CHANT IX
Mais Ulysse plein-de-prudence répondant dit-à lui:
Il Puissant Alcinous, distingué entre tous ces peuples, assurément ceci est beau, d'entendre un chanteur tel que celui-ci est, semblable aux dieux par son chant.
Car moi-du-moins j'affirme ne pas exister quelque chose plus que lorsque la joie [agréable possède le peuple tout-entier, et que les convives dans le palais écoutent un chanteur, étant assis à-la-file, et qu'auprès d'eux des tables sont remplies (chargées) de pain et de viandes, et qu'un échansonpuisant du vin-pur au cratère l'apporte et le verse-dans des coupes ; cette chose paraît à moi dans mon esprit être la plus belle.
Mais le cœur à toi s'est tourné vers (a eu l'idée de) demander mes chagrins déplorables, affliction et mes gémissements redoublent. Par où commencer, par où finir, quand les dieux du ciel m'ont départi tant de maux ? Je dirai d'abord mon nom, pour que vous le sachiez et que, si j'évite le jour funeste, je sois votre hôte, quoique habitant des demeures loin-taines. Je suis Ulysse, fils de Laërte, dont les féconds stratagèmes oc-cupent les hommes etdont la gloire s'élève jusqu'au ciel. J'habite hha-que exposée au couchant; dans Ithaque s'élève une superbe montagne, le Nérite au feuillage agité; autour d'elle se trouvent de nombreuses îles, rapprochées les unes des autres, Dnlychium, et Samé, et Za-eynthe boisée. Ithaque, dont les rivages sont au niveau de la mer, est la plus rapprochée du couchant, tandis que les autres regardent l'aurore et le soleil levant ; elle est âpre, mais excellente nourricière de guerriers, et pour moi je ne puis rien voir qui me soit plus doux afin que je gémisse m'affiigeant encore davantage ; quelle chose après-cela raconterai-je à toi la première, et quelle la dernière ?
car les dieux du-ciel [brellx.
ont donné à moi des chagrins noui-- Mais maintenant d'abord je dirai mon nom, afin que vous aussi le sachiez, et que moi après-cela ayant évité le jour cruel (la mort) je sois un hôte pour vous, [loin.
quoique habitant des demeures au Je suis Ulysse fils-de-Laërte, [mes qui suis-à-souci à (occupe) les hom-par mes ruses de-toute-sorte, et la gloire de moi va jusqu'au ciel.
Et j'habite Ithaque bien-située-au-couchant ; et dans elle est une montagne, le Nérite au-feuillage-agité, très-remarquable ; et autour d'elle des îles nombreuses sont habitées fort près les unes des autres, et Dulichium et Samé et Zacynthe boisée ; mais elle-même basse est située dans la mer [culée) tout-à-fait-la-plus-haute (la plus r&-vers le couchant 'et celles-ci à l'écart sont tournées vers et l'Aurore et le Soleil), âpre (rocailleuse), [garçons, mais bonne nourricière-de-jeunes-certes moi je ne peux pas voir une autre chose plus douce pour que sa terre (patrie). [chacun que mon pays. La divine Calypso m'a retenu près d'elle, dans ses grottes profondes, désirant que je fusse son époux; l'astucieuse Circé m'a arrêté dans son palais d'Éa, désirant aussi que je de-vinsse son époux; mais jamais elles n'ont persuadé mon cœur daas ma poitrine. C'est que rien n'est plus doux pour l'homme que sa patrie et ses parents, quand même, loin des siens, il habiterait sur la terre étrangère une opulente demeure. Mais allons, je te racon-terai mon retour et les maux que m'envoya Jupiter après mon départ de Troie.
« En quittant Ilion, le vent me porta chez les Ciconicns, à Ismare; je ravageai la ville et massacrai les habitants; nous enlevâmes leurs épouses avec des richesses de toute sorte, nous en fîmes le partage, el nul ne se retira sans une part égale du butin. Alors j'exhortat mes compagnons à fuir d'un pied rapide ; mais les insensés ne Or Calypso, divine entre les déesses retenait moi là (chez elle), dans des grottes profondes, désirant moi être son époux ; et pareillement Circé d'-Éa, artificieuse, m'arrêtait dans son palais, désirant moi être son époux; mais jamais elles ne persuadaient mon cœur dans ma poitrine. [pour chacun Tellement rien ne devient plus doux que sa patrie ni (et) que ses parents, si même quelqu'un habite au loin une grasse (opulente) maison sur une terre étrangère loin de ses parents.
Mais si tu veux, allons que je raconte à toi [grins, aussi mon retour abondant-en-cha-que Jupiter a envoyé à moi étant parti de Troie.
Cl Le vent emportant moi d'Ilion me fit-aborder chez les Ciconiens, à Ismare ; et là moi je saccageai la ville, et fis-périr eux ; et ayant pris de la ville des épouses (femmes) et des richesses nombreuses, nous nous les partageâmes, [à moi de-sorte-que personne ne s'en allât privé d'une part égale.
Alors assurément moi à la vérité j'engageai nous à fuir d'un pied agile; mais ceux-là grandement insensés m'écoutèrent pas. Ils buvaient le vin à longs traits et égorgeaient sur le rivage des troupeaux de brebis et des bœufs au pas lent, aux cornes recourbées. Cependant les Ciconicns qui s'étaient enfuis ap-pelèrent d'autres Ciconiens, leurs voisins, plus nombreux et plus braves, qui habitaient l'intérieur des terres et savaient combattre l'ennemi sur des chevaux et, au besoin, pied à terre. Ils arrivèrent dès l'aurore, aussi nombreux que les feuilles et les fleurs printanières ; alors le funeste destin de Jupiter se dressa contre nous, infortunés, et nous eûmes bien des maux à souffrir. On se rangea pour combattre auprès des vaisseaux rapides , et les lances d'airain firent plus d'une blessure. Tant que dura l'aurore, tant que monta le jour divin, nous repoussâmes de pied ferme des ennemis supérieurs en nombre; mai n'obéirent pas.
Et là du vin-pur était bu en-abondance, et ils immolaient de nombreuses brebis et des bœufs aux-pieds-de-Ira vers aux-carnes-tortues le-long-du rivage.
Mais pendant-ce-temps donc les Ciconiens partant pes) Ciconiens, crièrent aux (appelèrent au secours qui étaient voisins à eux en-même-temps plus nombreux et plus braves, habitant le continent, sachant à la vérité combattre des guerriers de dessus des chevaux, et, là où il faut (quand il faut), combattre chacun étant à-pied.
Ils vinrent ensuite aussi nombreux que naissent les feuilles et les fleurs dans la belle saison, arrivant-le-matin ; alors donc certes le destin funeste de Jupiter se-tint-auprès-de (fondit sur) nous à-la-deslinée-terrible (infortunés), afin que nous souffrissions des maux nombreux.
Etayant élevé (commencé) labataille ils combattirent (soutinrent) un coni-auprès des vaisseaux rapides; [bat et ils se frappaient les uns les autres avec des lances d'-airain.
Tant que le matin fut (dura) et que le jour sacré grandit, pendaut-cc-temps nous tenions-bou les repoussant quoique étant plus nombreux ;
quand le soleil déclina vers son couchant, les Giconlens domptèrent
les Grecs et les mirent en fuite. Chacun de nos vaisseaux perdit six
guerriers aux belles cnémides ; le reste échappa à la mort;
« Nous continuâmes notre course, contents d'avoir évité le trépas,
mais le cœur amigé de la perte de nos chers compagnons. Nos vais--
seaux balancés sur les flots ne s'éloignèrent pas avant que nous eus--
sions appelé trois fois à haute voix chacun des malheureux guerriers qui étaient tombés dans la plaine sous le fer des Ciconiens. Cepen-dant Jupiter qui rassemble les nuées soulève contre notre flotte les-rafales impétueuses du Borée, et couvre à la fois de nuages la terre - et l'Océan ; la nuit tombe alors du ciel. Nos vaisseaux sont jetés ho.. de leur route, et la violence du vent déchire leurs voiles en lambeaux., Nous les descendons dans les navires, car nous redoutions le trépas J mais quand le soleil retournait vers le soir, aussi alors donc les Ciconiens firent-plier les Achéens les ayant domptés. [mides Et six compagnons aux-belles-cné-de chaque vaisseau périrent; mais nous les autres nous échappâmes et à la mort et au destin.
« Et de là (loin); nous naviguâmes plus avant ( plus étant affligés dans notre cœur, contents de nous éloigner de la mort, ayant perdu de chers compagnons.
Et donc les vaisseaux ballottés-des-deux-côtés [loin), n'allèrent pas à moi plus avant (plus avant d'avoir appelé trois-fois chacun des malheureux compagnons qui avaient péri dans la plaine, massacrés-par les Ciconiens.
Mais Jupiter qui-assemble-les-nuages soulcva-contre nos vaisseaux le vent Borée avec une tempête violente, et couvrit de nuages à la fois la terre et la mer ; et la nuit s'était élancée (était tombée) dir ciel.
Ceux-ci (les vaisseaux) après-cela étaient emportés obliques (oblique-et la violence du vent [ment), fendit à eux les voiles et en-trois et en-quatre. [voiles) Et nous descendîmes celles-ci (les dans les vaisseaux,' ayant craint le trépas, et nous nous hâtons de tourner la proue vers la terre. Nous restâmes étendus deux nuits et deux jours entiers sur le rivage , accablés de fatigue et le cœur rongé de chagrins. Mais quand l'Aurore à la belle chevelure amena le troisième jour, relevant nos mats et déployant les blanches voiles, nous nous assîmes sur nos bancs; le vent et les pilotes dirigeaient les vaisseaux. Je serais arrivé sain et sauf sur la terre de ma patrie, si, au moment où je doublais le cap Malée, de rapides courants aidés par le Borée ne m'en avaient repoussé en m'éloignant de Cythère.
« Pendant neuf jours des vents funestes m'emportèrent sur la mer poissonneuse; le dixième jour, nous abordâmes au pays des Loto-pliages, qui se nourrissent de mets délicieux. Nous descendîmes à terre et puisâmes de l'eau ; puis mes compagnons se hâtèrent de prendre leur repas auprès des vaisseaux rapides. Quand nous fûmes rassasiés de nourriture et de boisson , je choisis deux guerriers aux-et précipitamment nous tirâmes eux (les vaisseaux) sur la terre-ferme.
Là nous restâmes-étendus deux nuits et deux jours continuellement toujours, rongeant notre cœur à la fois et de fatigue et de souffrances.
Mais lorsque donc l'Aurore à-la-belle-chevelure [jour, eut accompli (amené) le troisième ayant dressé les mâts et ayant hissé les voiles blanches nous nous assîmes ; mais et le vent et les pilotes dirigeaient ceux-ci (les vaisseaux).
Et je serais arrivé sain-et-sauf dans ma terre patrie, mais le flot et le courant et Borée écartèrent moi tournant (doublant) le cap Malée, et m'éloignèrent de Cythérée.
« Et de là je fus emporté neuf-jours par les vents pernicieux sur la mer poissonneuse ; mais le dixième jour nous montàmes-sur la terre des Lotophages, qui mangent une nourriture fleurie (délicieuse).
Et là nous montâmes sur la terre-ferme et nous puisâmes de l'eau ; et aussitôt mes compagnons prirent leur repas auprès des vaisseaux rapides.
Mais après que nous eûmes goûté et à la nourriture et à la boisson, quels j'adjoignis un héraut, et leur ordonnai d'aller reconnaître quels étaient les peuples qui mangeaient les fruits de cette terre. Ils parti-rent aussitôt et se mêlèrent aux peuples Lothopliages, qui ne tramè-rent point la perte de mes compagnons , mais leur firent goûter le lotus ; et ceux d'entre eux qui mangèrent de ce fruit doux comme le miel ne voulaient plus rendre compte de leur message ni revenir vers nous; mais ils souhaitaient de rester au milieu des Lotliophages pour cueillir le lotus et d'oublier le retour. Je les ramenai de force aux vaisseaux malgré leurs larmes, et les fis lier sous les bancs des ra-meurs dans les profonds navires. Puis j'ordonnai à mes compagnons chéris de monter sans retard sur la flotte rapide, afin que nul ne goûtât du lotus et n'oubliât le retour. Ils s'embarquèrent aussitôt et donc alors moi j'envoyai-en-avant des compagnons, ayant choisi deux hommes, ayant adjoint en-même-temps un héraut pour troisième pour s'informer étant allés quels hommes étaient sur cette terre mangeant du pain.
Et ceux-ci étant partis aussitôt se mêlèrent aux hommes Lotophages ; et donc les Lotophages ne préparèrent pas la mort à nos compagnons, mais ils donnèrent à eux à goûter du lotus ; [mangé mais quiconque de ceux-ci avait le fruit doux-comme-miel du lotus, il ne voulait plus annoncer en-revenant ni s'en retourner ; mais ils voulaient rester là parmi les hommes Lotophages ceuillant du lotus et oublier le retour. [force) Moi je ramenai par nécessité (par vers les vaisseaux ceux-ci pleurant, et les ayant entraînés [meurs je les attachai sous les bancs-de-ra-dans les vaisseaux creux.
Mais j'ordonnai les autres compagnons très-aimés se hâtant monter-sur les vaisseaux rapides, de peur que quelqu'un ayant mangé du lotus n'oubliât le retour.
Et ceux-ci aussitôt prirent place sur leurs bancs ; assis en ordre, ils frappaient la blanche mer de leurs rames.
« Nous continuâmes notre course, le cœur affiigé, et nous arrh â. mes sur la terre des Cyclopes superbes et violents, qui, se confiant aux dieux immortels, ne sèment aucune plante de leurs mains et ne labourent jamais ; tout croit pour eux sans semence et sans culture, le froment, l'orge, les vignes dont les larges grappes donnent le vin, et que fait grandir la pluie de Jupiter. Ils n'ont ni assemblées où l'on délibère ni lois; mais ils habitent dans des cavernes profondes au sommet des hautes montagnes; chacun gouverne sa femme et ses enfants et ne prend nul souci des autres.
« Une petite Ile se trouve à quelque distance du port des Cyclopes, ni trop près ni trop loin, et elle est couverte de forêts; les chèvres èXaxEÎa vîj aO- ~~M -- 1 1 - - 1 7cacpix Xi(j. £ rfa^ y TfaiTiç KuA^tw^jj, ovm ayefeè-ij OÛ-^^Â^QSK iùr,e<T«Tai'— entrèrent dans les vaisseaux et s'assirent sur les bancs-de-ra-et étant assis à-la-file [meurs ; ils frappaient de leurs rames la blanche mer.
« Et de là [loin), nous naviguâmes plus avant (plus étant affligés dans notre cœur.
Et nous arrivâmes dans la terre des Cyclopes superbes, sans-lois, lesquels donc se confiant en les dieux immortels, et ne plantent pas de leurs mains une plante et ne labourent pas ; mais tous ces fruits poussent sans-semence et sans-labour, les froments et les orges et les vignes, qui portent (produisent) le vin aux-grosses-grappes, et la pluie de Jupiter les fait-croître à eux.
Et à eux ne sont ni des assemblées où-l'on-délibère ni des lois ; mais ceux-ci habitent les sommets de hautes montagnes dans des cavernes creuses ; C et chacun donne-des-lois aux enfants et aux épouses, et ils ne s'occupent pas les uns des autres.
« Ensuite une petite île s'étend en-dehors-et-le-long du port de la terre des Cyclopes, l'ni près ni loin, - jîle boisée; sauvages y sont innombrables, car l'approche des hommes ne les met pas en fuite, et les chasseurs, qui endurent les fatigues dans les bois en parcourant les cimes des monts, n'entrent point dans cette île. On ne voit à sa surface ni troupeaux ni cultures ; sans semence et saus labour, elle demeure toujours veuve d'habitants et nourrit des chèvres bêlantes. Car les Cyclopes n'ont ni vaisseaux aux flancs rouges ni constructeurs pour leur bâtir de solides navires propres à chercher ce dont ils ont besoin et à visiter les cités des hommes (c'est ainsi que les mortels se rendent d'une contrée à l'autre en traversant la mer) , ni ouvriers pour rendre leur Ile opulente. Elle n'est point stérile, et produirait chaque fruit en sa saison ; près des bords de la blanche mer sont de molles et humides prairies ; la vigne y serait immortelle. et dedans sont nées des chèvres sauvages innombrables ; car les pas d'hommes ne les écartent pas ; et les chasseurs n'entrent-pas-dans elle, les chasseurs qui souffrent des maux dans la forêt, [gnes.
parcourant les sommets des monta-- Et donc elle n'est pas occupée par des troupeaux ni par des labours, mais celle-ci non-ensemencée et non-labourée est-veuve d'hommes pendant tous les jours (toujours), et nourrit des chèvres bêlantes.
Car des vaisseaux aux-flancs-rouges ne sont pas aux Cyelopes, et des hommes constructeurs de ne sont pas, [vaisseaux qui puissent travailler (fabriquer) des vaisseaux aux-bonnes-planches, qui apporteraient chaque chose, allant vers les cités des hommes (comme souvent les hommes traversent la mer sur des vaisseaux allant les uns vers les autres), et qui puissent faire à eux aussi l'île bien-habitée (opulente).
Car elle n'est pasmauvaise du moins, mais porterait (produirait) toutes choses dans-la-saison ; car dedans sont des prairies humides, molles, le-long-des rives de la mer blanchissante ; les vignes y seraient tout à fait impérissables.
Et dedans le labour Le labour serait facile; la saison venue, ils moissonneraient d'innom-brables épis, car le sol est gras et fécond. Le port est commode, et on n'y a nul besoin d'amarres ; mais, sans y jeter l'ancre et sans atta-cher des câbles au rivage, les navigateurs peuvent attendre que leur cœur les invite à partir et que le souffle du vent s'élève. Au fond du port coule une eau limpide : c'est une fontaine dans une grotte qu'entourent des peupliers. C'est là que nous abordâmes et qu'un dieu nous conduisit à travers la nuit obscure ; nous ne pouvions rien apercevoir, car des ténèbres épaisses enveloppaient nos vaisseaux et la lune ne brillait, pas dans le ciel, mais elle était voilée de nuages. Ainsi nos yeux ne découvrirent point cette île, et nous ne vîmes pas les vagues immenses qui roulaient contre le rivage avant que nos vais-seaux eussent touché la terre. Nous abordâmes et pliâmes toutes les serait uni (facile); ils moissonneraient toujours pour la saison [dante) ; une moisson fort profonde ( abon-puisqu'un sol fort gras est par-dessous.
Et dedans est un port à-bonne-rade, où il n'est pas besoin d'amarre, ni de jeter des ancres ni d'attacher des câbles, [bordé mais où il est possible ceux ayant a-rester un long temps, jusqu'à ce que le cœur des navigateurs les excite à partir et que les vents soufflent.
Mais à la tête (l'extrémité) du port coule une eau brillante (limpide), une source sous une grotte; et autour des peupliers ont grandi.
Nous abordâmes là, et un dieu nous conduisit à travers la nuit obscure ; mais rien n'apparaissait à voir; car l'air auprès des vaisseaux était profond (épais), et la lune ne brillait pas du ciel ; mais elle était enveloppée de nuages.
Alors personne ne vit l'île de ses yeux ; ni donc nous n'aperçûmes les longs (grands) flots roulant vers la terre-ferme, avantque les vaisseaux aux-bonnes-avoir (eussent) abordé. [planches Et nous descendîmes toutes les voiles aux vaisseaux ayant abordé, voiles, puis nous descendîmes sur le bord de la mer, et nous nous en-dormîmes en attendant l'Aurore divine.
« Quand parut la fille du matin, l'Aurore aux doigts de roses, nous parcourûmes l'ile avec admiration. Les nymphes, filles de Jupiter qui porte l'égide, firent lever les chèvres des montagnes, afin que mes compagnons pussent se nourrir. Aussitôt nous tirâmes de nos vais-seaux des arcs recourbés et des javelots au long fer, puis, divisés en trois troupes, nous commençâmes la chasse , et un dieu nous donna bientôt une proie abondante. Douze vaisseaux me suivaient; chacun d'eux eut pour sa part neuf chèvres, et on en choisit dix pour moi seul. Durant tout le jour, jusqu'au coucher du soleil, nous restâmes assis, savourant des mets abondants et un vin délicieux. Car le vin de nos navires n'était pas épuisé, mais il en restait encore ; nous en avions rempli de nombreuses amphores lorsque nous avions pris la ville sa-crée des Ciconiens. Nos regards se portaient près de nous sur la terre et nons sortîmes nous-mêmes sur le bord de la mer ; et là nous étant endormis nous attendîmes l'Aurore divine.
« Mais quand parut l'Aurore née-le-matin aux-doigts-de-roses, admirant l'île nous circulions dans elle.
Et les nymphes, filles de Jupiter qui-a-une-égide, firent-lever les chèvres des-montagnes, afin que mes compagnons dînassent.
Aussitôt nous prîmes de dessus les vaisseaux, des arcs recourbés et des épieux au-loug-manche, et arrangés (divisés) en-trois nous lancions ; et aussitôt un dieu [cœur.
nous donna une chasse douce-au-- Douze vaisseaux suivaient moi, et neuf chèvres échurent à chaque vaisseau; et j'en mis-de-côté dix pour moi seul.
Ainsi alors tout le jour jusqu'au soleil couchant nous fûmes assis [(abondantes) nous régalant et de viandes infinies et de vin-pur doux.
Car le vin rouge n'avait pas été consommé encore de dessus les vaisseaux, mais il y en avait-dedans ; car chacun nous en puisâmes en-a-dans des amphores, [bondance ayant pris la ville sainte des Ciconiens.
Et nous regardions des Cyclopes, nous voyions leur fumée , nous entendions leurs cris, ceux de leurs chèvres et de leurs brebis. Quand le soleil se coucha et que la nuit fut venue, nous nous étendîmes au bord de la mer. Mai& lorsque parut la fille du matin, l'Aurore aux doigts de roses, je réu-nis mes compagnons et leur parlai ainsi :
« Restez ici, chers compagnons; moi, avec mon vaisseau et mes a guerriers, j'irai reconnaître quels sont ces hommes; je verrai s'ils « sont farouches, violents, injustes, ou bien s'ils sont hospitaliers « et si leur cœur craint les dieux. «
« En achevant ces mots, je montai sur mon vaisseau; j'ordonnai à mes compagnons de me suivre et de détacher les câbles. Ils s'em-barquèrent aussitôt et prirent place sur leurs bancs; assis en ordre, ils frappaient la blanche mer de leurs rames. Quand nous fûmes arri-- ODYSSÉE, IX.
vers la terre des Cyclopes, qui étaient près, et nous voyions la fumée et entendions la voix et d'eux-mêmes et des brebis et des chèvres.
Mais quand le soleil se coucha et que l'obscurité survint, donc alors nous nous endormîmes sur le bord de la mer.
Et quand parut l'Aurore née-du-matin aux-doigts-de-roses, aussi alors ayant établi (réuni) une assemblée je dis au-milieu-de tous :
« Vous autres à la vérité « restez maintenant, « compagnons très-chers à moi ; « mais moi étant allé « avec et mon vaisseau « et mes compagnons, [mes-ci 1 j'essayerai de connaître ces hom-- « quels ils sont ; et si donc ceux-ci sont ou et violents, a et farouches, et non justes, « ou amis-des-étrangers, cc et si un esprit craignant-les-dieux « est à eux.»
« Ayant dit ainsi je montai sur le vaisseau ; et j'ordonnai mes compagnons et monter eux-mêmes et détacher les amarres.
Et ceux-ci aussitôt entrèrent dans le vaisseau et s'assirent sur les bancs-de-ra-et étant assis à-la-file [meurs; ils frappaient de leurs rames la blanche mer. -- Mais lorsque déjà nous fûmes arrivés dans cet endroit, vés dans cette contrée, qui était près de nous, nous aperçùmes sur le rivage, non loin de la mer, une haute caverne ombragée de lauriers ; elle servait d'étable à de nombreux troupeaux de chèvres et de bre-bis ; la cour était fermée par une enceinte de pierres solides, de grands pins et de chênes à l'altière chevelure. Là habitait un homme dUine taille prodigieuse, qui seul, à l'écart, faisait paître ses troupeaux ; il ne fréquentait pas les autres Cyclopes, mais, vivant dans la solitude, il ne connaissait que la violence. C'était un monstre horrible; il ne ressemblait pas à l'homme qui se nourrit des fruits de la terre, mais à ces cimes boisées des hautes montagnes, qui se détachent des autres sommets.
«r l'ordonnai à mes chers compagnons de rester auprès du vaisseau pour le protéger ; je choisis parmi eux les douze plus braves, et je me mis en marche ; j'avais avec moi une outre remplie d'un vin noir et délicieux que m'avait donné Maron, fils d'Élanthès, prêtre d'Apol-qui était près, là donc sur le bord; près de la mer, nous vîmes une caverne haute, ombragée de lauriers; et là un nombreux bétail, et brebis et chèvres, étaient-à-l'étâble ; et autour une cour haute avait été construite avec despierres enfoncées-profondéinent, et avec des pins longs (élevés) et des peupliers à-la-haute-cheve-- Et là habitait flure.
un homme énorme, qui donc seul faisait-paître le bétail au loin ; et il n'allait pas vers les autres, mais étant (se tenant) à l'écart savait des choses iniques (ne con-- Et en effet [naissait que l'iniquité il avait été fait (il était) un prQdige énorme; et il ne ressemblait pas du moins à un homme qui-mange-du-pain, mais à un sommet boisé de hautes montagnes, lorsqu'il apparaît seul à l'écart-des autres.
« Donc alors j'ordonnai les autres compagnons très-aiinds et rester là auprès du vaisseau et garder le vaisseau ; mais moi ayant choisi les douze meilleurs des compagnons je me-mis-en-marche; mais j'avais une outre dc-bouc de vin noir, doux, qu'avait donné à moi Maron, Ion, habitant la ville d'Ismare, parce que nous l'avions protégé avec respect, lui, son fils et sa femme : car il demeurait dans un bois épais consacré à Phébus Apollon. Il m'avait offert de magnifiques présents : sept talents d'un or travaillé avec art, une coupe d'argent massif; il avait puisé pour moi dans douze amphores un vin pur et généreux, breuvage divin qui n'était connu de nul dans sa maison, ni serviteur ni servante, mais de lui seul, de son épouse chérie et de son in-tendante. Quand ils bjivaient ce vin ronge et délicieux, il en remplis-sait une coupe et la versait dans vingt mesures d'eau; un parfum suave et divin s'exhalait du cratère, et il eût été bien pénible alors de s'abstenir. J'en avais emporté une grande outre, et des vivres dans un sac; car déjà mon noble cœur pressentait que je rencontrerais fils d'Évanthée, prêtre d'Apollon, qui gardait Ismare, parce que nous avions protégé lui avec son enfant et sa femme les respectant; car il habitait [bres dans le bois-sacré abondant-en-ar-de Phébus Apollon.
Et il avait donné à moi des présents magnifiques :
il donna à moi sept talents d'or bien-travaillé; et il donna à moi un cratère tout-d'argent ; mais (et) ensuite ayant puisé dans douze amphores en-tout un vin doux, non-mélangé (pur), boisson divine, il me les donna ; et aucun des serviteurs ni des servantes dans la maison ne connaissait lui (ce vin) , mais seulement lui-même et son épouse chérie et une seule intendante.
Et lorsqu'ils buvaient ce vin rouge doux-comme-miel, ayant rempli une-seule coupe il la versait dans vingt mesures d'eàu; et une odeur douce, divine , s'exhalait du cratère; alors il n'aurait pas été agréable de s'abstenir. [outre Ayant rempli de ce vin une grande je J'emportais ; et des provisions aussi dans un sac ; car aussitôt le cœur généreux se figura à mol un homme devoir survenir, un homme revêtu d'une puissante vigueur, sauvage el ne connaissant ni lois ni justice.
« Nous arrivons bientôt à sa caverne, mais nous ne l'y trouvons point; il faisait paître alors ses gras troupeaux. Nous entrons et nous contemplons chaque objet avec admiration : les paniers de jonc étaient chargés de fromage, les étables remplies d'agneaux et de chevreaux; mais ils étaient séparés: d'un côté les plus vieux, puis les moins grands, enfin ceux qui venaient de naître. Tous les vases débordaient de petit-lait, ainsi que les terrines et les bassins dans lesquels il trayait ses troupeaux. Tout d'abord mes compagnons me supplient de prendre quelques fromages et de partir, puis de chasser à la hâte hors de l'étable' vers le rapide vaisseau les agneaux et les chevreaux , et de voguer sur l'onde amère. Je n'écoutai point ce conseil, qui était pour-revêtu d'une grande force, sauvage , ne connaissant bien ni la justice ni les lois. [vtrne
« Et nous arrivâmes dans la ca-promptement, et nous ne trouvâmes pas lui au dedans, mais il faisait-paître son bétail dans un pâturage gras.
Et étant entrés dans la caverne nous admirions chaque chose ; les claies étaient chargées de fromages, et les étables étaient remplies d'agneaux et de chevreaux ; et les brebis et les chèvres étaient séparées chacunes : [enfermées à l'écart les vieilles, et à l'écart celles entre-deux-âges , et à l'écart à-leur-tour celles nouvellement nées; et tous les vases, et terrines et bassins, façonnés-avec-travail, dans lesquels il trayait, ruisselaient de petit-lait.
Là tout-d'abord les compagnons priaient moi par leurs paroles, demandant nous prenant quelques-uns des fromages aller en arrière (nous en retourner), mais ensuite ayant chassé promptement hors des étables' vers le vaisseau rapide et chevreaux et agneaux , naviguer-sur l'eau salée; mais je ne les écoulai pas (et assurément cela aurait été beaucoup-plus avantageux), tant le plus sage : je voulais voir si le Cyclope m'offrirait les présents de l'hospitalité; mais son arrivée devait être funeste à mes compa-gnons.
« Nous allumons le feu pour les sacrifices et nous prenons quelques fromages que nous mangeons ; puis, assis dans la caverne, nous atten-dons jusqu'au moment où il revient du pâturage. Il portait une charge énorme de bois sec pour apprêter son repas; il la jette en dehors de la caverne avec un grand bruit; pour nous, épouvantés, nous nous sauvons au fond de l'antre. Alors il chasse ses gras troupeaux dans la vaste grotte, ou du moins toutes les femelles qu'il veut traire, et laisse à l'entrée les mâles, béliers et boucs, en dehors de l'étable immense. Puis il soulève une grande et lourde pierre pour fermer la caverne; vingt-deux chariots solides, à quatre roues, n'auraient pu l'arracher du sol , tant était haut le quartier de roche qu'il mit à l'entrée de sa de-afin que je visse et lui-même (le Cy-et s'il donnerait à moi [clope), des présents-d'hospitalilé ; et il ne devait pas certes ayant paru être agréable à mes compagnons.
« Et là ayant allumé du feu nous fîmes-des-sacrifices, et aussi nous-mêmes prenant quelques-uns des fromages nous les mangeâmes ; et nous attendîmes lui au dedans étant assis, jusqu'à ce qu'il survînt faisant-paître ses troupeaux ; et il portait une charge pesante de bois sec, [souper.
afin que cela fût à lui servant-au-- Et rayant jeté en dehors de lacaverne il fit du bruit; et nous ayant craint nous nous élançâmes au fond de la caverne.
Mais celui-ci chassa dans la vaste caverne ses bêtes grasses, absolument toutes celles qu'il trayait, et il laissait à la porte les mâles, et béliers et boucs , en dehors de la bergerie profonde.
Mais ensuite [meture il plaça une grande pierre-de-fer-l'ayant élevée en haut, pierre pesante; deux et vingt (vingt-deux) chariots bons (solides), à-quatre-roues, n'auraient pas enlevé cette pierre du sol ; si-grande était la haute pierre qu'il plaça à la porte. meure. Il s'assied et trait avec soiu les brebis et les chèvres bêlautes, puis il fait approcher les agneaux de leurs mères. Ensuite il fait cail-ler la moitié de son lait éclatant de blancheur, le dépose et l'entasse dans des corbeilles de jouc; il verse le reste dans des vases pour le boire ensuite et en faire son repas du soir. Après avoir promptemeiit terminé ces travaux, il allume du feu, nous voit et nous interroge :
« Étrangers, qui dles-vous? d'où venez-vous à travers les plaines « humides? Est-ce uii intérêt qui vous amène, ou bien errez-vous « au hasard sur les flots, comme ces pirates qui voguent à l'aventure, c exposant leurs têtes et porLanl le ravage chez les étrangers? »
« Il dit, et notre cœur se brisa ; nous fûmes remplis d'effroi en entendant cette voix terrible, en voyant ce corps monstrueux. Cepen-dant je lui répondis en ces termes ; Et étant assis il trayait les brebis et les chèvres bêlantes, faisant toutes choses selon la convenance, et il envoya un petit sous chaque mère.
Et aussitôt ayant fait-cailler la moitié du lait blanc, il le déposa l'ayant entassé dans des éclisses tressées; et il plaça à-son-tour l'autre moitié dans des vases , afin qu'elle fût à lui à boire la prenant, [per.
et qu'elle fût à lui servant-au-sou-- Mais après que s'étant appliqué il eut fait-à-Ia-hâte ses travaux, aussi alors il alluma le feu et regarda, et interrogea nous :
« 0 étrangers, qui êtes-vous?
« d'où venant naviguez-vous Il sur les routes humides ?
« ou bien est-ce en quelque chose a pour une affaire, « ou bien errez-vous sur mer « à l'aventure, Il et comme des pirates , « qui vont-au-hasard , « exposant leurs vies, « portant du mal (le ravage) « à ceux d'un-autre-pays 1 »
« Il dit ainsi ; et de nouveau te cœur chéri fut brisé à nous, nous ayant craint et la voix forte , et lui-même monstrueux.
Mais même ainsi (malgré cela) répondant je parlai-à lui en ces termes :
« Nous sommes des Grecs qui revenons de Troie; égarés par des « vents contraires sur le gouffre immense des eaux, nous cherchions « notre patrie, et nous avons été emportés sur d'autres routes : telle « était sans doute la volonté de Jupiter. Nous nous faisons gloire d'être « les soldats d'Agamemnon fils d'Atrée, dont la renommée est sans a bornes sous les cieux; car il a dévasté une cité puissante et détruit « des peuples nombreux. Nous sommes venus embrasser tes genoux, « espérant que tu nous offrirais les dons de l'hospitalité ou que tu * nous ferais du moins quelque présent, comme il est d'usage avec « avec les étrangers. Héros puissant, respecte les dieux ; car nous « sommes tes suppliants. Jupiter venge les suppliants et les hôtes, « Jupiter hospitalier, compagnon des augustes étrangers. »
« Je parlai ainsi; et il me répondit d'un cœur impitoyable: « Tu c es insensé, étranger, ou lu viens de bien loin, toi qui m'engages
« Nous certes Achéens « égarés en partant de Troie « par des vents de-toute-sorte « sur le grand gouffre de la mer, « nous élançant vers notre demeure, « nous sommes venuç par une autre « par d'autres chemins ; [route, « Jupiter sans-doute voulait - cc arranger les choses ainsi.
« Et nous nous vantons « d'être tes peuples (soldats) cc d'Agamemnon fils-d'Atrée, « duquel assurément cc maintenant du moins « la gloire est très-grande 01. sous-le-ciel ; [a ravagée, « si-grande en effet est la ville qu'il « et il a détruit « des peuples nombreux.
Cl Et nous à-notre-tour te rencontrant « nous sommes venus à tes genoux, Il pour voir si tu nous donnerais « quelque présent-hospitalier « ou si aussi autrement « tu nous donnerais un don, lequel usage est celui des hôtes.
« Mais , ô très-bon , « respecte les dieux ; « et nous sommes suppliants à toi.
« Car Jupiter est le vengeur « et des suppliants et des hôtes, Cl Jupiter hospitalier, [che avec) « qui accompagne ensemble (mar-- « les étrangers vénérables.
« Je dis ainsi ; et lui sur-le-champ répondit à moi d'un cœur impitoyable :
« Tu es insensé, ô étranger, « ou tu es venu de loin, « à craindre les dieux, à éviter leurs coups. Les Cyclopes n'ont souci « ni de Jupiter qui porte l'égide pi des dieux bienheureux ; car nous « sommes bien plus puissants qu'eux. Je n'épargnerais ni toi ni tes c compagnons pour fuir le courroux de Jupiter , si mon cœur ne « m'y engageait. Mais voyons, dis-moi où tu as laissé ton solide « navire; est-ce à l'extrémité de l'île ou près d'ici? Fais-le-moi « savoir..
c Il dit pour m'éprouver; mais mon esprit habile ne s'y laissa point prendre, et je lui fis cette réponse artificieuse : « Neptune qui ébranle la terre a brisé mon vaisseau en le jetant « contre des rochers à l'extrémité de votre terre; il l'a fracassé contre a le promontoire, et le vent de la mer en a emporté les débris; j'ai « échappé avec ceux que tu vois à une fin terrible. »
« Je dis, et dans son ccur impitoyable il ne me répondit rien ; a toi qui invites moi u ou à craindre u ou à éviter le courroux d. s dieux.
« En effet les Cyclopes « ne se soucient pas « de Jupiter qui-a-une-égide, « ni des dieux bienheureux; « car nous sommes « beaucoup plus puissants qu'eux a Et moi je n'épargnerais Il ni toi ni tes compagnons « évitant (pour éviter) « la haine de Jupiter, « si mon cœur n'y engage pas moi.
Il Mais dis à moi « où étant venu tu as arrêté « ton vaisseau bien-fabriqué, .< ou quelque-part à l'extrémité « ou aussi auprès d'ici, « afin que je le sache. »
u II dit ainsi m'-éprouvant ; [par) moi mais il n'échappa pas à (fut pénétré qui sais beaucoup de choses ; mais je dis-à lui de nouveau avec des paroles artificieuses :
Il Neptune « qui-ébranle-la-terre Il a brisé à moi le vaisseau, « l'ayant jeté contre des rochers « aux extrémités de votre terre, u l'ayant fait-approcher « d'un promontoire; [porté; « et le vent venant de la mer l'a cm-u mais moi avec ceux-ci « j'ai évité une perte terriblé,,,
« Je dis ainsi; et lui ne répondit rien à moi -dans son cœur impitoyable ; mais celui-ci s'étant élancé mais il s'élança les mains étendues sur mes compagnons; il en saisit deux et les heurta contre, terre comme de jeunes chiens; leur cer-velle coulait sur le sol qu'elle inonda. Il dépeça ensuite leurs mem-bres et apprêta son repas; il les dévorait comme un lion nourri sur les montagnes, et il ne laissa ni entrailles ni chairs ni os remplis de moelle. Pour nous, témoins de ces horribles forfaits, nous élevions les mains en pleurant vers Jupiter, et le désespoir s'emparait de notre cœur. Quand le Cyclope eut rempli son vaste estomac, man-geant des chairs humaines et buvant du lait pur, il s'étendit dans la caverne au milieu de ses troupeaux. Je voulais en mon cœur magna-nime m'approcher de lui, tirer du fourreau mon épée acérée et l'en frapper à la poitrine, cherchant avec ma main l'endroit où le péri-carde enveloppe le foie; mais une autre pensée me retint. Nous de-vions périr dans cet antre d'un affreux trépas; jamais nos mains jeta ses mains sur mes compagnons ; et en ayant saisi deux il les frappait contre terre comme de jeunes-chiens ; et leur cervelle coulait sur-le-sol, et mouillait la terre.
Et ayant dépecé eux par-membres il prépara son repas-du-soir ; et il mangeait [tagnes, comme un lion nourri-sur-les-mon-et ne laissa pas et les entrailles et les chairs et les os remplis-de-moelle.
Mais nous pleurant nous levâmes les mains vers Jupiter; voyant ces actions cruelles; et le désespoir occupait notre cœur.
Mais après que le Cyclope eut rempli son vaste estomac, mangeant des chairs humaines et buvant par-dessus du lait sans-mélauge (pur), il restait-couché au dedans de l'antre s'étant étendu parmi le bétail.
Moi à la vérité je délibérai en mon cœur magnanime, [ché), étant allé plus près (m'étant appro-ayant tiré d'à côté de ma cuisse mon épée aiguë, de frapper lui à la poitrine, à l'endroit où le péricarde enveloppe le foie, ayant tâté avec la main ; mais une autre pensée retenait moi.
En effet nous aussi nous aurions péri là d'une mort terrible ; car nous n'aurions pas pu écarter avec nos mains n'auraient pu écarter de la porte élevée la roche énorme qu'il y avait placée. Nous attendlmes donc en gémissant l'Aurore divine*
« Quand parut la fille du matin , l'Aurore aux doigts de roses, il alluma du feu et se mit à traire avec soin ses magnifiques troupeaux, puis il fit approcher les agneaux de leurs mères. Après avoir prompte-ment terminé ces travaux, il saisit encore deux de mes compagnons, el prépara le repas du malin. Ce repas achevé, il chassa ses gras troupeaux hors de la caverne el enleva sans peine la pierre immense; mais il la remit aussitôt, comme s'il eût placé un couvercle sur un carquois. Le Cyclope, avec un grand bruit, dirigea ses gras troupeaux vers la montagne; moi, je restais là, roulant au fond de mon cœur de funestes desseins, désirant me venger, si Minerve exauçait mon vœu. Voici le parti qui me sembla le meilleur. Le Cyclope avait placé de la porte élevée la pierre pesante qu'il y avait placé.
Ainsi alors gémissant nous attendîmes l'Aurore divine.
« Mais quand parut l'Aurore née-du-matin aux-doigts-de-roses, aussi alors il allumait du feu et trayait ses bêtes magnifiques, faisant toutes choses selon la convenance, et il envoya un petit sous chaque mère.
Mais après que s'étant appliqué il eut fait-à-la-hâte ses travaux, celui-ci de nouveau ayant saisi deux de mes compagnon s apprêta son repas-du-malin.
Et ayant fait-son-repas il chassa-hors de l'antre son bétail gras, ayant enlevé aisément la grande pierre-de-la-porte ; mais ensuite il la plaça de nouveau, comme s'il avait mis un couvercle à un carquois.
Et avec un grand bruit le Cyclope tourna (dirigea) vers la montagne son bétail gras ; [verne mais moi je fus laissé dans la ca-roulant-profondément des pensées funestes, si de-quelque-façon je pourrais me venger, et si Minerve donnerait à moi l'accomplissement de mon vœu.
Et cette résolution-ci paraissait à moi la meilleure dans mon cœur. au fond de l'étable une énorme branche verte d'olivier, qu'il avait coupée afin de s'en servir lorsqu'elle aurait séché; quand nous la re-gardions, nous la comparions au mât d'un noir vaisseau à vingt rangs de rames, vaste bâtiment de transport traversant le gouffre immense : telles étaient en effet sa grosseur et sa hauteur. Je m'approchai et j'en coupai la longueur d'une brasse, que je donnai à mes compagnons en leur ordonnant de l'amincir. Ils la rendirent unie, et alors je m'avan-çai et en affilai l'extrémité, puis, pour la durcir, je la passai dans un feu ardent. Je la cachai ensuite sous le fumier qui était amoncelé abondamment dans l'étable. J'ordonnai à mes compagnons de tirer au sort entre eux qui aurait le courage de prendre avec moi ce pieu et de l'enfoncer dans l'œil du Cyclope, quand le doux sommeil se serait emparé de lui. Les quatre que le sort désigna furent ceux que En effet une grande massue était étendue dans l'étable du Cyclope, verte, d'-olivier : [ tâ L il avait coupé elle, afin qu'il la por-quand elle serait desséchée; et nous la regardant nous comparions elle, [mât la trouvant aussi grande que le d'un vaisseau noir à-vingt-rangs-de-rames, vaisseau de-charge, large, qui traverse le grand gouffre :
aussi-grande était sa longueur, aussi-grande son épaisseur à voir.
Moi m'étant tenu-auprès je coupai de cette massue autant qu'une brasse, [gnons, et la mis-auprès-de mes compa-et leur ordonnai de l'aiguiser.
Et ceux-ci la firent unie; et moi m'étant tenu-auprès je l'affilai à-l'extrémité, et aussitôt Payant prise je la tournai-à-la-flamme dans un feu ardent.
Et je déposai bien elle l'ayant cachée sous du fumier, qui donc était répandu dans la caverne grandement assez abondant.
Mais j'ordonnai les autres être agités (tirés) au sort, pour savoir qui oserait avec moi ayant élevé le pieu l'enfoncer dans l'œil du Cyclope, quand le doux sommeil viendrait à Et ceux-ci tombèrent-au-sort, [lui.
que aussi moi-même j'aurais voulu choisir, 4 G j'aurais voulu choisir moi-même; je faisais le cinquième avec eux. Le soir, le Cyclope retint, conduisant ses brebis à la belle toison; il lit entrer aussitôt ses gras troupeaux dans la vaste caverne, sans ex-cepter une seule tête; il n'en laissa pas un seul hors de la cour im-mense, soit qu'il eût un pressentiment ou que ce fût la volonté d'un dieu. Puis il souleva la roche immense, et la reposa & sa place ; il s'agit et se mit à traire avec soin les brebis et les chèvres bâtantes, puis il fit approcher les agneaux de leurs mères. Après avoir promptement terminé ces travaux, il saisit encore deux de mes compagnons et ap-prêta le repas du soir. Alors je m'approchai du Cyclope, tenant dans mes mains une coupe de vin noir, et je lui dis 1
c Cyclope, prends et bois ce vin, maintenant que tu t'es repu de c chairs liumaiues, afin que tu saches quelle boisson recélait notre « navire; je t'en apportais une libation, espérant que tu aurais pitié « de moi et me laisserais retourner dans ma patrie ; mais la fureur quatre, mais moi je fus choisi cinquième avec ceux-ci.
Et il vint arrivant-le-soir [toison ; faisant-paître ses bêtes à-la-belle-et aussitôt il chassa dans la large caverne ses bfites grasses, absolument toutes; et jl n'en laissa pas quelqu'une hors de la bergerie profonde, [chose, soit donc ayant pressenti quelque soit aussi qu'un dieu ordonnât ainsi.
Mais ensuite il plaça une grande pierre-de-fermeture l'ayant élevée en haut, et s'étant* assis il trayait les brebis et les chèvres bêlantes, faisant toutes choses selon la convenance, [mère.
et il envoya un petit sous chaque Mais après que s'étant appliqué il eut fait-à-la-hâte ses travaux, celui-ci de nouveau ayantsaisi deux de mes compagnons apprêta son repas-du-soir.
Et alors moi m'étant tenu auprès je dis au Cyciope, ayant entre mes mains une coupe de via noir :
« Cyclope, tiens, * bois du vin, [humaines, -- « après que tu as mangé des chairs « afin que tu saches « quelle boissson que-voici « notre vaisseau cachait (renfermait); CI et j'apportais à toi de-mon-côté cc une libation, « si ayant eu-pitié « tu envoyais (laissais aller) moi « est sans bornes. Insensé, comment quelqu'un des innombrables « mortels voudrait-il jamais venir vers toi? Tu n'agis pas selon la 1 justice. »
a Je parlai ainsi; il prit la coupe et but; ce délicieux breuvage remplit son cœur de joie, et il m'en demanda une seconde fois :
1 Donne-m'en encore de bon cœur, et dis-moi vite ton nom, afin « que je t'offre un présent d'hospitalité qui te réjouisse. La terre « nourricière produit aussi du vin pour les Cyclopes dans de grosses « grappes que fait croître la pluie de Jupiter; mais celui-ci me sem-- « ble un filet d'ambroisie et de nectar. »
« Il dit, et je lui donnai encore du vin noir; trois fois je lui offris la coupe, et trois fois l'insensé la vida. Quand le vin se fut emparé de son esprit, je lui adressai ces paroles caressantes : ODYSSÉE, VIII.
« dans ma demeure ; « mais tu agis-en-furieux « non d'une-manière-supportable.
« Insensé, o comment encore dans-la-suite « quelque autre des hommes nom-- « viendrait-il vers toi? [breux « car tu as agi « non selon la convenance. »
« Je dis ainsi ; et lui reçut et but; [ment) et il fut réjoui étrangement (grande-buvant la douce boisson ; et il en demandait à moi une-seconde-fois de nouveau :
« Donne-m'en encore « bienveillant (avec bienveillance), « et dis-moi ton nom 41 sur-le-champ maintenant, « afin que je donne à toi « un présent-d'hospitalité, « dont tu te réjouisses.
« Et en effet la terre généreuse « porte (produit) pour les Cyclopes a du vin à-grosses-grappes, « et la pluie de Jupiter « en fait-croître à eux ; « mais ceci « est un fragment (coule de la source) « de l'ambroisie et du nectar, u
« Il dit ainsi; mais je donnai à lui de nouveau du vin noir; [tant, je lui en donnai trois-fois l'appor-et trois-fois il but dans sa sottise.
Mais après que le vin [prit, eut enveloppé le Cyclope en son es-aussi alors donc je dis-à lui avec des paroles caressantes :
cc Cyclope, tu demandes mon illustre nom? Eh bien, je vais te le a dire; mais donne-moi le présent d'hospitalité que tu m'as promis. « Mon nom est Personne; mon père, ma mère et tous mes compa-- « gnons m'appellent Personne. Il
« Je dis, et sur-le-champ il me répondit d'un cœur impitoyable : u Je mangerai Personne le dernier, après ses compagnons, et tous les u autres avant lui ; ce sera là mon présent d'hospitalité. Il
« A ces mots, il se renverse et s'étend sur le dos, son cou épais in-cliné sur ses épaules; le sommeil qui dompte tous les sens s'empare de lui; le vin et les lambeaux de chair humaine s'échappent de son gosier, et il les rejette appesanti par l'ivresse. Alors j'enfonçai le pieu sous une cendre épaisse, jusqu'à ce qu'il fût brûlant, puis j'exhortai tous mes compagnons, afin que nul d'eux ne reculât de frayeur. Au moment où la branche d'olivier, quoiqu'elle fût verte, allait s'en-flammer dans le feu et répandait déjà une vive clarté, je m'empressai L'ODYSSÉE, IX. NI - « Cyclope, tu demandes à moi « mon nom illustre?
« eh bien je le dirai à toi ; « mais toi donne-moi « un présent-d'hospitalité, Q comme tu l'as promis.
« Le nom à. moi est Personne; « et ma mère et mon père a et tous mes autres compagnons « appellent moi Personne, »
» Je dis ainsi; et lui aussitôt répondit à moi dans son cœur impitoyable :
« Je mangerai Personne le dernier « après ses compagnons, « et les autres auparavant ; « et ceci sera pour toi « un présent-d'hospitalité. » - [rière
«n dit et s'étant penché-en-ar-il tomba à-la-renverse; mais ensuite il était étendu ayant incliné son cou épais ; et le sommeil qui-dompte-tout s'empara de lui ; et le vin s'élançait de son gosier et (avec) des morceaux humains ; et il rotait étant-chargé-de-vin.
Et alors moi je poussai le pieu sous une cendre abondante, jusqu'à ce qu'il fût chauffé ; et j'encourageais par mes paroles tous mes compagnons, de peur que quelqu'un ayant craint ne se retirât à moi.
Mais lorsque donc le pieu d'-olivier allait bientôt s'allumer dans le feu, quoique étant vert, et Drillail-à-lravers la cendre étrangement (grandement), de la retirer du foyer, et mes compagnons se rangèrent autour de noi; une divinité nous inspira une grande audace. Saisissant la branche acérée, ils l'enfoncèrent dans l'oeil du Cyclope, et moi, n'appuyant dessus, je la faisais tourner. Ainsi, lorsqu'un homme pe!tC avec une tarière la poutre d'un navire, d'autres, au-dessous de lui, prenant en main une courroie\. font tourner la tarière qui court sans s'arrêter; de même nous faisions tourner dans l'œil du Cyclope la branche embrasée, et.autour d'elle ruisselait le sang. Une ardente vapeur dévorait ses sourcils- et ses paupières, sa prunelle s'enflammait, et les racines de l'œil se consumaient avec bruit. Comme un forge-ron plonge dans l'eau froide, pour la tremper, une grande hache ou une cognée qui gronde et frémit, car c'est là ce qui fait la force aussi alors moi je l'apportai plus près le tirant du feu, et mes compagnons se tinrent au-mais une divinité [tour ; nous inspira une grande audace.
Ceux-ci ayant pris le pieu d'-olivier, l'appuyèrent aigu au haut-de l'œil ; et moi d'au-dessus m'étant dressé je le tournais.
Comme lorsqu'un homme perce avec la tarière une poutre de-vaisseau, et que d'autres d'au-dessous l'ayant touchée (saisie) de-l'un-et-l'autre-côté la font-mouvoir avec une courroie, et celle-ci (la tarière) court (tourne)constamment toujours:
ainsi ayant pris le pieu aiguisé-au-feu nous le faisions-tourner dans l'œil de celui-ci, [pieu et le sang coulait-autour-de lui (du qui était chaud.
Et la vapeur (chaleur) brûla à lui les paupières tout-entières et les sourcils autour de l'œil, la prunelle brûlant; et les racines de l'œil petillaient à lui par le feu.
Et commelorsqu'un homme forgeron plonge dans l'eau froide une grande hache ou une cognée sifflant grandement, la trempant (pour la tremper) ; car ceci ensuite est la force du fer, ainsi l'œil du Cyclope sifflait autour de la branche d'olivier.
pousse un gémissement terrible dont retentissent les rochers voi-sins, et nous nous éloignons remplis d'épouvante. Il arrache de son œil la branche toute souillée de sang; puis, égaré de fureur, il la re-jette loin de lui. Il appelle à haute voix les Cyclopes qui habitaient autour de lui dans des grottes les promontoires battus des vents; à ses cris ils accourent de tous côtés, et, se tenant autour de la caverne, ils lui demandent ce qui le tourmente :
« Pourquoi, Polyphème, pousses-tu ces cris de détresse au milieu « de la nuit divine et nous prives-tu de sommeil? T'enlève-t-cil « malgré toi tes troupeaux, ou crains-tu qu'on ne te fasse périr par « ruse ou par violence ? Il
« Le robuste Polyphème leur répond du fond de sa caverne : « 0 mes amis, Personne me fait mourir par ruse, et non par vio-le lence. » du fer du moins :
ainsi l'œil de lui sifflait autour du pieu d-olivier. [terrible ; Et il gémit grandement d'une-façon-et le rocher retentit autour ; et nous ayant craint nous nous élançâmes loin.
Mais il retira le pieu de son œil, souillé d'un sang abondant; puis il jeta lui loin de lui avec ses mains étant-hors-de-lui de douleur.
Mais il appelait grandement (à haute les Cyclopes, [voix) qui donc habitaient autour de lui dans des cavernes sur les promontoires battus-des-vents ; et ceux-ci entendant le cri venaient-en-foule [côté; l'un d'un côté l'autre d'un-autre-et se tenant autour de la caverne ils demandaient ce qui tourmentait lui :
« En quoi étant affligé, « Polyphème, Il as-tu crié tellement ainsi cc à travers la nuit divine , « et fais-tu nous sans-sommeil?
CI est- ce que quelqu'un des mortels « chasse le bétail loin de toi CI ne-voulant-pas ? [toi-même cc ou crains-tu que quelqu'un ne tue « par ruse ou par force? »
« Et le robuste Polyphème dit-à eux à-son-tour de la caverne :
« 0 amis, « Personne tue moi par ruse, « et non par forcé. » -
« Les Cyclopes lui adressent à leur tour ces paroles ailées : < Si « personne ne te fait violence dans ta solitude, on ne saurait éviter a une maladie envoyée par le grand Jupiter; adresse des prières au « puissant Neptune ton père. »
« Ils dirent et s'éloignèrent; je ris en mon cœur de voir comment mon nom et ma ruse habile les avaient trompés. Le Cyclope, gémis-sant et déchiré de douleurs, tâtonne avec ses mains et enlève la pierre qui fermait la porte; puis il s'assied à l'entrée, étendant les bras, pour saisir celui de nous qui voudrait sortir en se mêlant aux brebis: tellement il espérait en son esprit que je manquerais de prudence. Cependant je réfléchissais pour trouver le meilleur moyen de me soustraire à la mort ainsi que mes compagnons ; je combinais des ruses et des plans de toute espèce, comme lorsqu'il s'agit de la vie : car un terrible malheur nous menaçait. Voici le parti qui me parut
« Et ceux-ci répondant disaient ces paroles ailées :
« Si donc personne « ne fait-violence à toi "qui es seul, « il n'est pas possible d'éviter « la maladie du moins « du (envoyée par le) grand Jupiter ; Il mais toi prie « le roi Neptune ton père. »
« Us dirent donc ainsi s'en allant; et mon cœur chéri rit en voyant comment mon nom [cellente) - et mon invention irréprochable (ex-les avait trompés.
Mais le Cyclope et gémissant et souffrant-violemment par ses dou-tâtant avec les mains, [leurs, enleva la pierre de la porte ; et lui-même s'assit à la porte, ayant étendu les deux-mains, pour voir si peut-être il prendrait quelqu'un de nous allant dehors parmi les brebis; car il espérait peut-être moi être ainsi insensé dans mon esprit.
Mais moi je délibérais, afin que cela arrivât de beaucoup le mieux, si je trouverais pour mes compagnons et pour moi-même quelque affranchissement de la mort; et je tramais toutes-sortes-de ruses et d'inventions, [vie ; comme pour (car il s'agissait de) la car un grand mai était près de moi.
Et cette résolution parut à moi dans mon cœur la meilleure. être le plus sage. Dans l'étable se trouvaient de gros béliers à toison épaisse, beaux et grands, couverts d'une laine noire; je les liai en silence avec les osiers flexibles sur lesquels dormait cet affreux Cy-clope qui ne connaissait que la violence, et je les unis trois par trois : celui du milieu soutenait un homme; les deux autres marchaient de chaque côté et protégeaient mes compagnons. Ainsi trois béliers por-taient chaque homme; pour moi, comme il restait uu bélier, le plus beau de tout le troupeau, je le saisis par le dos et me glissai sous son veutre velu, où je me Lins immobile; cramponué d'une main ferme à sa divine toison, je demeurai là le cœur plein de courage. Nous atten-dîmes donc en gémissant l'Aurore divine.
Quand parut la fille du matin, l'Aurore aux doigts de roses, les bé-liers se hâtèrent d'aller au pâturage, et les brebis, que le Cyclope n'avait pu traire, bêlaient dans l'étable; car leurs mamelles étaient Des brebis mâles étaient bien-nourries (grasses), à-toison-épaisse, et belles et grandes, ayant une toison violette ; lesquelles en me taisant je liai avec des baguettes bien-tournées, sur lesquelles dormait le Cyclope monstrueux, sachant (pratiquant) des choses iniques(l'iniquité), prenant les béliers trois-ensem ble ; celui qui était au milieu portait un hominç, et les-deux autres allaient de-l'un-et-l'autre-côté, protégeant mes compagnons.
Donc trois brebis portaient chaque homme; mais moi — car un bélier était, de beaucoup le meilleur (le plus gros) de tout le bétail -ayant saisi le dos de celui-ci, roulé sous son ventre velu je restais-étendu; mais avec mes mains étant enlacé solidement [perbe) je m'attachais à la laine divine (su-d'un cœur endurant (patient).
Ainsi alors gémissant nous attendîmes l'Aurore divine.
- « Et quand parut l'Aurore qui-naît-le-matin aux-doigts- de-roses, aussi alors ensuite [rage, le bétail mâle s'élançail vers le pâtu-et les femelles non-traites bêlaient dans l'étable ; gonflées de lait. Tourmenté par de cruelles douleurs, le Cyclope tâtait le dos élevé de tons les béliers ; mais l'insensé ne vit pas que mes com-pagnons étaient liés sous leur ventre touffu. Enfin le grand bélier sortit le dernier, surchargé de sa toison et de moi qui roulais de prudentes pensées. Le robuste Polyphème le caressa de la main et lui dit :
« Cher bélier, pourquoi quittes-tu ainsi l'étable le dernier de tout c le troupeau ? Jadis tu ne marchais pas à la suite des brebis, mais, « t'avançant à grands pas, tu étais le premier à paltre les tendres « fleurs des prairies; le premier tu arrivais au courant des fleuves; le c soir, tu désirais encore le premier de revenir à l'étable : et main-- « tenant te voilà le dernier de tous. Regrettes-tu donc l'œil de ton « maître? Un homme malfaisant, aidé de ses méchants compagnons, ci m'a ôté la vue, après avoir dompté mon esprit par le vin ; mais j'ose car leurs mamelles étaient chargées.
Mais le maître tourmenté de douleurs funestes tâtait les dosde toutes les brebis se tenant droites; mais l'insensé ne remarqua pas ceci, comment ceux-là (mes compagnons) avaient été liés sous le dos (ventre) des brebis chargées-de-toisons.
Le dernier du troupeau le bélier allait au dehors, 1 chargé de sa laine et de moi, qui pensais des choses habiles.
Et l'ayant tâté le robuste Polyphème dit-à lui :
« Cher bélier, a pourquoi t'es-tu élancé à moi ainsi « à travers la caverne « le dernier du troupeau ? [moins Il auparavant (jusqu'à présent) du « tu ne t'avances pas « restant-en-arrière des brebis, « mais de beaucoup le premier c tu broutes les tendres fleurs « de l'herbe, « marchant à-grands-pas ; « et le premier « tu arrives aux courants desrivières; « et le premier « tu désires revenir à l'étable « le-soir ; « maintenant au contraire « tu es tout-à-fait-le-dernier. [tes « Est-ce que toi-du-moins tu regret-- « l'œil de ton maître?
« qu'un homme méchant a aveuglé Il avec ses compagnons pernicieux, « ayant dompté mon esprit par le vin, Il dire que Personne n'a pas encore échappé au trépas. Ali! si par-- « tageant mes sentiments lu trouvais une voix pour me dire où il se « cache afin d'éviter mon courroux ! broyé contre le sol, sa cervelle « jaillirait de tous côtés dans ma demeure; et mon cœur serait sou-c lagé des maux que m'a faits le misérable Personne. »
a Il dit et laisse le bélier franchir la porte. Quand nous fûmes à quelque distance de l'antre et de la caverne, je me détachai le pre-mier de dessous le bélier, puis je déliai mes compagnons. Nous pous-sâmes devant nous d'un pas rapide et par de nombreux détours les gras et agiles troupeaux, jusqu'à ce que nous eussions atteint le vais-seau ; l'arrivée de ceux d'enrre nous qui avaient échappé à la mort, fut douce à nos amis, mais ils pleuraient et gémissaient sur le sort des autres. Je ne le leur permis point, et d'un signe de mes scurcils je défendis à chacun de pleurer ; puis je leur ordonnai de faire mon-- Il Personne, que j'affirme « n'être pas encore échappé « à sa perte.
« Si donc tu pensais-comme moi « et devenais doué-de-voix « pour me di re où se cachant cel ui-là « évite ma vigueur!
a alors à lui la cervelle « de lui frappé contre le sol « se répandrait à travers la caverne « d'un-côté et de-l'autre-côté (çà et a et mon cœur [là) ; « serait soulagé des souffrances u qu'a procurées à moi - « Personne, cet homme de-rien. »
CI Ayant dit ainsi il envoya le bélier dehors d'auprès de lui.
Mais étant arrivés un peu loin et de la caverne et de l'étable, le premier je me détachai de dessous le bélier, et je déliai vies compagnons.
Et promptement faisant-faire-des-détours beaucoup nous poussions le bétail qui-allonge-les-pas (rapide), gras de graisse, [vaisseau ; jusqu'à ce que nous arrivâmes au et nous apparûmes agréables à nos chers compagnons, nous qui avions évité la mort ; et gémissant [gnons morls;.
ils pleuraient ceux-là (les compa-- Mais je ne les laissais pas gémir, mais je défendais-d'un-signe avec mes sourcils à chacun de pleurer; mais je leur ordonnai ter à la hâte sur le vaisseau tous ces troupeaux à la belle toison et de voguer sur l'onde amère. Ils s'embarquèrent aussitôt et prirent place sur leurs bancs ; assis en ordre, ils frappaient la blanche mer de leurs rames. Quand nous fûmes arrivés à la distance où la voix pouvait encore se faire entendre, j'adressai au Cyclope ces paroles rail-leuses :
« Cyclope, tu ne devais donc pas dévorer dans ta profonde ca-- « verne, grâce à ta force violente, les compagnons d'un homme sans « vigueur. Le châtiment de tes forfaits devait t'atteindre, misérable rr qui ne craignais pas de manger tes hôtes dans ta demeure; aussi * Jupiter et tous les autres dieux t'ont puni. Il
« Je dis, et la colère redoubla en son cœur; il arracha, pour le lancer contre nous, le sommet d'une haute montagne, qu'il jeta au delà du navire à la proue azurée, et peu s'en fallut qu'il n'atteignit l'extrémité du gouvernail. La mer bouillonna frappée par la roche, L'OEYSSÉE, lX. 65 ayant jeté promptement sur le vaisseau un nombreux bétail à-la-belle-toison de naviguer-sur l'eau salée.
Et ceux-ci aussitôt entrèrent dans le vaisseau et s'assirent aux bancs-de-rameurs ; et étant assis à-la-file ils frappaient de leurs rames la blanche mer.
Mais lorsque je fus éloigné d'autant que quelqu'un a fait entendre(se fait ayant crié, [entendre) aussi alors je parlai au Cyclope avec des insultes :
cc Cyclope, « tu ne devais donc pas « manger dans ta caverne creuse avec une force violente « les- compagnons « d'un homme sans-vigueur, [valses « Et le châtiment de tes actions mau-- « devait trouver (atteindre) a toi-du-moins, être injuste, « puisque tu ne craignais pas « de manger des hôtes « dans ta demeure; cc c'est-pourquoi Jupiter a puni toi CI et les autres dieux t'ont puni. Il
« Je dis ainsi ; et celui-ci ensuite s'irrita davantage dans son cœur; et l'ayant arraché il lança le sommet d'une grande montagne ; et il le jeta en avant du vaisseau à-la-proue-azurée ; et il manqua de peu [nail.
d'atteindre l'extrémité-du gouver-- G6 et soudain le flot, s'élevant du fond de la mer, recula, emporta le vaisseau vers Pile et faillit lui faire toucher le rivage. Prenant dans mes mains un long aviron , j'éloignai le navire du bord, puis, exhor-tant mes compagnons d'un signe de tête, je leur ordonnai de se cour-ber sur les rames, afin d'éviter le trépas ; ils se baissèrent et ramèrent avec vigueur. Quand nous fûmes deux fois aussi loin sur la mer, j'adressai encore la parole au Cyclope; mais mes compagnons, ran-gés autour de moi, cherchaient à me retenir par leurs prières :
« Insensé, pourquoi veux-tu irriter cet homme cruel, qui, lançant CI un rocher dans la mer, a fait revenir le vaisseau vers le rivage? « nous avons cru alors que nous allions périr. S'il entendait des cris « ou des paroles, il briserait nos têtes et les planches de notre na-- Et la mer bouillonna par-l'effet-de la roche arrivant; et aussitôt le flot retournant-en-arrière, flux partant de la mer, porta celui-ci (le vaisseau) vers la terre-ferme, et le força d'arriver à la terre.
Mais moi ayant pris de mes mains une perche très-longue [rivage); je le poussai à l'écart (l'éloignai du et les excitant j'ordonnai à mes compagnons de peser-sur les rames, afin que nous évitassions le malheur, leur faisant-signe de la tête ; et ceux-ci s'étant penchés-en-avant ramaient. [la mer Mais lorsque donc faisant route sur nous fûmes éloignés deux-fois autant, aussi alors je parlai au Cyclope et autour de moi mes compagnons me retenaient l'un d'un côté, l'autre d'un-autre-côté, avec des paroles caressantes :
cc Insensé, pourquoi veux-tu « irriter un homme sauvage?
« un homme qui encore maintenant « ayant jeté un trait dans la mer « a amené de nouveau (fait revenir) « le vaisseau « vers la terre-ferme, « et certes nous avons cru « périr là-même "Et s'il avait entendu quelqu'un de cc ayant crié ou ayant parlé, [nous « il aurait fracassé « les têtes de nous « et les bois du-vaisseau, << vire en lançant contre nous une roche aiguë; car son bras sait « atteindre loin. »
« Us disaient ainsi, mais ils ne persuadaient pas mon cœur magna-nime; le cœur plein de colère, je m'écriai encore :
a Cyclope, si quelqu'un des hommes mortels t'interroge sur ta CI hideuse cécité, dis-lui que celui qui t'a privé de la vue est Ulysse « le destructeur de villes, le fils de Laërte, dont la demeure est « dans Ithaque. »
c Je dis, et il me répondit en gémissant : « Grands dieux , voilà « donc l'accomplissement des anciens oracles. Il y avait en ce pays « un grand et puissant devin , Télème, fils d'Euryme, qui l'emportait « sur tous dans la divination, et qui vieillit au milieu des Cyclopes en «■ leur annonçant l'avenir. Il m'a prédit que tout ceci s'accomplirait « dans l'avenir, et que la main d'Ulysse me priverait de la vue. Mais t toujours je m'attendais à voir arriver dans cette lie un mortel grand « et beau» revêtu d'une force immense; et voilà qu'un homme de « petite taille, un misérable sans vigueur, m'arrache la lumière après « les ayant frappés du rocher aigu :
« si-loin en effet il lance. »
« Ils dirent ainsi; mais ils ne persuadaient pas mon coeur magnanime ; mais je dis à lui de nouveau d'un cœur irrité :
« Cyclope, « si quelqu'un des hommes mortels « interroge toi « sur la cécité hideuse de ton œil, « tu peux dire Ulysse « destructeur-de-villes, «. fils de Laërte, « ayant ses demeures dans Ithaque, « avoir aveuglé toi. »
« Je dis ainsi ; et lui ayant gémi répondit à moi par ce discours :
« 0 grands-dieux, (c assurément certes donc [temps « des oracles prononcés-depuis-long-- « sont arrivés à moi (m'ont atteint).
« Un homme devin était ici, « et bon et grand, « Télème fils-d'Euryme, « qui excellait dans la divination, « et qui prophétisant « vieillit parmi les Cyclopes; « lequel dit à moi toutes ces choses « devoir s'accomplir dans l'avenir, H moi devoir être privé de la vue « par les mains d'Ulysse.
« Mais toujours j'attendais « un homme grand et beau « devoir venir ici, a revêlu d'une grande force; « mais maintenant un homme « étant et petit « et bon-à-rien et sans-vigueur « m'avoir dompté par le vin. Allons, viens ici, Ulysse, afin que je « t'offre les présents de l'hospitalité et que je supplie l'illustre dieu « qui ébranle la terre de t'accorder le retour : car je suis son fils , « et il se glorifie d'être mon père ; seul, s'il le veut, il me guérira, « sans l'aide d'aucun des dieux bienheureux ou des hommes mor-- « tels. »
* Il dit, et je lui répondis en ces ternies : « Si seulement je pou- « vais t'arracher l'âme et la vie et t'envoyer dans la demeure de « Pluton, comme il est sûr que Neptune lui-même ne guérira pas u ton œil ! »
c Telles furent mes paroles ; pour lui, il adressa cette prière au puissant Neptune, étendant la main vers le ciel étoilé :
« Écoute-moi, Neptune qui enveloppes la terre , dieu à la cheve-- Il lure azurée : s'il est vrai que je sois ton fils et que tu te glorifies « d'être mon père, fais qu'Ulysse le destructeur de villes, le fils de « Laërte, dont la demeure est dans Ithaque, n'arrive pas dans sa pa-- « a privé moi de mon œil, [vin.
« après qu'il a dompté moi par le « Mais çà viens ici, Ulysse, « afin que j'offre à toi « les présents-de-l'hospitalité, « et que j'invite (prie) « l'illustre dieu qui-ébranle-la-terre « de te donner le retour ; « car je suis fils de celui-ci, « et il se vante d'être mon père ; « et lui seul, s'il veut, a me guérira, « et pas un autre « ni des dieux bienheureux « ni des hommes mortels. »
« 11 dit ainsi ; mais moi répondant je dis-à lui :
« Si seulement en effet donc « je pouvais « ayant fait toi privé et du souffle « et de la vie [ton!
« ('envoyer dans la demeure de Plu-- « comme il est vrai que [terre « pas même le dieu qui-ébranle-la-- « ne guérira ton œil du moins. »
« Je dis ainsi, et lui ensuite priait le roi (puissant) Neptune, tendant la main vers le ciel éloilé :
« Écoute-moi, « Neptune qui-embrasses-la-terre, « à-la-chevelure-azurée :
« si vraiment du moins je suis tien, « et si tu te vantes d'être mon père, « donne (accorde-moi) « Ulysse destructenr-de-villes, I- fils de Laërte, « ayant ses demeures dans Ithaque, « trie. Mais si le destin veut qu'il revoie ses amis, qu'il rentre dans fi son palais superbe et dans la terre de sa patrie, qu'il n'y arrive a que tard et misérablement, sur un vaisseau étranger, après avoir « perdu tous ses compagnons, et qu'il trouve le malheur dans sa « maison. »
« Telle fut sa prière, et le dieu à la chevelure azurée l'cntendit. Il souleva encore une pierre beaucoup plus grande, la fit tournoyer et la lança en déployant une immense vigueur. Il la jeta derrière le navire à la proue azurée, et peu s'en fallut qu'elle n'atteignit l'ex-trémité du gouvernail. La mer bouillonna frappée par la roche ; le flot emporta au loin le vaisseau, et faillit lui faire toucher le rivage.
« Quand nous fûmes arrivés à l'île où le reste de nos solides na-vires étaient demeurés l'uu près de l'autre, et où nos compagnons, assis autour de la flotte, gémissaient en nous attendant sans cesse, nous tirâmes notre vaisseau sur le sable et nous descendîmes sur le ODYSSÉE, IX.
« ne pas arriver dans sa maison.
« Mais si le destin est à lui « de voir ses amis cet d'arriver « dans sa demeure bien-bâtie « et dans sa terre patrie, [ment, "qu'il y arrive tard et misérable-- « ayant perdu tous ses compagnons, « sur un vaisseau étranger, « et qu'il trouve des maux « dans sa demeure. »
« Il dit ainsi en priant; et le dieu à-Ia-chevelure-azurée entendit lui.
Mais lui de nouveau, ayant soulevé une pierre beaucoup plus grande la lança l'ayanl fait-tournoyer; et il y appliqua une force immense.
Et il la jeta en arrière du vaisseau à-la-p roue-azurée ; et il manqua de peu [nail.
d'atteindre l'extrémité-du gouver-- Et la mer bouillonna par-l'effet-de la roche arrivant ; et le flot porta celui-ci (le vaisseau) en avant, et le força d'arriver à la terre-ferme.
« Mais lorsque donc nous arrivâmes à l'île où les antres vaisseaux aux-heaux-lillacs demeuraient pressés, et où autour des vaisseaux nos compagnons étaient, assis se lamentant, attendant toujours nous, étant arrivés là nous tirâmes le vaisseau sur le sable rivage de la mer. Nous primes sur le navire profond les troupeaux du Cyclope, nous en fimes le partage, et nul ne se retira sans une part égale du butin. Mes compagnons aux belles cnémides, distri-buant le bétail, réservèrent le bélier pour moi seul ; je J'immolai sur le rivage à Jupiter qui rassemble les nuées, au roi de l'univers, et je brûlai les cuisses; mais le dieu n'accueillit point mon sacrifice : il méditait sur les moyens de perdre tous mes solides navires et mes compagnons bien-aimés. Durant tout le jour, jusqu'au coucher du soleil, nous restâmes assis, savourant des mets abondants et un vin délicieux. Quand le soleil se coucha et que la nuit fut venue, nous nous étendîmes au bord de la mer. Mais quand parut la fille du matin, t Aurore aux doigts de roses, encourageant mes com-pagnons , je leur ordonnai de monter sur leurs vaisseaux et de dé-et nous descendîmes aussi nous-sur le bord de la mer. [mêmes Et ayant pris du (sur le)*aisseau creux le bétail du Cyclope, nous nous le partageâmes, de-sorte-que personne ne s'en allât à moi privé d'une part égale. [miùes, Et mes compagnons aux-belles-cué-le bétail se partageant, donnèrent par-dessus le bélier à moi seul; ayant immolé celui-ci sur le rivage à Jupiter qui-assemble-les-noires-fils-de-Saturne, [nuées qui règne sur tous, je fis-brûler les cuisses; mais il ne se souciait pas de mon sacrifice, mais donc il délibérait comment tous les vaisseaux aux-beaux-tillacs et les compagnons très-chers à moi seraient perdus (périraienl), Ainsi alors tout le jour jusqu'au soleil couchant nous fûmes assis nous régalant et de viandes infinies (abondantes) et de vin-pur doux.
Mais quand le soleil se coucha et que l'obscurité survint, donc alors nous nous endormîmes sur le bord de la mer.
Mais quand parut l'Aurore qui - naît - le - matin àux-doigts-de-roses, alors donc moi les ayant exhortés j'ordonnai à mes compagnons[seaux et de monter eux-mêmes sur les va is-tacher les amarres. Ils s'embarquèrent aussitôt et prirent place sur leurs bancs; assis en ordre, ils frappaient la blanche mer de leurs rames.
« Nous continuâmes notre course, contents d'avoir évité le trépas, mais le cœur affligé de la perte de nos chers compagnons. et de détacher les amarres.
Et ceux-ci aussitôt entrèrent dans les vaisseaux et s'assirent sur les bancs-de-ra-et étant assis à-la-file [meurs ; ils frappaient de leurs rames la blanche mer.
« Et de là [loin), nous naviguâmes plus avant (plus étant affligés dans notre cœur, contents d'échapper à la mort, ayant perdu de chers compagnons.