‹ Chants IX, X, XI et XII de l'OdysséeChapitre 10 sur 28 · II: en cachette, et non ouvertement · texte numérisé non relu

II: en cachette, et non ouvertement

a puisqu'il n'y a plus à-se-fier

a aux femmes. -

a. Mais allons dis ceci à moi

« et raconte sincèrement,

« si vous apprenez {avez appris)

a mon fils

a vivant encore quelque-part,

a ou peut-être dans Orchomène, - « ou dans Pylos sablonneuse, -

« ou peut-être auprès de Ménélas

a dans la vaste Sparte ;

a car le divin Oreste

a n'est pas mort encore sur la terre."

« Il dit ainsi ;

mais moi répondant je dis-à lui :

a Fils-d'Atrée, [choses ?

- CI. pourquoi demandes-tu à moi ces

« je ne sais en Tien

« si celui-ci vit ou est mort ;

« or il est mauvais

cc de dire des choses vaines. » <

a Nous-deux donc

nous répondant ainsi

avec des paroles tristes

nous étions-debout amigés,

versant des larmes abondantes.

c Et en outre vint l'âme

d'Achille fils-de-Pélée --

et de Patrocle

et de l'irréprochable Antiloque

et d'Ajax,

qui et par l'apparence et par le corps

était le meilleur (le premier)

des autres descendants-de-Danaüs

après l'irréprochable fils-de-Pélée. Pélée. L'âme (l'Achille aux pieds légers me reconnut, et m'adressa en gémissant ces paroles ailées :

a Noble fils de Pélée, ingénieux Ulysse, quel dessein plus grand « encore as-tu médité en ton cœur? comment as-tu osé descendre « chez Pluton, dans les demeures qu'habitent les morts privés de « sentiment, images des hommes qui ne sont plus? n

« Il dit, et je lui répondis en ces termes : « Achille, fils de Pélée, « le plus brave des Achécns, je suis venu pour entretenir Tirésias, a afin qu'il me donnât quelque conseil et m'enseignât les moyens « de rentrer dans l'âpre Ithaque ; car je n'ai pas encore approché de Il l'Achale, je n'ai pas encore abordé sur notre terre, mais je souffre « des maux sans fin; pour toi, Achille, nul homme n'a été, nul ne a sera jamais plus heureux que toi. Durant ta vie, les: Argicns t'ho-- Et l'âme du descendant-d'Éaque aux-pieds-rapides reconnut moi, et donc se lamentant elles me dit ces paroles ailées :

a Noble fils-de-Laêrte, « Ulysse fécond-en-inventions, a infortuné, a quelle œuvre plus grande encore a méditeras-tu dans ton esprit ?

a comment as-tu enduré [Pluton, ce de descendre dans la demeure de a et dans ces lieux où habitent a les morts privés-de-sentiment, a feintâmes a de mortels qui ont succombé? »

a Il dit ainsi ; mais moi répondant je dis-à lui :

s. 0 Achille, fils de Pélée, u: grandement (de beaucoup) cc le plus distingué des Achéens, « je suis venu pour le besoin que j'a-cc de Tirésias, [vais a pour voir s'il me dirait oc quelque conseil, « m'enseignant comment je pourrais a dans Ithaque, escarpée ; [arriver « car je ne suis pas venu encore «près de l'Achaïe, «et je n'ai pas monté encore «sur notre terre, cc mais toujours « j'ai (je souffre) des maux; «mais aucun homme «.auparavant (dans le passé) a ni donc dans-1'avenir [toi, a n'est ni ne sera plus heureux que a Achille..

«Car auparavant cr noraient à l'égal des dieux, et maintenant que tu es ici, tu règnes « sur les ombres ; ne t'afflige donc pas de ta mort, ô Achille. D

« Je parlai ainsi, et il me répondit aussitôt : a Ne me console pas « de ma mort, glorieux Ulysse; j'aimerais mieux, simple cultivateur, « servir un homme pauvre, qui n'aurait qu'un petit bien, que de ré-a gner sur tous les morts. Mais allons, parle-moi de mon noble fils : u dis-moi s'il vous a suivis ou non à la guerre pour combattre au cr premier rang. Dis-moi aussi si tu as appris quelque nouvelle de a l'irréprochable Pélée : garde-t-il encore le sceptre parmi les nom-- « breux Myrmidons, ou bien le méprise-t-on dans l'Hellade et dans « Phthie, parce que la vieillesse enchaîne ses pieds et ses bras? Je « ne suis plus là, sous les rayons du soleil, pour lui venir en aide, a nous autres Argiens et nous honorions toi vivant « pareillement aux dieux ; Il maintenant d'aulre-part [morts, « tu commandes grandement aux « étant ici ; « c'est-pourquoi ne t'afflige pas « étant (d'être) mort, Achille. »

CI Je dis ainsi; et celui-ci aussitôt répondant dit-à moi :

« Ne console donc pas moi « de la mort du moins, «brillant (illustre) Ulysse; « j'aimerais-mieux étant cultivateur « servir un autre, a chez un homme indigent, [pas, « à qui une vie abondante ne serait a que de régner a sur tous les morts « trépassés.

« Mais allons dis-moi a le récit (des nouvelles) a de mon fils glorieux, a si ou il a suivi (est parti) cc pour la guerre a pour être le premier, «ou aussi (ou bien) non.

« Et dis-moi « si tu as appris quelque chose « sur l'irréprochable Pélée, [té) « si ou il a encore l'honneur (la royau-- « parmiles rtfyrmidons nombreux, a ou on méprise lui dans et l'Hellade et Phthie, Ii parce que la vieillesse possède lui a et aux mains et aux pieds.

« Car je ne suis pas pour lui un aide a sous les rayons du soleil, « étant tel, a tel que jadis, dans la vaste Troie, j'immolais un peuple-belliqueux et « défendais les Argiens. Si j'étais encore ainsi et si je rentrais même •a pour un instant dans le palais de mon père, certes je ferais sentir « ma vigueur et mon bras invincible à ceux qui l'outragent.. et l'é-- « loignent de son trône. »

ocIi dit, et jp lui répondis en ces termes: cc Non, je n'ai appris « aucune nouvelle de l'irréprochable Pélée; mais je te dirai toute la a vérité, comme U1 me le demandes, sur ton fils chéri, NéDptolèmc ; « car c'est moi qui l'ai amené de Scyros, sur un profond naiire, ws « les Achéens aux belles cnémides. Lorsque nous délibération autour « de la ville de Troie , H parlait, toujours le premier, et ses discours Œ ne manquaient point de sagesse; seuls le divin Nestor et moi nous « l'emportions sur lui. Mais lorsque nous combattions le fer à" la « main dans les champs des Troyens, jamais il ne restait parmi les eL soldats, confondu dans la foule; il s'élançait bien loin en avant I que jadis dans la vaste Troie « je tuais un peuple très-brave, a défendant les Argieus.

« Si étant tel « je venais même pôuv-nn-instant Œ dans la demeure de mon père, a alors je rendrais-terribles « ma vigueur et mes mainsinvincibîes a à. quelqu'un de ceux a qui font-yiolence à celui-là, « et l'excluent a de Thonneur (la royauté). »

Mil dit ainsi ; mais moi répondant je dis-à lui :

a Assurément je n'ai rien appris « sur l'irréprochable Pélée ; « mais je dirai à toi [lème « du moins sur ton fils cliérilVéoplo-a toute la vérité, a comme tu l'ordonnes à moi ; Il car moi-même j'ai amené lui « sur un vaisseau creux et égal (poli) « de Scyros « vers les Achéens a aux-belles-cnémides.

« Certes lorsque c, nous examinions des avis a autour de la ville de Troie, « il parlait toujours le premier, a et n'errait pas en ses discours; a et Nestor pareil-à-un-dieu « et moi a nous le surpassions seuls.

« Mais quand nous combattions a. avec l'airain a dans la plaine des Troyens, « jamais il ne restait a dans la multitude « ni dans la foule des guerriers, a et ne le cédait à personne en valeur : il a tué de nombreux guer-a riers dans la terrible mêlée, Je ne saurais te dire ni même te a nommer tous les héros qu'il immola en défendant les Argiens ; « mais il perça de son fer le fils de Télèphe, le vaillant Eurypyle, et cc autour de lui tombèrent les Cétéens ses compagnons, grâce aux cc présents qu'avait reçus une ferpme. C'était le mortel le plus beau a que j'eusse vu après le divin Memnon. Quand les premiers des Ar-a giens entrèrent dans le cheval qu'avait fabriqué Épéus, ce fut à a moi que l'on confia le soin d'ouvrir et de fermer la porte de ce a piège solide ; alors les chefs et les conducteurs des Achéens a essuyaient leurs larmes et tremblaient de tous leurs membres; « mais jamais mes yeux ne virent pâlir le beau front de Néoptolème, a et il n'essuya point de larmes sur ses joues; il me suppliait au « contraire de sortir du cheval, il portait la main à la poignée de « mais il courait-en-avantbeaucoup, a ne cédant à aucun par sa vigueur; « et il tua de nombreux guerriers «ilans le terrible combat.

a Et moi je ne pourrais les raconter cr: et ne pourrais les nommer tous, ce tout le peuple (tous les guerriers) cc qu'il immola, a défendant les Argiens; oc mais il tua par l'airain [phe, « un guerrier tel que le fils-de-Télè-- « le héros Eurypyle ; cr: et beaucoup de compagnons cc Cétéens v étaient massacrés autour de lui, a à-cause-de présents de-femme.

a J'ai vu assurément celui-là le plus a après le divin Memnon. [beau a Mais lorsque nous descendîmes a dans le cheval a qu'avait fabriqué Ëpéus, a nous les meilleurs des Argiens, II: et toutes choses avaient été confiées à moi, « et pour ouvrir cr: l'embûche serrée (solide) a et pour la fermer ; alors les autres conducteurs oc et chefs des descendanls-de-Danaus a et essuyaient leurs larmes, « et les membres de chacun ctremblaient-sous lui; a. mais jamais absolument a je ne vis de mes yeux celui-là II: ni ayant pâli en son beau corps a ni ayant essuyé des larmes a de ses joues; a mais lui fort souvent -oc suppliait moi pour sortir du cheval, « son glaive et à sa lance pesante, et méditait des maux pour les « Troyens. Lorsque nous eûmes saccagé la haute cité de Priam , il cr: reçut une part glorieuse du butin et monta sain et sauf sur son cc vaisseau; il ne fut pas frappé par un javelot d'airain ni percé de a. près par le glaive, comme il arrive souvent à la guerre, où Mars « porte les coups au hasard. »

« Je dis, et l'âme d'Achille aux pieds légers s'éloigna, traversant à grands pas la prairie d'asphodèles, joyeuse d'apprendre que son fils était un illustre guerrier..

a Les âmes des autres morts se tenaient affligées autour de moi, et chacune m'interrogeait sur les objets de ses soucis. Seule l'âme d'Ajax, fils de Télamon, restait à l'écart, irritée de la victoire que j'avais remportée sur lui en plaidant auprès des vaisseaux pour ob-tenir les armes d'Achille, mises au concours par sa divine mère. Les ft et il cherchait a la garde de son. épée « et sa lance pesante-d'airain, a et méditait des maux ce pour les Troyens. [ té ce Mais quand donc nous eûmes détas-- « la haute ville de Priam, cc aussi ayant pour part de butin cr nll honneur (présent) excellent « il monta sur son vaisseau « sain-et-sauf, a ni doocfrappé a de rairain acéré « ni blessé de près ; a accidents tels que de nombreux a arrivent a la guerre ; cc car Mars exerce-sa-furenr « pêle-mêle (indistinctement). »

« Je dis ainsi ; et l'âme du descendant-d'Éaque airx-picds-rapides s'en allait marchant à-grands-pas dans la prairie remplie-d'asphodèles, joyeuse, parce que j'avais dit à elle son fils être très-illustre.

« Mais les autres âmes de morts trépassés se tenaient affligées, [soucis et s'informaient des objets de lewrs chacune.

Et seule l'âme d'Ajax fils-de-Télamon se tenait à l'écart, irritée à cause de la victoire par laquelle je vainquis lui, plaidant auprès des vaisseaux au-sujet-des armes d'Achille; or sa divine mère tes avait mises au concours. fils des Troyens et Pallas Athéné étaient les juges. Plût aux dieux que je n'eusse point triomphé dans cette lutte ! car c'est à cause de ces armes que la terre recouvrit cette noble tête, Ajax, le plus beau et le plus brave des Achéens après l'irréprochable fils de Pélée. Je lui adressai ces douces paroles :

« Ajax, fils de l'irréprochable Télamon, tu ne devais donc pas, « même après la mort, oublier ton courroux contre moi au sujet de « ces armes funestes, dont les dieux ont fait un fléau pour les Ar-- « giens? Toi qui étais leur solide rempart, tu as péri à cause d'elles ; Il tous les Achéens désolés te pleurent sans cesse comme le noble « Achille, fils de Pélée; mais Jupiter seul en est cause, lui qui a « conçu une haine violente contre l'armée des belliqueux descen-- « dants de Danaüs et qui t'a envoyé le trépas. Allons, ô roi, viens Et les enfants des Troyens et Pallas Athéné jugèrent. [cre Combien donc j'aurais dû ne pas vain-dans une telle lutte !- Car à cause d'elles (de ces armes) la terre posséda (recouvrit) une telle tête, Ajax, qui était au-dessus des Grecs pour la forme (beauté) d'un-,Côté, et pour les actions de-l'autre-côté au-dessus des autres descendants-de-Danaus, après l'irréprochable fiis-de-Pélée.

Mot je parlai-à lui avec ces paroles douces-comme-miel :

II Ajax, a fils de l'irréprochable Télamon, « tu ne devais donc pas, cc pas même étant mort, a oublier pour moi ton courroux, a à cause de ces armes pernicieuses?

c car les dieux ont établi celles-ci « un fléau pour les Argiens.

a Car toi qui étais une telle tour pour « tu as péri ; [eux (leur rempart) « et nous autres Achéens a nous sommes affligés sans-cesse « à cause de toi mort [tête a pareillement à (autant que pour) la « d'Achille fils-de-Pélée ; « et quelque autre n'en est pas cause, a mais Jupiter a haissak d'uue-façon-étonnante a l'armée [queux; « des descendants-de-Danaus belli-- « et il a imposé à toi a la destinée (mort).

a Mais allons viens ici, roi, a afin que tu entendes la parole « ici, afin que tu entendes mes paroles ; dompte ta colère et ton « noble cœur. »

ex Je dis , et il ne me répondit point, mais il se retira dans l'Erèbe parmi la foule des autres ombres. Là sans doute, malgré son cour-roux, il m'aurait parlé ou je lui aurais adressé de nouveau la parole, si dans ma chère poitrine mon cœur n'avait souhaité de voir les âmes des autres morts.

« Je vis Minos , le glorieux fils de Jupiter, tenant un sceptre d'or, assis et rendant la justice aux ombres; elles sollicitaient les arrêts du roi, assises ou debout, dans le palais aux larges portes de Pluton.

« Après lui, j'aperçus l'énorme Orion, poursuivant dans la prairie d'asphodèles les bêtes qu'il avait tuées sur les montagnes désertes, tenant entre ses mains une massue toute d'airain qui ne se brise jamais.

« Je vis Titvus, le fils de l'illustre Terre, étendu sur le sol ; sen corps couvrait neuf arpents ; deux vautours se tenaient à ses côtés et L'ODUSÉE, XI. 235 « et le discours nôtre (de moi) ; « et dompte ta colère « et ton cœur généreux. »

a Je dis ainsi ; et Lui ne répondit rien à moi, mais alla vers les autres âmes des morts trépassés, dans l'Ërèbe.

Là cependant il m'aurait parlé quoique étant courroucé, ou moi j'aurais encore parlé à lui, mais le cœur à moi dans ma chère poitrine voulait voir les âmes des autres morts.

« Là donc je vis Mi nos, iilustre Us de Jupiter, ayant on sceptre d'-or, rendant-larj ustice aux morts, étant assis; et celll-ci autour de lui -interrogeaient sur leurs causes le roi, étant assis et se-tenant-debout, dans la demeure aux-larges-portes die Pluton.

« EL après celui-ci je vis l'immense Oiion, chassant ensemble -dans la prairie remplie-d'asphodèles les bêtes que lui-même avait tuées sur les montagnes désertes, ayant dans ses mains une massue toute-d'airatu, toujours non-brisée.

et Et je vis Tityus, fils d-e la terre très-glorieuse, gisant sur le sol; et celui-ci était étende -suc neuf arpeats; et de-run-et-l'autre-côt-é lui rongeaient le foie, plongeant leur bec dans ses entrailles; ses mains ne les repoussaient point, car il avait fait violence à Latone, l'auguste épouse de Jupiter, lorsqu'elle traversait les campagnes rian-tes de Panopée pour se rendre à Pytho.

« Je vis aussi Tantale, souffrant de cruelles douleurs, debout dans un lac; l'eau s'approchait de son menton; tourmenté par la soif, il ne pouvait pas boire. Chaque fois que le vieillard se baissait pour se désaltérer, l'onde fugitive s'engloutissait aussitôt, et la terre noire apparaissait, desséchée par un dieu. De hauts arbres penchaient leurs fruits au-dessus de sa tête, poiriers, grenadiers, pommiers aux fruits magnifiques, figuiers délicieux et verdoyants oliviers ; quand le vieil-lard se dressait pour les saisir dans ses mains, le vent les enlevait jusqu'aux sombres nuées.

■ Je vis encore Sisyphe, qui souffrait de cruelles douleurs et portait entre ses bras une pierre énorme. Faisant effort des pieds et des deux-vautours assis-auprès de lui rongeaient lui au foie, plongeant dans ses entrailles ; et il ne les repoussait pas avec ses mains; car il avait entraîné (fait violence à) auguste épouse de Jupiter, [Latone, qui allait à Pytho par la riante Panopée.

ce Et aussi je vis Tantale, ayant des souffrances terribles, se-tenant-debout dans un lac; et celui-ci (le lac) s'approchait de son menton ; et il se tenait ayant-soif, mais il ne pouvait pas saisir l'eau pour boire.

Car autant-de-fois-que le vieillard se baissait, désirant boire, autant-de-fois l'eau absorbée périssait (disparaissait) ; et autour de ses pieds la terre noire apparaissait, et une divinité-la desséchait.

Et des arbres au-feuillage-élevé versaient (laissaient pendre) des d'en haut, [fruits poiriers et grenadiers et pommiers aux-fruits-brillants, et figuiers doux et oliviers fleurissants; lorsque le vieillard s'élançait pour saisir eux avec les mains, le vent alors enlevait eux vers les nuages sombres.

- « Et aussi je vis Sisyphe, ayant des souffrances terribles, portant une pierre énorme de ses deux mains. mains, il poussait la pierre vers le haut de la montagne; mais, quand elle était près d'atteindre le sommet, une force puissante la repoussait en arrière, et, se jouant de ses efforts, elle allait rouler dans la plaine. Sisyphe recommençait encore à la pousser en tendant tous ses mem-bres ; la sueur coulait de tout son corps, et des flots de poussière s'é-levaient autour de sa tête.

fi Après lui, je i is le robuste Hercule, ou du moins son image; car ce héros goûte parmi les dieux immortels la joie des festins et a pour épouse la belle Ilébé, fille du grand Jupiter et de Junon aux sandales d'or. Autour de lui retentissaient les cris des morts fuyant avec épouvante de toutes parts comme des oiseaux ; pour lui, semblable à la sombre nuit, tenant son arc nu et la flèche sur la corde, jetant çà et là des regards menaçants, il paraissait toujours prêt à frapper. Au-tour de sa poitrine étaient uu baudrier terrible et un ceinturon d'or, où se voyaient de merveilleux ouvrages, des ours, des sangliers sau-- L'ODÏSSÉE, XI. 239 Assurément lui s'appuyant ( faisant et des mains et des pieds [effort) poussait la pierre en liant vers Je sommet ; mais lorsqu'elle était-sur-le-point de franchir le faite, alors une force-puissante la faisait-retourner de nouveau ; puis la pierre impudente roulait dans la plaine. [éffort) Mais celui-ci se tendant ( faisant la poussàit derechef; et la sueur coulait de ses membres, et la poussière s'élevait de sa tête.

a Et après celui-ci je vis [cule), la force d'-Hercule (le robuste Her-ou plutôt son image ; car lui-mêmeparmi les dieux" immortels se réjouit dans les festins et possède Hébé aux-beaux-talons, fille du grand Jupiter -et de Junon aux-sandales-d'or.

Et autour de lui était une clameur -de morts fuyante-désordre de-tous-côtés, comme des ciseaux ; et lui, ressemblant à la nuit obscure, ayant son arc nu et une flèche sur la corde, [rible, regardant-çà-et-Ià d'une-façon-ter-ressemblamt toujours à un homme qui va lapcer.

Et un terrible baudrier était à lui tout-autour autour de la poitrine, un ceinturon d'-or était à lui; où des ouvrages admirables avaient été faits, et des ours et des sanglierssaavages vages, des lions formidables, des mêlées, des combats, des meurtres, des homicides. L'habile ouvrier qui mit tout son art à façonner ce travail n'en exécutera jamais un semblable. Dès qu'il m'eut vu, 11 me reconnut aussitôt, et m'adressa en gémissant ces paroles aitées : cc Noble fils de Laërte, ingénieux Ulysse, infortuné, toi aussi sans a doute tu traînes une destinée cruelle comme celle que je suppor-te tais moi-même sous les rayons du soleil. J'étais l'enfant de Jupiter, « fils de Saturne, mais j'endurais des peines infinies; car j'étais sou-- « mis aux lois d'un mortel bien plus faible que moi, qui m'imposait a de rudes travaux; un jour il m'envoya en ces lieux pour enlever le « chien, car il ne pouvait pas imaginer une autre entreprise plus pé-- * rilleuse pour moi. Je. saisis le monstre et l'entraînai hors du palais ODYSSÉE, XII.

et des lions au-regard-étiucelaut et des mêlées et des combats et des carnages et des meurtres-d'hommes.

Celui qui l'ayant fabriqué a fait-reposer (travaillé lentement) ce ceinturon sur (par) son art ne fabriquerait pas quelque autre chose pareille.

Mais celui-là (Hercule) me reconnut aussitôt, après qu'il m'eut vu de ses yeux, et gémissant il dit-à moi ces paroles ailées :

a Nohle fils-de-Laërte, a Ulysse fécond-en-inventions, « ah! infortuné, a assurément aussi toi "tu mènes (portes) a quelque mauvais destin, cc comme celui que moi je supportais a sous les rayons du soleil.

cc J'étais à la vérité le fils a de Jupiter fils-de-Saturne, a mais j'avais une misère immense; « car j'étais dompté (soumis) a fortement a par (à) un homme bien pire que moi, ce et celui-ci commandait à moi a de pénibles travaux; cc et un jour il enyoya ici moi a devant emmener le chien ; cc car il n'imaginait plus « un autre travail [pour moi « être en quelque chose plus pénible II: que celui-ci.

a Moi j'emportai celui-ci (le chien) a et l'emmenai ce de la demeure de Pluton; « de Pluton; car Mercure et Minerve aux yeux bleus me condui-- « saient.»

« A ces mots, il rentra dans la demeure de Pluton. Pour moi, je continuai à rester là, pour voir s'il viendrait encore quelqu'un des héros morts anciennement. Peut-être aurais-je vu ceux que je dési-rais, Thésée et Pirithoüs, ces glorieux rejetons des dieux ; mais au-tour de moi s'assemblaient avec un bruit immense les nations des morts ; la pâle crainte s'empara de moi, je tremblai que l'auguste Proserpine ne m'envoyât du fond des enfers la tête de la Gorgone, monstre horrible. Aussitôt donc je revins vers le vaisseau, et j'ordon-nai à mes compagnons de s'embarquer et de détacher les amarres; ils montèrent rapidement sur le navire et prirent plaçe sur leurs bancs. Le flot nous emporta sur le fleuve Océan, et au travail de la rame succéda bientôt une brise favorable.

-,Ï- -- « et Mercure avait conduit moi « et (avec) Minerve aux-yeux-bleus. »

« Ayant.dit ainsi, celui-ci s'en alla de nouveau dans la demeure de Pluton.

Mais moi je restais là avec-constance, [héros, pourvoir si quelqu'un des hwmmes qui donc avaient péri auparavant, viendrait encore.

Et j'aurais vu encore les hommes plus anciens, que je voulais voir, Thésée et Pirîthoùs, enfants très-glorieux des dieux; mais auparavant des nations innombrables de morts se rassemblaient, avec un bruit divin (inexprimable) ; et la crainte pâle saisit moi, de peur que la glorieuse Proserpine n'envoyât à moi de la demeure de Pluion la tête de-Gorgone du monstre terrible.

Aussitôt ensuite étant allé vers le vaisseau j'ordonnai mes compagnons et monter eux-mêmes et détacher lés amarres ; et eeux-ci aussitôt entrèrent dans le vaisseau [meurs.

et s'assirent sur les bancs-de-ra-- Et le Dot du courant portait celui-ci (le vaisseau) sur le fleuve Océan; d'abord le travail-de-la-rame, et ensuite un beau veat.

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