avais la force. Leurs excès ont dépassé les bornes, et ma maison périt sans honneur. Indignez-vous aussi, crai-gnez de rougir devant les peuples voisins dont les cités nous en-tourent; tremblez que les dieux, dans leur vengeance, irrités de ces crimes, ne vous renvoient quelque malheur. Je vous en conjure par Jupiter Olympien et par Thémis, qui réunit et disperse les assem-et à celui qui serait venu agréable à lui ; mais ceux-ci venant-continuellcmcni tous les jours dans notre maison, sacrifiant des bœufs, et des brebis, et des chèvres grasses, festinent, et boivent notre vin noir, follement; et la plus grande partie de nos biens se consume.

Car un homme n'est-pas-là, tel qu'Ulysse était, pour éloigner la calamité de la maison.

Et nous (moi) [en quelque chose nous ne sommes certes pas capables de repousser le malheur, sans doute aussi d'après-cela nous serons (paraîtrons) et lâches et n'ayant pas appris la (sans) vigueur.

Assurément je repousserais le mal, si la force du moins était à moi.

Car des actes qui ne sont plus supportables ont été faits, et ce n'est plus honorablement que ma maison périt.

Indignez-vous aussi vous-mêmes, et rougissez-devant les autres hom-liabitants-d'alentour, ImeE qui habitent-autour de vous; et redoutez le courroux des dieux, qu'ils ne retournent contre vous quelque mal étant irrités d'actions mauvaises.

Je vous supplie au nom et de Jupiter Olympien, et de Thémis blées des hommes, épargnez-moi, mes amis, et laissez-moi m'aban-donner seul à une sombre douleur; à moins que mon père, le noble (Jlysse, n'ait été malveillant pour les Grecs à la longue chevelure, et ne leur ait fait du mal; alors, punissez-moi, soyez malveillants à votre tour, faites-moi du mal, animez ces hommes contre moi. Certes, il me vaudrait bien mieux que vous dévorassiez vous-mêmes ît mes biens et mes revenus; si vous, du moins, vous les dévoriez, un jour viendrait peut-être où je les retrouverais. Sans cesse, dans toute la ville, vous nous entendriez vous redemander nos biens, jusqu'à ce que vous nous eussiez tout rendu ; mais aujourd'hui vous infligez à mon cœur des douleurs sans remède. »

Il parla ainsi avec colère, puis il jeta son sceptre à terre et fondit en larmes; et la pitié s'empara du peuple tout entier. Tous les autres gardaient le silence, personne n'osait répondre à Télé-qui et dissipe et fait-asseoir (réunit) les assemblées des hommes, abstenez-vous, mes amis, et laissez-moi seul être tourmente par une douleur funeste, à moins que par hasard en quelque mon père, le brave Ulysse, [chose ayant-des-sentim en ts-h ostiles n'ait fait des maux aux Achéens aux-beaux-jambarts, desquels maux punissant moi faites-moi des maux ayant-des-sentiments-hostiles, excitant ceux-ci (les prétendants).

Et il serait plus avantageux pour moi vous dévorer (que vous dévorassiez) et mes biens-fonds et mon revenu.

Si vous du moins vous les mangiez, bientôt un jour aussi un retour pourrait être :

car nous nous attacherions à vous par la parole dans la ville, vous redemandant nos biens, jusqu'à ce que tous nous eussent été rendus.

Mais maintenant vous jetez à moi dans le cœur des chagrins insurmontables. »

Il parla ainsi étant irrité, et jeta son sceptre à terre, ayant enflammé des larmes; (pleurant et la pitié saisit [à chaudes larmes) le peuple tout-entier.

Alors à la vérité tous les autres étaient dans-le-silence, et pas un n'osait répondre à Télémaque

la

H maque avec de dures paroles; Antinoos seul lui répliqua en ces termes:

a Télémaque, .angue hautaine, cœur indomptable, quelles paroles as-tu dites pour nous outrager? sans doute tu voudrais nous couvrir de honte. Ce ne sont pas les prétendants Achéens qu'il te faut ac-cuser, mais ta mère chérie, si bien instruite dans les ruses. Voici déjà trois ans, et bientôt la quatrième année va s'accomplir, depuis qu'elle trompe le cœur des Grecs dans leur poitrine. Elle donne à tous de l'espoir, elle fait à chacun des promesses, envoie à chacun des messages ; et son cœur est occupé d'autres desseins. Elle a conçu dans son esprit une ruse nouvelle : elle avait préparé une grande toile qu'elle tissait dans son palais, une toile délicate et immense, et aussitôt elle nous dit : c Jeunes guerriers, mes prétendants, u puisque le divin Ulysse est mort, attendez pour presser mon ma-- « riage que j'aie terminé ce voile, afin que cette trame ne soit poiut avec des paroles dures; et Antinoos seul répondant dit à lui :

a Télémaque au-langage-hautain, qui-ne-sais-te-maîtriser quant au quelle parole as-tu dite, [cœur, déshonorant nous? [honte.

et tu voudrais nous imprimer une Mais les prétendants d'entre les Achéens en rien ne sont en-cause à toi, mais ta mère chérie, qui certes sait supérieurement des ruses.

Car déjà la troisième année est, et bientôt la quatrième s'en ira (sera écoulée), depuis qu'elle trompe le cœur des Achéens dans leurs poitrines.

Elle fait-espérer donc tous, et promet à chaque homme, envoyant des messages ; mais l'esprit à elle pense d'autres choses.

Et elle imagina (inventa) dans son esprit cette autre ruse :

ayant établi une grande toile dans le palais elle la tissait, mince et immense, et aussitôt elle dit à nous :

a Jeunes-tommes, mes prétendants, « puisque le divin Ulysse est mort, a pressant mon hymen, a attendez, CI jusqu'à ce que j'achèverai ce voile, a pour que les fils CI ne soient pas perdus vains à moi--

10 à c perdue; ce sera le linceul du héros Laerte, quand, par un triste a destin, la mort sera venue le coucher dans la tombe; je craindrais < qu'une femme grecque ne s'indignât contre moi parmi le peuple, Il s'il reposait sans suaire, lui qui a possédé tant de biens. » Elle dit; et notre cœur généreux se laissa persuader. Le jour elle travaillait à cette toile immense, et la nuit, à la lueur des flambeaux, elle défaisait son ouvrage. C'est ainsi que, pendant trois ans, sa ruse demeura secrète, et qu'elle persuada les Grecs; mais quand la quatrième an-née fut venue, et que les heures furent écoulées, une de ses femmes, qui savait son artifice, nous le découvrit, et nous la surprimes défai-sant ce beau tissu. Il fallut alors l'achever, bien malgré elle. Voici donc ce que les prétendants te répondent, afin que tu le saches dans ton cœur, et que tous les Grecs le sachent aussi. Renvoie ta mère, ordonne-lui de prendre un époux selon les ordres de son père et ODISSÉE, II.

a voile funéraire « pour le héros Laerte, « pour le temps où le destin funeste cr: de la mort qui-couche-tout-du-long a aura pris lui ; [nés CI de peur que quelqu'une des Achéen-- « ne s'irrite contre moi dans le peuple, «s'il gisait sans suaire, « ayant possédé beaucoup de biens. »

Elle parla ainsi ; et d'un autre côté le cœur généreux à nous fut persuadé.

Et alors le jour à la vérité elle tissait la grande toile, et la nuit elle la défaisait, après qu'elle avait mis-près-d'elle des flambeaux.

Ainsi pendant-trois-ans elle se cachait par ruse, et persuadait les Achéens; mais quand la quatrième année fut venue, et que les heures furent arrivées, donc alors quelqu'une deses femmes qui savait l-a chose clairement, la dit à nous, et nous trouvâmes celle-ci défaisant la toile superbe.

Ainsi elle acheva elle (la toile), et (quoique) ne le voulant pas, par nécessité.

Or les prétendants répondent à toi ainsi, afin que toi-même tu le saches dans ton cœur, et que tous les Achéens le sachet.

Renvoie ta mère, et ordonne elle se marier à celui selon son propre désir. Mais si elle veut fatiguer longtemps encore les fils des Grecs, occupant sa pensée des dons que lui prodigua Mi-nerve, beaux ouvrages, rares talents, ruses que ne savaient point, dit-on, les femmes d'autrefois, ces Grecques à la belle chevelure, et Tyro, et Alcmène, et Mycène à la belle couronne; aucune d'elles n'était Instruite en artifices comme Pénélope; mais cette dernière ruse n'est pas d'une âme loyale; oui, les prétendants consumeront tes biens, ton héritage, tant qu'elle conservera la pensée que les dieux lui mettent maintenant dans la poitrine. Elle se prépare pour elle une grande gloire, mais pour toi le regret d'une grande richesse ; quant à nous, nous ne retournerons point à nos champs ni autre et à qui son père lui commande de se et qui plaît à elle-même, [marier, Mais si elle tourmentera (veut tour-encore un temps long [menter) les fils des Achéens, pensant dans son cœur à ces choses, que Minerve a données à elle en abondance, de savoir et des ouvrages très-beaux et des talents excellents, et des ruses, [appris) pas encore telles que nous n'apprenons (n'avons quelqu'une des femmes en savoir pas même quelqu'une des anciennes femmes, de celles qui furent auparavant Achéennes à-Ia-belle-chevelure, et Tyro, et Alcmène, et Mycène à-la-belle-couronne, desquelles pas une ne savait des conceptions semblables à celles de Pénélope ; eh bien elle n'a pas conçu ceci du moins honnête; car donc les prétendants mangeront et ton vivre et tes biens tant que celle-là aura cette disposition, que les dieux maintenant mettent à elle dans la poitrine.

Elle se procure à la vérité pour elle-même une grande gloire, mais pour toi du moins [rablcs ; le regret d'un vivre (de biens) considé-et nous nous ne nous en allons auparavant du moins ni à nos travaux, ni quelque part ailleurs, part, avant qu'elle ait épousé celui des Grecs qu'elle voudra choisir. »

Le sage Télémaque lui répondit : « Antinoos, il ne me convient point d'éloigner malgré elle de cette demeure celle qui m'a enfanté, qui m'a nourri ; mon père vit encore sur une terre étrangère, ou bien il n'est plus; il me serait dur de payer chèrement Icarios, si de moi-même je lui renvoyais ma mère. Oui, son père me punirait, et un dieu même me ferait sentir d'autres maux ; car ma mère invoquerait les terribles furies en s'éloignant de ce palais ; le blâme des hommes s'attacherait à moi. Non, jamais je ne prononcerai cette parole. Si votre cœur conserve quelque honte, sortez de cette demeure, allez chercher d'autres festins, dévorez vos propres biens, recevez-vous tour à tour dans vos maisons. Mais, s'il vous semble meilleur et plus avantageux de consumer impunément la fortune d'un seul homme, engloutissez-avant que du moins elle s'être mariée à celui des Grecs à qui elle voudra se marier. »

Et Télémaque sensé dit à celui-ci en réponse à son tour :

« Antinoos, d'aucune-façon-il-n'est permis de renvoyer de ces demeures ne-le-voulant-pas celle qui a enfanté moi, celle qui a nourri moi ; et mon père, dans-un-autre-endroit de la terre, il vit, ou il est mort.

Et il serait fâcheux moi payer des sommes considérables à Icarios, si moi-même le voulant je renverrai (je renvoie) ma mère.

Car je souffrirai des maux de la part de son père, et la divinité m'en donnera d'autres, car ma mère invoquera-avec-imprécation les Furies odieuses, en sortant de la maison, et indignation sera contre moi de la part des hommes.

Ainsi jamais je ne prononcerai cette parole.

Mais si votre cœur de vous-mêmcs a-de-la-pudeur, sortez à moi du palais, et occupez-vous d'autres festins, mangeant vos biens, alternant (vous recevant tour à tour) dans vos maisons.

Mais si ceci paraît à vous être préférable et meilleur, de détruire impunément

tp6 la; j'appellerai les dieux immortels, je prierai Jupiter de payer cette conduite d'un juste retour; et vous pourriez bien un jour périr sans vengeance dans ce palais. »

Ainsi parla Télémaque; pour lui Jupiter, à la voix puissante, fit voler deux aigles du sommet élevé de la montagne. D'abord ils s'a-bandonnèrent au souffle du vent, l'un à côté de l'autre, les ailes dé-ployées. Mais, lorsqu'ils furent arrivés au milieu de l'assemblée tu-multueuse, ils décrivirent des cercles en agitant violemment leurs ailes, et, attachant leurs regards sur les prétendants, ils leur présageaient la mort; de leurs serres ils se déchirèrent la tête et le cou, puis s'envolèrent à droite, traversant les maisons et la ville d'Ithaque. Tous admiraient ces oiseaux, depuis que leurs yeux les avaient aper-çus; et ils se demandaient dans leur âme quelles étaient les choses qui allaient s'accomplir. Alors un vieillard, le héros Halithersès, fils le vivre d'un seul homme, tondez (dévastez, pillez); mais moi j'invoquerai les dieux qui existent toujours, si un jour Jupiter vient à donner ces actions être punies ; ensuite vous pourriez périr sans-vengeance au-dedans de ces demeures. »

Ainsi parla Télémaque ; et Jupiter à-la-vaste-voix envoya à lui de manière à voler deux-aigles d'en haut du sommet de la montagne.

Et ces-deux aigles tant que donc ils volèrent volèrent avec les souffles du vent, se tendant (faisant effort) avec leurs ailes proches l'un de l'autre ; mais lorsque donc ils furent arrivés au milieu de l'assemblée aux-voix-nombreuses, là ayant tournoyé ils secouèrent leurs ailes fréquemment, et regardèrent les têtes de tous, et présageaient la mort; et s'étant déchirés avec leurs ongles autour de leurs joues et de leurs cous, ils s'élancèrent vers-la-droite en-traversant et les demeures et la ville d'eux.

Et ils admirèrent les oiseaux, [yeux ; après qu'ils les eurent vus de leurs et ils agitèrent dans leur cœur les choses qui devaient s'accomplir.

Et parmi eux aussi parla le vieillard héros Halithersès

160, de Mastor, prit la parole. Il l'emportait sur tous ceux de son âge dans l'art de connaître les augures et d'annoncer les destins; d'un cœur bienveillant il leur fit entendre ces mots :

a Habitants d'Ithaque, écoutez ce que je vais dire; c'est aux pré-tendants surtout que je m'adresse. Un grand malheur les menace : Ulysse ne restera plus longtemps éloigné de ses amis, et peut-être déjà près d'ici il leur prépare à tous la vengeance et la mort; beau-coup d'autres encore parmi nous, qui habitons la belle Ithaque, seront frappés avec eux. Avant ce temps, songeons au moyen de les réprimer; mais plutôt que d'eux-mêmes ils se tiennent en repos; car c'est pour eux le parti le plus sage.. Je ne suis point un devin sans expérience; la science m'est connue; je dis que tout s'est accompli pour lui comme je le lui avais prédit, lorsque les Argiens s'embar-quèrent pour Ilion, et qu'avec eux partit le prudent Ulysse ; je lui fils-de-Mastor ; car celui-là seul surpassait ceux-de-son-âge à connaître les oiseaux (augurer et à dire les choses fatales; lequel étant-bienveitlant pour eux harangua et dit :

« Écoutez donc maintenant moi, habitants-d'Ithaque, ce que je pourrai dire; et je dis ces choses les exposant surtout aux prétendants ; car une grande souffrance se roule (se prépare) pour eux.

Ulysse en effet ne sera pas longtemps loin de ses amis, mais peut-être déjà étant près d'ici il machine à tous ceux-ci le meurtre et la mort ; et il sera un mal (fléau) aussi à beaucoup d'autres de nous, qui habitons Ithaque que-l'on-aperçoit-de-loin.

Mais méditons (délibérons) beaucoup auparavant, afin que nous fassions-cesser ceux-ci; et que ceux-ci aussi d'eux-mêmes cessent ; et en effet tout d'abord ceci est plus avantageux à eux-mêmes.

Car je prophétise n'étant pas sans-expérience, mais sachant bien ; et en effet je dis toutes choses avoir été accomplies à celui-là, comme je les disais à lui, quand les Argiens montèrent-vers Ilion, et qu'Ulysse très-ingénieux annonçai qu'après avoir souffert mille maux, après avoir perdu tous ses compagnons, inconnu de tous, il rentrerait la vingtième année dans sa patrie; et aujourd'hui tout cela s'accomplit. » Eurymaque, fils de Polybe, lui répondit : « Vieillard, retourne en ta maisun annoncer l'avenir à tes enfants, pour qu'ils ne viennent pas à éprouver quelque malheur ; je vaux bien mieux que toi pour expliquer ces présages. Bien des oiseaux volent sous les rayons du soleil; mais tous ne sont pas des augures. Ulysse a péri loin d'ici, et plût aux dieux que tu fusses mort avec lui! Tu ne nous aurais pas apporté de telles prophéties, et tu n'aurais point excité contre nous le courroux de Télémaque, dans l'espoir qu'il offrira à ta maison quelque présent. Mais je te le déclare, et cela s'accomplira : Si, partit avec eux.

Je disais que lui, ayant souffert des maux nombreux, ayant perdu tous ses compagnons, étant inconnu à tous [patrie devoir revenir (reviendrait) dans sa la vingtième année.

Toutes ces choses donc s'accomplissent maintenant, s

Et Eurymaque, fils de Polybe, dit à celui-ci en réponse à son tour :

« 0 vieillard, eh bien si jamais tu as prophétisé, allons prophétise maintenant à tes enfants, étant allé à ta maison, de peur que par hasard à l'avenir ils ne souffrent quelque mal ; mais moi je suis beaucoup meilleur que toi pour prophétiser ces choses.

Or et des oiseaux nombreux vont-et-viennent sous les rayons du soleil, et tpus ne sont pas des oiseaux de-présage ; au reste Ulysse a péri loin d'ici.

Combien aussi toi tu devais avoir été anéanti avec celui-là!

Tu n'aurais pas dit tant de choses en prédisant, et tu n'exciterais pas ainsi Télémaque irrité, attendant, un présent pour tamaison, s'il peut en donner quelqu'un.

Mais je le déclare à toi, et cela aussi sera accompli :

si, sachant

1?5 instruit en vieilles ruses, tu égares ce jeune homme par tes paroles, et irrites sa colère, d'abord il n'en sera lui-même que plus à plaindre; car tes prédictions ne l'aideront point à accomplir ses desseins; et pour toi, vieillard, nous t'infligerons un châtiment que tu subiras en gémissant dans ton cœur; la douleur s'appesantira sur toi. Voici ce que je conseille avant tout à Télémaque : qu'il ordonne à sa mère de retourner dans la maison paternelle; ses parents conclueront son ma-riage , et lui prépareront une riche dot digne d'une fille chérie. Jus-qu'alors , je ne pense pas que les fils des Grecs renoncent à une im-portune poursuite ; nous ne craignons personne, pas même Télémaque, bien qu'il soit un beau discoureur. Nous n'avons nul souci de tes vaines prédictions, vieillard, et nous t'en détestons encore davan-tage. Oui, ces biens continueront à être indignement dévorés, et tous les droits méconnus, tant qu'elle amusera les Grecs en différant des choses et anciennes et nombreu-tu animes à s'irriter [ses, un homme plus jeune (Télémaque) en l'égarant par tes paroles, d'abord cela sera plus pernicieux pour lui-même; car il ne pourra faire rien absolument à cause de ces prédictions; et à toi, vieillard, nous t'imposerons une peine, laquelle payant (subissant) tu t'affligerais dans ton cœur et une souffrance pénible sera à toi.

Et moi-même au milieu de tous je donnerai-conseil à Télémaque qu'il ordonne sa mère s'en aller dans la maison de son père; et ceux-ci lui feront un hymen et lui prépareront une dot très-considérable, aussi grande qu'il convient une dot suivre une fille chérie.

Car je ne crois pas les fils des Grecs devoir cesser auparavant une poursuite fâcheuse, puisque nous ne craignons personne absolument, ni donc non plus Télémaque, quoique étant tout à fait grand-parleur, ni nous ne prenons-souci de la prophétie, que toi, vieillard, tu dis étant sans-effet, et tu es haï de nous encore davantage.

Et ses biens seront mangés de nouveau misérablement, et jamais des choses justes (le droit) ^jl&seïontl(ne sera reconnu), son mariage ; passant chaque jour dans l'attente, nous nous dispu-tons le succès, et nous ne recherchons point les autres femmes qu'il conviendrait à chacun de nous de prendre pour épouses. »

Le sage Télémaque répliqua : ( Eurymaque et vous tous, préten-dants superbes, je ne vous supplie pas davantage, je ne vous dis plus rien; les dieux et le peuple des Achéens savent tout maintenant. Mais du moins donnez-moi un vaisseau rapide avec vingt compa-gnons, pour me conduire de tous côtés sur la mer. J'irai à Sparte et dans la sablonneuse Pylos m'informer du retour de mon père absent depuis tant d'années, soit qu'un mortel me parle de lui, soit que j'entende un de ces bruits émanés de Jupiter qui répandent le mieux la renommée parmi les hommes. Si j'apprends que mon père vit, qu'il va revenir, malgré mes soucis, j'attendrai encore une année ; si j'entends dire qu'il a péri, qu'il n'existe plus, je reviendrai au plus tôt tant que celle-ci (Pénélope) différera les Grecs quant à son mariage, et nous de notre côté attendant tous les jours, nous disputons pour la prééminence, et nous n'allons pas à-la-recherche d'autres femmes, qu'il est convenable à chacun d'épouser, s-

Et Télémaque sensé dit à lui à son tour en réponse :

« Eurymaque et aussi vous autres, vous tous qui êtes prétendants super-je ne supplie plus vous [bes, de ces choses, ni je ne harangue plus; car déjà les dieux et tous les Achéens savent ces choses ; mais voyons donnez-moi un vaisseau rapide et vingt compagnons, qui accomplissent la route à moi ici et là.

Car j'irai et à Sparte et à Pylos sablonneuse, devant m'informer du retour de mon père parti depuis longtemps ; pour voir si quelqu'un des morteb" dira quelque chose à moi, ou si j'entendrai un bruit venant de Jupiter, bruit qui apporte le mieux la renommée aux hommes.

Si je viens à entendre (apprendre) la vie et le retour de mon père, assurément j'endurerais encore un quoique étant tourmenté; [an , mais si j'entends dire lui mort, et n'existant plus, dans ma chère patrie, je lui élèverai un tombeau, je célébrerai de pompeuses funérailles dignes de lui, et je donnerai ma mère à un , époux. »

Ayant ainsi parlé, il s'assit. Alors se leva Mentor, compagnon du valeureux Ulysse ; en montant sur ses vaisseaux, le héros avait confié au vieillard le soin de toute sa maison, pour qu'il s'y fit obéir et qu'il gardât tout d'une main ferme; d'un cœur bienveillant il prononça ces paroles :

« Habitants d'Ithaque, écoutez ce que je vais dire. Que désormais nul des rois qui portent le sceptre ne soit bon, clément, doux et ami de la justice; mais qu'ils soient toujours sévères et qu'ils prati-quent l'iniquité, puisque personne ne se souvient d'Ulysse au milieu de ce peuple sur lequel il régnait en bon père. Je ne m'oppose point à ce que les prétendants superbes, dans l'aveuglement de leur esprit, s'aban-- ODYSSÉE, II.

étant revenu donc ensuite dans ma chère terre patrie, et j'entasserai (élèverai) à lui un tombeau [obsèques et sur ce tombeau je célébrerai des très-grandes, aussi grandes qu'il convient, et je donnerai ma mère à un époux.) Or celui-ci ayant dit ainsi s'assit donc.

Et parmi eux se leva Mentor, qui donc était compagnon ( ami ) de l'irréprochable Ulysse, et en s'en allant sur des vaisseaux Ulysse confia à lui toute sa maison, de sorte que et elle obéir au vieillard, et le vieillard garder toutes choses stables ; lequel étant-bienveillant pour eux harangua et dit :

< Écoutez donc maintenant moi ; habitants-d'Ithaque, ce que je pourrai dire ; qu'il n'y ait plus quelque roi portant-le-sceptre qui soit bienveillant, clément et doux, [justes, ni sachant dans son cœur des choses mais qu'un roi et soit toujours dur et fasse des choses injustes ; tellement aucun des peuples ( citoyens) ne se souvient du divin Ulysse, des citoyens auxquels il commandait, et pour lesquels il était comme un père doux. [fuse) pas Eh bien assurément je n'envie (ne re-les prétendants superbes faire des actions violentes [prit; par les desseins-criminels de leur es-donnent à la violence; ils exposent leur tête en dévorant par la force la maison d'Ulysse, qu'ils prétendent ne plus devoir revenir. Mais je m'indigne contre le reste du peuple, contre vous tous qui demeurez assis en silence, et qui, nombreux comme vous l'êtes, ne réprimez pas par vos reproches une poignée de prétendants. » Le fils d'Événor, Léocrite, lui répondit : « Insolent Mentor, esprit insensé, comment oses-tu par tes paroles exciter le peuple à nous réprimer? Il serait difficile même à des guerriers plus nombreux de lutter contre nous à l'heure du festin. Si le roi d'Ithaque, Ulysse lui-même, revenait ici, et qu'il voulût chasser du palais les nobles pré-tendants, tandis qu'ils prennent leur repas dans sa maison, sa femme, qui désire tant le revoir, ne se réjouirait point de son retour ; mais Ici même il trouverait une mort terrible, eût-il à sa suite de nom-breux soldats. Tes paroles n'étaient point justes. Pour vous, citoyens, car exposant leurs têtes ils dévorent violemment la maison d'Ulysse, et ils disent celui-ci ne plus devoir revenir.

Mais maintenant je m'irrite contre le reste du peuple, de quelle manière tous vous êtes assis en-silence, mais ne réprimez pas en les touchant de vos paroles des prétendants en-petit-nombre, vous qui êtes nombreux. »

Et Léocrite fils-i'Événor dit à celui-ci en réponse :

« Mentor violent, insensé quant à l'esprit, quelle parole as-tu dite, en excitant eux à faire-cesser nous!

Car il serait difficile même à des hommes plus nombreux de combattre contre nous au milieu du festin.

Car si Ulysse d'-Ithaque étant survenu lui-même méditait dans son cœur de chasser du palais les prétendants illustres festinant dans sa demeure, sa femme (Pénélope), quoique le désirant fort, ne se réjouirait pas de lui étant revenu (de son retour); mais il suivrait (subirait) là un destin (trépas) honteux, si (quand) même il suivrait (aurait des gens plus nombreux, [avec lui) Et toi tu n'as pas parlé selon la convenance. 104 O~AYIYEIAI B.

retournez chacun à vos travaux; quant à celui-ci, Mentor et Halither-sès, ces vieux compagnons de son père, prépareront tout pour son départ. Mais je crois qu'il se tiendra tranquille longtemps encore, qu'il apprendra des nouvelles à Ithaque, et que jamais il n'accom-plira ce voyage. »

Il dit, et rompit aussitôt l'assemblée. Les habitants s'en retour-nèrent chacun dans sa maison ; les prétendants se rendirent au palais du divin Ulysse.

Télémaque, s'éloignant d'eux, vint sur le rivage de la mer; il pu-rifia ses mains dans l'onde blanchissante, et adressa ces prières à Minerve :

« Entends-moi, dieu qui vins hier dans notre demeure, et qui m'ordonnas de m'embarquer sur la mer obscure, pour m'informer du retour de mon père, absent depuis tant d'années! Les Achéens L'ODYSSÉE, Il. 105 Mais voyons, peuples (citoyens) dispirsez-vous pour aller à vos travaux chacun ; mais Mentor hâtera (préparera) le voyage à celui-ci (à Télémaque) et aussi Halithersès, eux qui sont pour lui dès l'origine compagnons paternels.

Mais, je pense, même restant-assis (tranquille) long-temps, il apprendra des nouvelles dans Ithaque, et jamais n'accomplira ce voyage. »

Il parla donc ainsi ; et il rompit l'assemblée prompte (promptement).

Ceux-là donc se dispersèrent vers sa maison chacun ; et les prétendants allèrent aux demeures du divin Ulysse.

Èt Télémaque ayant été à l'écart vers le rivage de la mer, ayant lavé ses mains avec de l'eau salée blanche, priait Minerve :

c Écoute-moi, toi qui étant dieu es venu hier dans notre maison, et as ordonné moi aller sur un vaisseau sur la mer vaste-comme-l'air, devant m'informer du retour deroonpèreparti depuis longtemps!

Mais les Achéens traînent-en-longueur ( empêchent ) toutes ces choses, retardent mes projets, et surtout les prétendants, si pleins d'une in-solente audace. »

Il suppliait en ces mots: Minerve parut près de lui; elle avait pris les traits et la voix de Mentor, et elle lui adressa ces paroles ailées :

c Télémaque, tu ne manqueras à l'avenir ni de courage ni de pru-dence, si tu as reçu en toi la mâle valeur de ton père, qui savait si bien agir et parler; non, ce voyage ne sera pas vain et sans résultat; mais si tu n'es pas le fils d'Ulysse et de Pénélope, je n'espère point que tu viennes à bout d'accomplir tes desseins. Il n'est guère d'enfants qui ressemblent à leur père, presque toujours ils sont pires, rare-ment ils sont meilleurs. Mais puisque tu ne manqueras à l'avenir ni de courage ni de prudence, puisque la sagesse d'Ulysse ne t'a point complètement abandonné, il faut espérer que tu mèneras à bien ton entreprise. Laisse-là les résolutions et les projets de ces pré-et principalement les prétendants, étant-superbes méchamment. »

Il parla ainsi en priant ; et Minerve vint à lui auprès, ressemblant à Mentor et par !e corps, et aussi par la voix, et en parlant elle adressa à lui des paroles ailées :

c Télémaque, tu ne seras plus tard (à l'avenir) ni lâche ni imprudent, si donc le brave cœur de ton père a été versé-dans toi, tel que celui-là était pour accomplir et une action et une parole ; en conséquence ce voyage ne sera pas pour toi vain ni non-accompli; mais si tu n'es pas le rejeton de celui-là du moins et de Pénélope, je n'espère pas toi du moins ensuite devoir accomplir les choses que tu médites.

Car assurément peu de fils sont semblables à leur père; les plus nombreux (la plupart) sont pires, et peu aussi sont meilleurs que leur père.

Mais puisque tu ne seras à l'avenir ni lâche ni imprudent, et que la prudence d'Ulysse n'a pas abandonné toi tout à fait du moins, il y a espérance pour toi ensuite toi devoir accomplir ces actions.

C'est pourquoi maintenant laisse-là et la résolution et l'intention des prétendants insensés, tendants insensés, qui n'ont ni raison ni justice; ils ne voient pas la mort et le sombre destin, qui sont déjà près d'eux pour les dé-truire tous en un seul jour. Le voyage que tu médites ne sera pas longtemps différé. Moi, qui étais si véritablement l'ami de ton père, je te préparerai un vaisseau rapide, et je partirai moi-même avec toi. Retourne donc au palais, méle-toi aux prétendants, apprête des vivres, et renferme-les dans des vases, le vin dans des amphores, la farine, cette moélle des hommes, dans des outres épaisses; moi, je rassem-blerai parmi le peuple des compagnons disposés à te suivre. Il ne manque pas de vaisseaux dans Ithaque baignée par les flots, anciens ou nouveaux ; j'examinerai celui qui me paraltra le meilleur, nous l'équiperons aussitôt, et nous le lancerons sur la vaste mer. »

Ainsi parla Minerve, fille de Jupiter; Télémaque ne tarda pas long-temps, après qu'il eut entendu la voix de la déesse. Il se rendit au L'ODYSSÉE, IL 109 puisqu'ils ne sont en rien prudents ni justes; et en rien ils ne savent la mort et le noir destin, qui donc est à eux près, de manière que tous périr en un jour.

Mais ce voyage, que tu médites, ne sera plus éloigné à toi pendant longtemps.

Car je suis pour toi un tel hôte paternel, qui préparerai à toi un vaisseau rapide, et en même temps te suivrai moi-même.

Mais toi étant allé vers le palais mêle-toi aux prétendants, et prépare des provisions et arrange-les toutes dans des vases, du vin dans des amphores, et des farines, la moelle des hommes, dans des peaux ( outres) serrées; et moi je rassemblerai sur-le-champ parmi le peuple des compagnons volontaires.

Or de nombreux vaisseaux [mer, sont dans Ithaque entourée-par-la-* neufs et vieux; desquels j'examinerai pour toi celui qui est le meilleur, et l'ayant équipé promptement nous le lançerons-sur la vaste mer. i

Ainsi parla Athéné, fille de Jupiter; ni donc Télémaque n'attendit encore longtemps, après qu'il eut entendu la voix de la déesse. palais, le cœur rongé de chagrins; il y trouva les prétendants su-perbes qui écorchaient des chèvres et rôtissaient des porcs dans la cour. Antinoos vint en riant au-devant de Télémaque, lui prit la main, et lui dit :

« Télémaque, langue hautaine, cœur indomptable, ne médite plus dans ton sein ni projet funeste ni parole méchante, mais viens man-ger et boire avec nous comme auparavant. Les Achéens te donneront tout ce que tu veux, un vaisseau et des rameurs choisis, afin que tu arrives promptement dans la divine Pylos, pour t'informer de ton illustre père. »

Le sage Télémaque lui répondit : c Antinoos, Il ne me convient plus de manger silencieusement auprès de vous, hommes insolents, ni de me réjouir en paix. N'est-ce pas assez que vous ayez dévoré jusqu'à pré-- L'ODYSSÉE, II. lit Et il se-mit-en-marche pour aller vers le palais, tourmenté dans son cœur ; et il trouva donc dans le palais les prétendants superbes, dépouillant des chèvres, et faisant-griller dans la cour des porcs-gras.

Et Antinoos ayant ri alla droit à Télémaque; et il s'attacha donc à la main à lui et dit une parole et l'appela-par-son-nom :

a Télémaque au-langage-hautain, qui-ne-sais-te-maîtriser quant au cœur, [mauvaise qu'aucune autre et action et parole ne soit-à-soin à toi dans ta poitrine, mais songe moi à manger et à boire* comme précédemment.

Et les Achéens accompliront à toi tout à fait toutes ces choses, un vaisseau et des rameurs choisis, afin que tu ailles plus vite dans Pylos très-divine [velles) pour-chercher l'audition (des nou.

de ton père illustre. »

Et Télémaque sensé dit à lui à son tour en réponse :

a Antinoos, en-nulle-façon il n'est possible moi et festiner ne-le-voulant-pas au milieu de vous arrogants, et me réjouir tranquille.

Ou bien n'est-ce pas assez que précédemment vous tondiez (avez dévoré) sent mes riches et vastes domaines, tandis que j'étais encore un en-fant? Maintenant que je suis grand, que les paroles des autres m'ont instruit, et que mon cœur s'est développé dans ma poitrine, je m'ef-forcerai d'attirer sur vous un destin terrible, soit que j'aille à Pylos, soit que je reste Ici au milieu du peuple. Je partirai, le voyage que j'annonce ne sera pas vain, je partirai sur un vaisseau étranger; car je ne possède ni vaisseau ni rameurs, puisque vous pensez que cela vaut mieux ainsi. »

Il dit, et retira aussitôt sa main de celle d'Antinoos ; les prétendants préparaient leur festin dans le palais. Ils se raillaient de lui et lui adres-saient des paroles piquantes ; l'un de ces jeunes insolents disait :

« Sans doute, Télémaque médite notre mort; il ramènera des auxi-liaires de la sablonneuse Pyios, ou bien encore de Sparte; car il en mes possessions nombreuses et bonnes, prétendants, et moi j'étais encore enfant" Mais maintenant donc que je suis grand , et que j'apprends votre conduite en entendant le discours d'autres, et que donc le cœur grandit à moi au dedans de moi, je tâcherai que je lance (de lancer) sur vous un destin funeste, ou ayant été à Pylos, ou ici au milieu de ce peuple.

Je partirai, et il ne sera pas vain le voyage que je dis, passager (sur un vaisseau d'autrui) ; car je ne deviens pas obtenant un vaisseau ni des rameurs ; ainsi sans doute il a paru à vous être plus avantageux.

Il dit donc, et il tira facilement (aussitôt) sa main de la main d'Antinoos; et les prétendants préparaient un festin dans la maison.

Et ceux-ci plaisantaient et raillaient en paroles; et quelqu'un de ces jeunes-hommes arrogants, disait ainsi :

« Oui certes Télémaque médite à nous la mort ; ou il amènera quelques auxiliaires de Pylos sablonneuse, ou il en amènera même de Sparte, puisqu'il le désire grandement,

3M a un bien vif désir; peut-être aussi veut-il aller chercher dans les champs fertiles d'Ëphyre des poisons mortels qu'il jettera dans un cratère, pour nous faire tous périr. »

Un autre de ces jeunes insolents disait à son tour : « Qui sait si, parti sur un navire recourbé, il ne périra pas lui-même aussi, loin de ses amis, errant comme Ulysse ? Mais il ne ferait ainsi qu'ajouter à nos peines; il nous faudrait partager tous ses biens, et donner ce palais à sa mère et à celui qui l'épouserait. »

Ils disaient ; pour lui, il descendit dans le haut et vaste cellier de son père, où étaient entassés l'or et l'airain, avec des habits dans des coffres et une grande quantité d'huiles parfumées ; là se trouvaient des tonneaux d'un vin vieux et généreux, renfermant un breuvage pur et divin, et rangés en ordre le long des murs; ils attendait ou bien encore il veut aller dans Ëphyre, terre grasse (fertile), afin qu'il apporte de là des poisons [hommes.

qui-détruisent-le-cœur (la vie) des et les jette dans un cratère, et fasse-périr nous tous. D Et un autre de ces jeunes hommes arrogants disait à son tour :

a Mais qui sait, si étant parti aussi lui-même sur un vaisseau creux il ne périra pas loin de ses amis, errant, comme Ulysse ?

Ainsi il augmenterait à nous le travail encore davantage :

car nous nous partagerions tous ses biens, et nous donnerions d'un autre côté à la mère de lui et à celui qui l'épouserait la maison pour l'avoir. »

Ils parlèrent ainsi ; mais lui descendit dans la salle au-toit-élevé de son père, salle vaste, où était placé de l'or entassé et de l'airain, et des habits dans des coffres, et de l'huile parfumée en abondance et dans cette salle des tonneaux de vin vieux doux-à-boire se tenaient (étaient rangés), ayant au-dedans d'eux une boisson pure divine, rangés par ordre contre le mur, si un jour ( dans le cas où) Ulysse

34& Ulysse, s'il venait un jour à rentrer dans sa patrie, après de longues souffrances. Une porte solide, et à deux battants, fermait le cellier; une intendante y demeurait nuit et jour, et veillait sur tout d'un esprit attentif; c'était Euryclée, fille d'Ops le fils de Pisénor. Télémaque l'appela dans le cellier et lui dit :

c Nourrice, puise-moi dans des amphores un vin généreux, le plus doux après celui que tu gardes en attendant cet infortuné, le noble Ulysse, si jamais il revenait ici après avoir échappé à la mort et à la destinée. Remplis en douze, et ferme-les toutes avec des couvercles. Verse de la farine dans des outres bien cousues; qu'il y ait vingt mesures de cette farine que la meule a broyée. Garde ceci pour toi !eule; et que tout soit prêt à la fois ; ce soir je l'emporterai, lorsque ODYSSÉE, II.

reviendrait à la maison, aussi ayant supporté des souffrances nombreuses.

Et des portes fermées-à-clé à-double-clé (à deux battants) adaptées d'une manière-serrée (soli-étaient-là; [dement) et en dedans était et nuit et jour une femme gardienne, .qui gardait tout par la grande-prudence de son esprit, Euryclée, fille d'Ops fils-de-Pisénor.

A laquelle alors Télémaque adressa-la-parole, l'ayant appelée dans la salle :

« Nourrice, allons puise-moi donc dans des amphores un vin doux, [là, celui qui est le plus doux après celui-que tu gardes, attendant celui-là (Ulysse) le malheureux, si de quelque part venait Ulysse né-de-Jupiter (noble), ayant évité la mort et le destin.

Et remplis en douze, et ajuste-les toutes avec des bouchons.

Et verse-moi des farines dans des outres bierf cousues; et que vingt mesures soient de la farine du froment broyé-par-la-meule.

Et sache-le toi-même seule.

Et que toutes choses soient préparées réunies (ensemble) car je les prendrai le-soir, lorsque donc ma mère ma mère sera montée dans son appartement et voudra se livrer au sommeil. Je vais à Sparte et dans la sablonneuse Pylos m'informer du retour de mon père, si je puis en apprendre quelque nouvelle. »

Il dit; sa nourrice Euryclée poussa un cri de douleur, et. en gé-missant , elle lui adressa ces paroles ailées :

a Pourquoi, mon cher enfant, une telle pensée est-elle venue en ton esprit? Où veux-tu courir sur la vaste terre, toi fils unique et bien-aimé? Le noble Ulysse est mort loin de sa patrie, chez un peuple étranger. Aussitôt que tu seras parti, ces hommes prépareront der-rière toi des embûches pour te faire périr, puis ils se partageront toutes ces richesses. Demeure ici tranquille au milieu de tes biens; tu n'as pas besoin d'aller souffrir et errer sur la mer inféconde. » Le sage Télémaque lui répondit : « Courage, nourrice ; ce dessein ne m'est point venu sans la volonté d'un dieu. Mais jure-moi que tu ne rediras point ceci à ma mère, avant que le onzième ou le dou-sera montée aux appartements-supé-et songera au sommeil. [rieurs, Car j'irai et à Sparte et à Pylos sablonneuse, devant m'informer du retour de mon père chéri, si je puis apprendre des nouvelles quelque part. »

Il parla ainsi ; et la chère nourrice Euryclée se lamenta, et donc gémissant elle lui adressa des paroles ailées

« Mais pourquoi, cher enfant, cette pensée a-t-elle été à toi dans ton esprit?

et par où veux-tu aller sur la terre immense, étant fils unique chéri ?

Mais Ulysse né-de-Jupiter (noble) a péri loin de sa patrie chez un peuple inconnu (étranger ).

Et ceux-ci (les prétendants) méditeront ensuite des maux à toi aussitôt t'en étant allé, afin que tu périsses par ruse ; et eux-mêmes ils se partageront tous ces biens-ci. [quille) Mais demeure ici étant assis ( tran-sur tes biens, et il ne faut pas en quelque chose toi souffrir des maux, ni errer sur la mer infertile. D

Et Télémaque sensé dit à elle à son tour en réponse :

Il Aie-confiance, nourrice, car du moins cette résolution n'est assurément pas sans un dieu.

Mais jure de ne pas dire ces choses à ma mère chérie, zième jour se soit écoulé, à moins qu'elle ne désire elle-même me voir, ou qu'elle n'ait entendu parler de mon départ; je ne veux point qu'elle flétrisse sa beauté dans les larmes.. Il dit ; la vieille jura le grand serment des dieux. Lorsqu'elle eut juré et qu'elle eut prononcé son serment, elle s'empressa de tirer le vin dans les amphores et de verser la farine dans des outres bien cousues; Télémaque rentra dans le palais, et se mêla aux pré-tendants.

Cependant la déesse aux yeux bleus, Minerve, avait formé une autre pensée: sous les traits de Télémaque, elle parcourait toute la ville, s'approchait de chaque homme, et lui adressait la parole; elle les engageait à se réunir le soir près du vaisseau rapide. Elle alla ensuite demander un vaisseau rapide à Noémon, l'illustre fils de Phronios; celui-ci le promit de bon cœur.

Le soleil se coucha et toutes les rues se couvrirent de ténèbres. A lors elle lança à la mer le vaisseau rapide, et y déposa tous les agrès L'ODYSSÉE, n. 121 avantdumoinsque lorsque sera venu et le onzième et le douzième jour, ou bien que elle-même désirer mot et avoir appris moi étant parti, afin que pleurant elle ne blesse pas son beau corps. »

Il dit donc ainsi ; et la vieille jura le grand serment des dieux.

Mais après que donc et elle eut juré, et elle eut achevé le serment, aussitôt ensuite elle puisa à lui du vin dans des amphores, et versa à lui des farines dans des outres bien-cousues ; et Télémaque étant allé vers le palais se mêla aux prétendants.

Alors de nouveau la déesse Minerve aux-yeux-bleus conçut une autre pensée :

et ressemblant à Télémaque elle allait de tous côtés dans la ville, et donc se plaçant-auprès de chaque homme elle disait un discours, et elle ordonnait eux se réunir le-soir au vaisseau rapide.

Et celle-ci de nouveau (ensuite) demanda un vaisseau rapide à Noémon, fils brillant (illustre) de Phronios; et celui-ci le promit à elle bienveillant (avec bonne volonté).

Et le soleil se coucha, et toutes les rues devinrent-sombres.

Et alors elle tira à la mer le vaisseau rapide, et plaça dans lui tous les agrès, que portent les navires aux-bonnes-planches, que portent les navires solides. Elle le plaça à l'extrémité du port; autour d'elle se rassemblèrent en foule les braves compagnons, et la déesse anima chacun d'eux.

Cependant la déesse aux yeux bleus, Minerve, avait formé une autre pensée : elle se rendit au palais du divin Ulysse ; là elle versa aux prétendants un doux sommeil, les trompa tandis qu'ils buvaient, et fit tomber les coupes de leurs mains. Ils s'empressèrent à travers la ville pour gagner leur couche, et ne restèrent pas assis plus long-temps, dès que le sommeil se fut appesanti sur leurs paupières. Mi-nerve aux yeux bleus adressa la parole à Télémaque, qu'elle avait appelé hors du palais magnifique ; elle avait la taille et la voix de Mentor :

< Télémaque, déjà tes compagnons aux belles armes sont assis près des rames, ils attendent ton arrivée; partons, si nous ne voulons retarder notre voyage. »

A ces mots, Pallas Athéné le précéda d'un pas rapide ; Télémaque marchait sur les traces de la déesse. Lorsqu'ils furent arrivés près du et elle le plaça à l'extrémité du port; et les braves compagnons se réunirent autour serrés (en foule), et la déesse animait chacun.

Alors de nouveau la déesse Minerve -aux-yeux-bleus conçut une autre pensée ; et elle se-mit-en-marche pour aller vers le palais du divin Ulysse ; là elle versa-sur les prétendants un doux sommeil, et trompa eux buvant; et elle fit-tomber les coupes de leurs mains.

Et ceux-ci s'élancèrent dans la ville pour dormir; et donc ils ne furent plus assis longtemps, parce que le sommeil tombait à eux sur les paupières.

Mais (puis) Minerve aux-yeux-bleus adtessa-la-parole à Télémaque, l'ayant appelé-hors du palais bien-habité, ressemblant à Mentor et par le corps, et aussi par la voix :

c Télémaque, déjà des compagnons aux-beaux-jambarts sont assis à toi voisins-des-rames, attendant ton approche; mais allons, [temps de peur que nous ne traînions long' touchant le voyage. »

Ayant parlé donc ainsi Pallas Athéné marcha-la-première avec rapidité ; et lui ensuite marchait sur les traces de la déesse. vaisseau et au bord de la mer, ils trouvèrent sur le rivage leurs com-pagnons à la longue chevelure. Le divin Télémaque leur adressa ces mots :

« Allons, amis, emportons nos provisions ; elles sont déjà toutes prêtes dans le palais; ma mère et ses suivantes ignorent tout; une seule femme a été instruite de mon dessein..

Il dit, et marcha devant eux ; ceux-ci le suivirent. Ds apportèrent toutes les provisions sur le vaisseau solide, et les y déposèrent selon les ordres du fils chéri d'Ulysse. Télémaque monta sur le navire; Minerve l'avait précédé, et s'était assise à la poupe ; Télémaque se plaça près d'elle; les matelots détachèrent les câbles, montèrent à leur tour, et s'assirent à leurs bancs. Minerve aux yeux bleus leur envoya un vent favorable, l'impétueux zéphyre qui retentit sur la noire mer. Télémaque, excitant ses compagnons, leur ordonna de l'odysséiî, IL 125 Mais après que donc ils furent arrivés au vaisseau et à la mer, ils trouvèrent ensuite sur le rivage les compagnons à-la-tête-chevelue.

Et aussi la force sainte de Télémaque dit à eux :

« Venez-çà, amis, emportons les vivres ; car tous déjà sont serrés (réunis) dans le palais ; et la mère à moi n'a rien appris, ni les autres servantes, et une seule a entendu la parole (le projet). »

Ayant parlé donc ainsi il marcha-le-premier; et en même temps ceux-ci suivirent.

Et ceux-ci donc portant toutes choses les déposèrent sur le vaisseau aux-belles-planches, comme le fils chéri d'Ulysse l'avait ordonné.

Et Télémaque donc monta sur le vaisseau, et Minerve le précéda, et elle s'assit donc sur le vaisseau sur la poupe; et Télémaque donc s'assit auprès d'elle ; et ceux-ci détachèrent les amarres, et étant montés aussi eux-mêmes ils s'assirent sur les bancs-des-rameurs.

Et Minerve aux-yeux-bleus envoya à eux un vent favorable, le zéphire qui-souille-fort, retentissant sur la mer sombre.

Et Télémaque ordonna à ses compagnons les ayant exhortés

4*6 disposer les agrès, et ils écoutèrent ses ordres. Ils dressèrent le mât de sapin dans sa base creuse, et le fixèrent au moyen des cordages; puis ils déployèrent les voiles blanches avec de solides courroies. Le vent enfla le milieu de la voile; la vague sombre gémissait autour de la carène du vaisseau qui fuyait; celui-ci suivait rapidement sa route à travers les flots. Ils attachèrent les agrès du noir vaisseau, et rem-plirent des coupes de vin, puis ils offrirent des libations aux dieux immortels, mais surtout à la déesse aux yeux bleus, fille de Jupiter. Pendant toute la nuit, et jusqu'après l'aurore, le vaisseau vogua sans relâche. de mettre-la-main aux agrès; et ceux-ci écoutèrent lui les exhortant.

Et ils placèrent l'ayant élevé le mât de-sapin en dedans du coursier creux et l'attachèrent avec des cordages; et ils tirèrent (étendirent) les voiles blanches avec des courroies bien-tordues.

Et le vent gonfla la voile par-le-milieu, et le flot de-pourpre (foncé) retentissait grandement autour de la carène, le vaisseau marchant; et celui-ci courait sur le flot, accomplissant le chemin.

Et donc ayant attaché les agrès sur le vaisseau noir, ils dressèrent des cratères couronnés (remplis) de vin, et ils firent-des-libations aux dieux immortels qui-existent-toujours, et parmi tous principalement à la fille aux-yeux-bleus de Jupiter.

Celui-ci (le vaisseau) donc traversa la route pendant-toute-la-nuit et pendant l'aurore (le matin).

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