FORT BIEN
Seize ans ! le printemps de la vie.
Tu comprendras cela plus tard.
Ta jeunesse me fait envie,
J'ai coulé la mienne au hasard.
Quel beau temps pour tout entreprendre !
Quel bon travail pour l'avenir !
Car le travail seul peut nous rendre
Ce que l’âge vient nous ravir.
De l’étude la voix secrète
Fait tous les chagrins s'envoler.
Mais le temps perdu qu’on regrette Ne revient pas nous consoler.
, Congleis pote M. Léon Gérin, qui a remp porté le prix du prinoë de Galles à l’Université-Laval, juin 1
Recueillir au seuil de l’automne, Au milieu des chants et des ris, C’est glorieux quand on grisonne :
Voilà, voilà le plus beau prix.
Il faut devancer à la course Tous les concurrents paresseux :
La récompense est une bourse Que tu rempliras si tu veux.
Oui, Ja science impérissable Seule fait l’homme indépendant.
Le reste est bâti sur le sable
Et s'écroule au moindre accident.
Vise à plus que ion entourege,
On te couronnera toujours :
Le monde admire le courage
Et le témoigne tous les jours.
Qu'un autre se plaigne et s’afflige Si Dieu ne l’a pas bien doté, Mais le talent—noblesse oblige— Met un premier prix de côté.
‘à | L IH Fa je no.
À ti È RESTONS JOYEUX 1 À MA FEMME “1e Vive la gaité! Telle est ma sagesse ! F1 Que rien ne nous presse 1 NU 0 . ’ Ê De lui dire adieu ! M | C'est plus que de l'or, plus qu’une couronne ; h Gardons-la, mignonne, !
Elle vient de Dieu. hi Heureux le mortel qui, pour héritage, Reçut en partage à Un joyeux refrain ! | Plus le monde va, plus là boule tourne, 1 fi En DR Plus vite il retourne if «l Hu WE Vers un ciel serein. 8} ia a k hd
L'aimable gaité, toute franche et ronde, Qui toujours débonde, S’échappe du cœur.
Rire de la tête est une sottise ;
L'esprit qu’on atlise N'est point le bonheur.
Sans les écouter, plaignons les poètes, Les ‘ douces musettes ”?
Pleurant nuit et jour.
L'un gémit le soir et l’autre aux matines— Petits Lamartines, Vous faussez l'amour.
La douleur réelle est moins légendaire, Moins imaginaire, Moins pleine d’efforts.
Beaux lils de vingt ans, vivez de courage :
Quand viendra l'orage,
Vous serez plus forts.
Chassez les soucis, les soupirs sans nombre, Ce visage sombre Malgré le beau temps.
Enfant qui regrette. homme qui rumine.… Ah! la triste mine!
Foin des mécontents !
Que font les chagrins d’un esprit morose !
Voyons tout en rose Et tout ira bien.
Sans doute, la vie a mille traverses, Des feux, des averses, Pour Juif ou chrétien ;
Prenons notre part : c’est une échéance, Soldons la créance, Et n’en parlons plus!
Respirer gaiment dans leur atmosphère Est facile affaire Aux moins résolus,
38 CHANTS NOUVEAUX ms Vive la gaité ! C’est elle, mignonne, Qui nous environne— Allons notre train !
À ton petit vieux, ma petite vieille,
Tu riras, pareille, Au siècle prochain.