Même sans que leur mère les envoyât au combat
A iMA MERE 11
Et combien les croyaient qui n'étaient pas crédules !
Ah ! pauvre armée ! on va fiusultant à lenvi,
On dit que tu trahis lorsque tu capitules :
Comment dis-tu qu'ont fait ceux qui n'ont pas servi ? 40
Certe, il en est venu que leurs mères en larmes Avaient éperdument bercés dans leurs frayeurs ; S'ils furent bon Français malgré ces cris d'alarmes, Ah ! comme un cri d'espoir les eiît ren.dus meilleurs ! Quel souffle ardent aurait transfiguré leur être ! 43
— Quand les cœurs sont vaillants, les corps sont aguerris. Comme ils auraient marché, lutté, vaincu peut-être !... Ah ! que de vrais soldats les mères nous ont pris!
Et qu'elles ne croient pas que, vraiment maternelles,
Leur faiblesse du moins s'est payée en amour, oO
Les larmes du départ n'ont pas coulé pour elles,
Elles n'ont pas connu les larmes du retour.
Qu'elles ne disent pas, qu'elles n'osent pas dire,
(» ma mère, insultant ta tendresse et ta foi,
Qu'en nous faisant soldats tu n'étais pas martyre, '.ut
Que tu nous as donnés sans rion donner do toi.
40. On a beaucoup blâmé les ^oldats qui ont été forcés de capituler; on n'a pas assez llétri les citoyens qui n'ont pas été soldats.
42 II en est qui sont partis, bien que leurs mères éperdues de frayeur, les berçassent, pour ainsi dire, entre leurs bras, comme pour les retenir. '
49. Vraiment maternelles, raccourci qui peut passer pour incorrect. La proposition complète serait : Qu'elles ont été vraime?it maternelles et que..., etc.
50. Les mères faibles ont été moins aimées de leurs fils que les courageuses.
Hélas! c'est ;\ \o voir tant souffrir, pauvre femme,
Que j'entrevois quel deuil cachaient tous tes efforts :
Tes deux enfants partis t'avaient emporté l'àme,
Tes deux enfants blessés auront brisé ton corps. 60
Et voilà que vieillie et qu'infirme avant l'heure,
Ta main tremble à jamais, qui n'a jamais tremblé ;
Voilà qu'encor plus haute et que toujours meilleure
L'àme seule est debout dans ton être accablé...
Tu sentais tout cela pourtant à l'heure sainte 6b
Où tes yeux dans nos yeux mettaient ta volonté.
Tu le sentais sans peur, tu t'en ressens sans plainte.
Et c'est pourquoi j'en puis parler avec fierlé.
LA DIANE n
0 misère de la richesse !
L'or jaillit sans cesse et sans cesse
Du beau sol dont Dieu nous fit don ;
Le voleur d'hier nous surveille,
Et ce peuple est là qui sommeille ii
Bercé par quelque gai fredon...
Ah ! clairon, réveille, réveille.
Ah ! clairon, réveille-nous donc !
C'est un lourd fardeau que laliaine,
Et le repos de l'Ame humaine II»
C'esl l'oubli qui mène au pardon :
Mais Metz pleure, mais Strasbourg veille,
Et la conquête se fait vieille.
Et le conquérant se fait bon...
Ah ! clairon, réveille, réveille, là
Ah ! clairon, réveille-nous donc !
(*) La (liane est la sonnerie du réveil.