‹ Chants patriotiquesChapitre 28 sur 67 · OTHONIEL · texte numérisé non relu

OTHONIEL

Les envoyés ayant rapporté ces paroles,

La douleur accabla les enfants d'Israël ;

Et c'était des cris fous, c'était des plaintes folles,

Quand l'un d'entre eux, plus sage : « Écoutons Olhoniel. 60

*< La voix du Dieu vivant nous parle par sa bouche. « Haïr est peu ; gémir n'est rien ; crier n'est pas ; « 11 faut l'effort qu'on voit, il faut le but qu'on touche, « Nous qui voulons un chef, faisons-lui des soldats. »

Et celui qui parlait ainsi fut trouvé sage. 6o

« C'est vrai que nous étions trop prompts et trop ardents, « Que la haine n'est rien, que ce n'est rien la rage ; <( Armons-nous en silence et laissons faire au temps. »

Et des plaines d'Hcrmath jusques aux monts d'Argile, Des rives du Jourdain aux torrents de Gazer, 70

Dès que du ciel éteint tombait la nuit tranquille. Les grands feux s'allumaient, où se forgeait le fer.

62. Gémir n'est rien, crier n'est pas, c'est-à-dire gémir et crier sont choses inutiles.

Enfin, quand huit saisons ayant changé la terre,

Les Hs refleurissaient pour la deuxième fois,

Sous l'habit de voyage ayant l'arme de guerre, l'>

Les douze messagers revinrent aux grands bois.

Celui que l'on cherchait fut rencontré sans peine,

Il était à genoux, près du ruisseau d'argent,

Aiguisant le fer gris de sa lance d'ébène.

Et son srlaive d'acier brillait sur le sol blanc. 80

« Père, dit le lévite heureux de ce présage;

« Les serments faits par Dieu seront-ils confirmés ?

« L'esclave verra-t-il la fin de l'esclavage?

« Est-ce t'avoir compris que de nous être armés ? ■■

— Othoniel rajustait sa lance sans rien dire. — 8;)

« 0 Père! prends pitié de tes fils aux abois! <( Sois bon pour nous sauver, sois fort pour nous conduire : « Rends-nous nos champs, rends-nous nos blés, rends-nous

[nos bois !

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