‹ Chants patriotiquesChapitre 1 sur 67 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

Les vers qu'on va lire sont extraits de trois recueils publiés par M. Paul Déroulède. Ils ont été écrits, pour la plupart, ou pendant la guerre, ou peu de temps après.

Le 6 août 1870, en apprenant la nouvelle du désastre de Reischoffen, l'auteur s'était engagé comme simple soldat dans les zouaves. Trois semaines après, son jeune frère le rejoignait, conduit à l'armée par sa mère elle-même. Lorsque la France déposa les armes, le premier était lieutenant et décoré ; le second retournait à ses études et se préparait à apprendre le métier d'officier. Il est aujourd'hui capitaine d'artillerie.

Les incidents de la vie militaire, les sentiments qui étreignent le cœur d'un jeune soldat pendant une longue et douloureuse guerre continuée pour la défense du pays, les courts enthousiasmes, les grands désespoirs, la haine vouée à l'étranger pour aussi longtemps

II PRKFÂCE

qu'il détiendra notre sol, ot nos repentirs, et nos fiertés, et par-dessus tout, une immense espérance en l'avenir, voilà ce qu'on trouve dans ces vers patriotiques.

On ne dédaigne pas en Allemagne de répandre dans l'école les enseignements qui peuvent contribuer à développer le sentiment national.

Nous n'avions pas besoin de cet exemple pour agir de même.

Mais il était bon que ce fût après s'être volontairement engagé, s'être battu, avoir été blessé sur un champ de bataille, qu'un poète, en des vers tout vibrants du sentiment qui l'anime, parlât à nos enfants de dévouement, de Patrie et d'honneur.

Adrien Leguand.

Page 1