‹ Chants patriotiquesChapitre 3 sur 67 · A MES AMIS · texte numérisé non relu

A MES AMIS

Et, si j'étais de ceux que l'on écoule,

Oq bouclerait plus tôt son ceinturon. 30

Jamais soldat n'a prévu la déroute !

.Il' ne suis, moi, qu'un sonneur de clairon.

J'en sais qui croient que la haine s'apaise :

Mais non ! l'oubli n'entre pas dans nos cœurs !

Trop de sol manque à la terre française, 3:»

Les conquérants ont été trop vainqueurs!

L'honneur, le rang, on a tout à reprendre...

Par quels moyens? D'autres vous le diront.

Moi, c'est l'ardeur que je voudrais nous rendre.

Je ne suis, moi, qu'un sonneur de clairon. 40

Je vis les yeux fixés sur la frontière ;

Kt, front baissé, comme un bœuf au labour,

Je vais, rêvant à notre France entière,

Des murs de Metz au clocher de Strasbourg.

Depuis dix ans j'ai commencé ce rêve ; 4o

Tout le traverse et rien ne l'interrompt ;

Dieu veuille un jour qu'un grand Français l'achève !

Je ne suis, nu)i, qu'un sonneur de clairon.

31. Remarquez ce petit vers si nettement frappé et si bien mis en sa place. Il explique l'assurance avec laquelle le poète soldat croit pouvoir parler de la revanche que notre pays doit prendre.

46. Les circonstances politiques contraires à la réalisation de ce rêve viennent le déranger. Le poète y revient toujours.

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