LE VALLON DES RUISSEAUX DE THOMAS MOIRE
(Z'raduit par un Anglais de mes amis.)
Nulle part ne se trouve un vallon si beau Que le val où se mêlent les clairs ruisseaux. Mon goût et ma vie doivent mourir entier
Avant que tes charmes mon cœur puisse oublier.
Ce n'est pas tous les dons de la nature bénigne, Ton gazon si vert et ton eau cristalline;
Ce n’est pas, je l’assure, tout ton appas riant, J’y vois un attrait même plus séduisant,
C’est que les amis de mon cœur sont présents Qui prêtent à tout de nouveaux enchantements, Et qui sentent que le beau se rend plus joli Quand il a pour reflet les yeux d’un ami.
Ah! beau val d’Avocq, que je serais heureux Entouré d'amis dans tes bosquets ombreux,
Où, tout à l’abri d’un monde insensible,
Nos âmes, comme tes eaux, peuventse mêler paisibles !
[J'ai tenté de soumettre cette pièce aux loi de Ja versification française :
Il n’est point de vallons ni si frais ni si beaux
Que toi, gai rendez-vous de tous ces clairs ruisseaux, |
Et je perdrais plutôt et le goût et la vie Avant que de vouloir que mon cœtr ne {oublie
Ce n’est point la nature aux appas complaisants, d | Ni le gazon si ve: ;, ni tes eaux cristallines,
| O ! vallon, que je cherche au pied de tes collines— J'y trouve des attraits encore plus séduisants : ,
J'y revois des amis que mon cœur sait comprendre Et qui marquent ces lieux d’un charme indéfini; Car on juge la grâce et meilleure et plus tendre Quand elle a pour refles les regards d’un ami.
Oh! beau vallon d’Avocq, je saurais me complaire Dans ces bosquets ombreux, au flanc de tes coteaux, Où l’amitié, fuyant un monde atrabilaire,
Mèle paisiblement, au milieu du mystère,
Nos âmes et nos vœux, comme ces clairs ruisseaux.