‹ Chants patriotiquesChapitre 29 sur 67 · Au bout de deux ans · texte numérisé non relu

Au bout de deux ans

OTtlONIEL

» Ronds-nous les longs sommeils paisibles sous la tente, '< Les longs repas du soir sous le ciel transparent, 90

« Et qu'Israël, vêtu de sa pourpre éclatante. <' Lave son front guéri dans les eaux du torrent. »

— Et, sans voir que ces mots irritaient sa colère. — « Nous aui ions le repos si tu nous délivrais ; « Si tu nous délivrais, nous n'aurions plus la guerre! Otlionicl répondit : « NonI vous n'êtes pas prêts. »

Cette fois la fureur dépassa la surprise,

Ees hommes d'Israël crièrent : « Trahison !

« .\ux armes, quoi qu'il fasse, au combat, quoi qu'il dise! »

Mais l'un d'entre eux encore : << Othoniel a raison. 100

.. Corrompus jusqu'à l'àme, amollis jusqu'aux fibres, « L'élan durerait peu, nous eùt-ils faits vainqueurs; « Fussions-nous délivrés, nous ne serions pas libres; « Nos bras se sont armés, sachons armer nos cœurs. »

102. Nous eùt-il faits... Même s'il nous eût faits vainqueur».

El ceci fut compris de tous, et tous se turent, iOo

Et cliacuQ retourna pensif à ses travaux.

Mais pendant les deux ans qui suivirent, ce furent

Des cœurs renouvelés dans des hommes nouveaux.

Et dans tout Israël régnait un calme auguste ; Et quand on se croisait le soir par les sentiers, 110

Si l'un disait : « Sois prêt! )> l'autre disait : « Sois juste! » Et l'œuvre de salut dura deux ans entiers.

Or, quand ce fut le jour de célébrer la Pàque.

Le peuple se rendit aux lieux accoutumés ;

Mais, comme Ton pouvait s'attendre à quelque attaque, Ho

Les hommes vinrent seuls, et tous vinrent armés.

Ils s'assirent, formant un cercle autour des flammes. Et sous tous les propos et dans tous les discours. Quand les lèvres montraient à nu le fond des âmes, L'espoir perçait parfois, le repentir toujours... 120

117. Autour des flammes, \c> feux qu'on allume la nuit dans les campements.

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