‹ Chants patriotiquesChapitre 63 sur 67 · I.E SERfJFN'T · texte numérisé non relu

I.E SERfJFN'T

Kl ce fut un terrible effet dans la bataille

Que l'arrivée au feu de ces fiers régiments.

Kt les rangs ennemis en eurent une entaille

Qui fit jjùlir au loin les princes allemands. 16C

Tout d'abord le conscrit perdit un peu la tête :

l-es clairons, les tambours, la mitraille, le bruit,

La mort qu'il faut lancer sous la mort qu'on vous jette...

Mais par bonheur il vit son sergent près de lui.

Jacques n'avait pas dit encore une parole ICj

Que le petit conscrit s'était remis déjà ;

La peur poignante encor n'était déjà plus folle.

« Eh bien, ça va, conscrit?

w — Mais oui, sergent, ça va! »

Et, peu à peu, voilà que la valeur s'éveille.

Voilà que noir de poudre et qu'ardent au combat, 170

Portant comme un ancien le képi sur l'oreille,

Le petit paysan était passé soldat !

a Peut-on t'offrir encore à boire, mon bonhomme?

(' — On n'en a plus besoin, sergent.

163. La mort, c'est-à-dire les balles. C'est une image expressive.

167. La peur poignante, celle qui serre le cœur ; opposée à la } eur folle, celle qui rend fou.

(' — Bien répondu !

« Tu vois que ce n'est pas si redoutable, en somme, 17ii a Et vois-tu, comme c'est amusant, le vois-tu? »

Hélas ! il en manquait pourtant des camarades,

Plus d'un est tombé là, qui n'a jamais rejoint;

Mais l'espérance allait, guidant les escouades,

Et l'on courait toujours plus fort, toujours plus loin. 180

Cette marche en avant dura doux longues heures ; La baïonnette même eut part à ce gala, Jamais plus rude assaut ne vit troupes meilleures; Tout à coup les clairons sonnèrent: Halte-là!

Les officiers semblaient se concerter ensemble 185

« Sergent !

« — Conscrit?

« — Voyez là-bas, sur ce sommtH « Derrière nous, au fond, on dirait... ça ressemble...

182. Gala, ordinairement fête, est ici pris dans le sens de régal. Pour les vrais soldats, le combat est une source de joie comme un régal ou une fête.

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