SUR LE NEUVIÈME CHANT DE L'ODYSSÉE
Page 2 : 1. Le mot TÉXOÇ est souvent aussi vague que le latin res et le français chose. Ainsi on trouve dans Homère ~OavaTou «réXoç, simple équivalent de ~ôàvaxoç, comme dans Plaute res voluptatum, qui n'en dit pas plus que voluptates.
Page 4:1. Kœ( y-eu vlioç ~oùpavôv ïxei. Énée dit de même Lia jeune chasseresse qu'il rencontre aux environs de Gartbage :
Sum pius Æneas, fama super aclhera nolns.
- 2. N~aiexàto 5' 'I~'I0àxY]v. Virgile, Énéide, III, 270 :
Jain medio apparet fluctu nemorosa Zacynlbus,
Dulichiumque, Sameque. et Neritus ardua suis.
Effugiinuj sropulos ItliacxLaertia regna,
El terrain altricem sævi exsecrainur Ulyssei.
Page 6:1. Aîau). Éa était le nom d'une île et d'une ville de Col-cliide, où la magicienne Circé avait habité; mais ce fut aussi le nom de l'île où elle s'établit sur la côte d'Italie, île qui se trouva plus tard réunie au continent et qui forma le promontoire de Circé.
— 2. KtxÓveaat, les Ciconiens, peuple de Thrace qui était venu au secours des Troyens.
Page 8 : 1. 'A~^peioy;, plus braves, parce que leur climat, plus rude que celui des Ciconiens du bord de la mer, les portait moins à la mollesse. Pomponius Méla dit de la Thrace : Regio nec cœlo leeta nec solo, et, nisi qua mari propior est, infecunda.
Page 10 : 1. Ilptv nvK TPLÇ ~ëxaarov àyaat. Dugas Montbel : Il Quand les anciens héros étaient forcés de laisser les corps de leurs compagnons en terre étrangère sans leur avoir donné la sépulture, ils les appelaient trois fois, pour que du moins leurs âmes revinssent dans leur patrie. Eustathe raconte que les Athéniens bâtissaient des cénotaphes pour ceux qui avaient péri sur mer; car ils pensaient que les âmes revenaient sur le rivage quand on les appelait trois fois par leur nom. >
— 2. IiJv ÕÈ veçÉeafft, etc. Voy. chant V, vers 293 et 294.
Page 12 : 1. Malée, aujourd'hui cap Malio ou Saint-Ange, pro-montoire du Péloponèse, à l'extrémité de la presqu'île située entre les golfes Laconique et Argolique. Ce promontoire était fort dangereux.
NOTES SUR IE IXe CHANT DE L'ODYSSÉE. 79
— 2. Cythère, aujourd'hui Cerigo, île située près de la côte méridionale de la Laconie. -
— 3. 'ElrÉÔ1)¡J.EV ya.vnç A~àwtoçixywv. Dugas Montbel : Ct Selon Stra-bon, quelques personnes pensaient que les Lothophages habitaient l'île de Ménina (aujourd'hui Zerbi), sur les côtes d'Afrique, à l'entrée du golfe nommé la petite Syrte. On citait en preuve un autel d'Ulysse, et le lotos, arbuste qui croissait en grande abondance dans cette île. L'autel d'Ulysse n'est pas une grande preuve; celle tirée du lotos serait meilleure. Toutefois observons qu'il ne résulte pas du récit d'Ulysse que les Lotophages habitassent une île; il dit ici È1rÜ;1)(1.c.v YACRtç Awtoçxywv, etc., plus loin È'It' ~Y)7tEÎpou fjt.ev, nous montons sur le continent. Or, dans notre poëte, le mot ~TjTteipoç, continent, est toujours opposé à celui de vîjcro;, île. Une scholie de Pun des manuscrits ambrosiens place les Lotophages dans la Libye. Je crois que tout ce qu'on peut dire, c'est que le pays des Lotophages était situé sur les côtes d'Afrique, à une assez faible distance de la Sicile, qu'habitaient les Cyclopes. » — Sur le lotos ou lotus, voy. Pline l'An-cien, Histoire naturelle, liv. XIII, ch. XVII.
Page 16 : 1. O~î ô' auj/ EÏçêaivov. Voy. chant iv, vers 579 et 580.
— 2. K~uxX<o7U0v Èe; yatav IxôjxeOa. Dugas Montbel : « Strabon place le pays des Cyclopes sur cette partie des côtes de la Sicile où furent ensuite les Léontins. Je croirais plutôt que les Cyclopes habi-taient les côtes occidentales de l'ile, parce que c'est l'abord le plus naturel en arrivant d'Afrique. D'ailleurs, du côté des Léontins, il n'existe aucune He en face du pays, tandis qu'à l'occident, près de Lilybée, on trouve les îlesirgades, et l'une d'elles peut très-bien être celle que désigne Ulysse un peu plus loin (v. 116). Il est même assez probable que le nom d',Egades leur fut donné à cause du grand nombre de chèvres qui s'y trouvaient, ainsi que le dit Ulysse : 'Ev ô'aÏYeçàiieipÉffiai ysydauiy (v. 118). Enfin, comme de là Ulysse se rend dans l'île d'Éole, au nord de la Sicile, sans parler du détroit de Charybde, il n'est pas naturel de supposer qu'il ait fait le tour de la Sicile pour arriver dans une contrée qui le détournait de sa route. »
Page 20 : 1. Aetr), facile, littéralement lisse, unie, où l'on ne ren-contre pas de pierres.
— 2. OùÕè ffcXrj'vr], etc. Virgile, Énéide, III, 585 :
Neque erant astrorum ignes nec lucidms æthra
Siderca polus, obscuro sed nubila cœlo,
Et lunam in nimbo nox intempesta tenebat.
Page 24 : 1. "H p' oïy' ~ûëptaraÉ ts , etc. Voy. chant VI, vers 120 et 121.
Page 28 : 1. "Ev oÉnaç &[jL~Tj<T<x<;. x~' Pline l'Ancien, His-toire naturelle, liv. XIV, ch vi : « Homère a dit qu'il faut mêler au 80 NOTES SUR LE IXe CHANT DE L'ODYSSÉE.
maronée vingt fois autant d'eau. Le vin de ce terrain est toujours aussi généreux et d'une force aussi indomptable. Mucianus, trois fois consul, un de nos derniers auteurs, a vu, se trouvant sur les lieux, mêler à un setier de vin (0 litr., 54) quatre-vingts setiers d'eau; il ajoute que ce vin est noir, parfumé et devient gras en vieillissant. » (Traduction de M. Liitré.)
Page 34 : 1. "0 Çeïvot, etc. Voy. chant III, vers 71 à 74.
— 2. , ~ôeiffàvrtûv. On attendait Seiaaaiv, mais le poëte change de tournure brusquement, par une licence dont les exemples ne sont pas rares, et emploie, au lieu du datif qu'exigeait la gram-maire, le génitif absolu : ~oeiaâvTwv (f|[Awv).
Page 40 : 1. IToxl yarçi xotct £ Ovide, Métamorphoses, XIV, 205 :
Vidi bina meorum
Ter quater aftligi sociornro corpora terne,
Quac super ipse jncens, hirsuti more leonis,
Visceraque et carnes oblisisque ossa medullis
Semianiuicsque artus avidam condebat in alvwn, Page 50 : 1. TH xal ~àvaxXivOeîç, etc. Virgile, Énéide, III, 630 :
Simul explelus dapibus vinoque sepultus
Cerviceii) inflexain pOluit, jacuitque per antrum
Immensus, saniem eructans ac frusta cruento
Per soninum commixta mero, nos, magna precati
Nnuiina sorlitique vices, una undiqlle circnra
Fundimur, et telo lumen terebraraus acuto
Ingens, quod torva solum sub fronte latebat,
Argolici clypei aut Phœbeæ lampadis instar.
Page 62 : 1. Tw xé ol, etc. On peut rapprocher de ce vers et des deux suivants ce passage d'Ovide, Métamorphoses, XIV, 192 :
O si quis referat mihi casus Ulixem,
Aut aliqucin e sociis, in quo inea sarriat ira ,
Viscera cujus edam, cujus vivenlia dextra
Membra mea laniem ,-cujus mihi sanguis inuadet
Gllttur, el l'lis: trépident sub denlibus artus!
Quam nullum aut leve sit damnum mihi lucis a~demptac!
Page 66 : 1. 'E~xéXevffa e~Sa~EE~ xMj~. Pindare, Pythiques, IV, 200 : KàpvÇe S' aùtoï; 'E~[i6aXeTv xâmaun.
Page 74 : 1. ~AacffàixeO', etc. Voy. vers 42. — 2. ail; TOTE jtév, etc. Voy. vers 161 et 162, 168 à 170, 177 à 180.
Page 76 : 1. "Ev6EV ôi, etc. Voy. vers 62 et 63.