SUR LE DIXIÈME CHANT DE L'ODYSSÉE
Page 82: 1. A~ioXîviv vî^ov. Pline l'Ancien, Histoire Naturelle, III, xiv : « En deçà de la Sicile se trouvent les sept îles Éoliennes, appelées aussi Liparéënnes, Héphestiades par les Grecs, Vulcanienmes par les Latins. Elles doivent leur nom à Éole, qui y régnait au teaps de-la guerre de Troie. La troisième est Strongyle : c'est là que régna Éole; elle ne diffère de Lipari que par une éruption de flammes plus éclatantes; on assure que, par l'inspection de la fumée du vol-can , les habitants prédisent trois jours à l'avance les vents qui vont souffler ; de là l'opinion que les vents obéissaient à Ëole. » (Traduc-tion de M. Littré.)
— 2. nXtoTrj ÊVI ~vrjo-w. Dugas Montbel : « Homère donne à cette île l'ëpithète de flottante; du moins c'est ainsi qu'Aristarque expli-quait l'adjectif ~7tXtoTYi du troisième vers ; et, quoique quelques criti-ques la rendaient par étant d'un facile accès, ou bien, placée dans une mer navigable, que d'autres enfin en faisaient un nom propre, la première explication a prévalu. Les anciens, en effet, ont plusieurs fois supposé qu'il existait des îles flottantes. Selon Hérodote, les Égyptiens le disaient de l'ile Chemmis. Les Grecs l'ont dit de Délos, des roches Cyanées et des roches Symplégades. Le scholiaste d'Apol-lonius de Rhodes explique cette opinion bizarre par l'illusion que produisent, relativement à leur position respective, deux objets vus de différents points ; de sorte que, si en les regardant on est sur la même ligne, ils paraissent se confondre, et au contraire ils parais-sent fort éloignés si on les regarde de côté; enfin, en naviguant tout autour, à une certaine distance, ils semblent s'éloigner, se rappro-cher et se réunir, selon le point d'où on les découvre. Cette expli-cation me paraît fort admissible. Il faut l'appliquer aussi à ces roches nommées errantes par les dieux, et dont il est parlé au douzième chant de l'Odyssée. Les anciens n'ont jamais fait mention de ce phé-nomène quand il n'y avait qu'un seul rocher ou une seule île. Délos était au milieu des Cyclades, et Lipara au milieu des îles Éoliennes. » — 3. A~ûXifl, ainsi accentué, est pour aùXiicrei, comme âvOrjv, aûÇrjv, ~p>.â(7TTr)v, représentent âvOriaiv, aû^aiv, pXà<rr»)«7iv.
NOTES SUR LE Xe CHANT DE L'ODYSSÉE. 159
Page 84 : 1. Tapiviv ~àvsjj-wv. Virgile, Énéide, I, 69 :
Æole, namque libi Divum pater atque hominum rex
Et inalcere dédit fluctus et tollere vento.
Page 88 : 1. Bo\A-i) Se xaxYj, etc. Ovide, Métamorphoses, XIV, 229:
Invidia soclos prsedacque cupidine ductos,
Esseratos aurum, dempsisse ligamina ventis,
Cum quibus isse retro per quas modo venerat undas,
iEoliique ratem porlus repetisse tyranni.
Page 92 : 1. ~Aotjiou. Dugas Montbel: « Horace attribue à Lamus la fondation de Formies, maintenant Mola di Gaeta, qu'on suppose être l'ancien pays des Lestrygons. Silius Italicus a dit aussi : Regnata Lamo Caieta. C'est de lui que la famille Lamia à Rome prétendait tirer son origine. »
— 2. 'Eyyùç ylip. xéXevOoi. Vœlcker, Géographie d'Homère : « Les Lestrygons habitent une ville située sur une hauteur; or l'expérience avait appris aux Grecs que sur 'les hautes montagnes, sur l'Athos, par exemple, le soleil, pendant la nuit, ne disparaît que 'peu de temps derrière l'horizon, et que, quand les derniers feux du soir ont à peine pâli à l'occident, déjà l'aurore se montre à l'orient; ils conclurent de là que ce peuple occidental pouvait, de ses hautes demeures, assister très-longtemps au coucher du soleil, puisqu'il était, dans leurs idées, le plus près possible du soleil couchant. C'est ainsi que les voies du jour et de la nuit se touchent, et qu'un pâtre qui ne dormirait point pourrait gagner un double salaire. a » Page 94 : 1. Ayj 'tÓ't' ÈyW'l, etc. Voy. chaut X, vers 88-90.
Page 98 : 1. AT^a S' ~è^oïç tTapoiaiv, etc. Voy. chant X, vers 488 et 489.
— 2. "EvSev Se TtpoTÉpw, etc. Voy. chant X, vers 62 et 63.
Page 100 : 1. "Ev0a 'tÓ't" hôci'l'tEç, etc. Voy. chant X, vers 74 et 75.
Page 10C : 1. "Q; tôtê piév, etc. Pour ce vers et les suivants, jus-qu'au vers 188, voy. chant X, vers 161, lC2, et 168-171.
Page 110 : 1. 'A~[J.qït Si (xiv MxoL Yjcrxv, etc. Virgile, Énéide, VII, 15 :
Hinc exaudiri gemitus iracque leonum.
Setigerique sues atque in pracsepibus nrsi
Sacvire, ac formæ magnornm ululare luporuin;
Quos hominum ex facie dea sæva potenlibus herbis
lnduerat Circe in vultus ac terga ferarum.
Voyez aussi Ovide, Métamorphoses, XIV, vers 248 et suivants.. 160 NOTES SUR LE Xe CHANT DE L'ODYSSÉE.
Page 124 : 1. E ~Ovîj; èniêeiofiev. De cette union naquit, selon la Fable, un fils qui reçut le nom de Télégone, et qui tua son père sans le connaître.
Page 126 : 1. Téa-crapeç. Court de Gébelhi, le Monde primitif: « Ces quatre nymphes sont les quatre saisons. La première, ou le prin-temps, étend un tapis admirable; la seconde, ou l'été, porte des cor-beilles d'or; la troisième verse le vin; la quatrième allume du feu; et, comme pour nous donner le mot de l'énigme, le poète nous assure qu'Ulysse demeura une année dans cette Ile et n'en partit que lorsque les quatre saisons furent révolues. »
Page 130 : 1. Xépviëa 5' ~à[i<p £ iïoXoç, etc. Voy. chant I, vers 136--
Page 138 : 1. K~ai TOrjcji TrF-p èovxi gxâXa oxeôÓv" Selon les scho-liastes, Euryloque avait épousé la sœur d'Ulysse, Climène, dont il est question au XV* chant.
Page 144 : 1. flac; tôte (J.É"/, etc. Voy. vers 183-186.
Page 150 : 1. Aùto; Se Çtcpoç ô|u, etc. Dugas-Montbel : « Circé commande ici à Ulysse de tirer son glaive pour écarter les ombres qui voudraient boire le sang des victimes avant que Tirésias l'ait instruit; et, dans la suite, le héros parvient en effet à repousser les ombres. Dans Virgile, le premier mouvement d'Énée est aussi de tirer son glaive pour disperser les ombres ; mais sa docte compagne, docta cornes, l'avertit que ce sont des âmes sans corps et de vaines images. On sent aisément la différence des deux civilisations. »
Page 152 : 1. Aùtti ~Õ' Iipyv<p&oV, etc. Voy. chant V, vers 230-232.