‹ Chants populaires arméniensChapitre 14 sur 87 · ÉLOGE DU MARIE · texte numérisé non relu

ÉLOGE DU MARIE

Jeunes gens, jeunes gens, ô robustes jeunes gens, Allons, sortez, garçons et filles, Vêtus d'étoffes de soie verte et rouge, Formez une ronde et dansez autour du roi.

Roi, que pouvons-nous comparer à toi?

Ta verte jeunesse peut seule t'être comparée.

Notre rosier qui s'épanouit,

Que ta jeunesse s'épanouisse comme lui.

Le jasmin des montagnes qui s'épanouit, Que ta jeunesse s'épanouisse comme lui.

i. Dans les villages de la province de Vaspourakan, ce chant est chanté, au moment où le marié s'habille pour aller à l'église, par des jeunes hommes et des jeunes filles qui dansent, battent des tambours et sèment des roses et de Peau de roses:

Roi, que puis-je comparer à toi ?

Que puis-je comparer à ta verte jeunesse ?

Le « sang-des-frères »*, qui s'épanouit,/, Que ta jeunesse s'épanouisse comme lui.

Roi, que puis-je comparer à toi ?

Que puis-je comparer à ta verte jeunesse ?

La fleur de lys qui s'épanouit, I

Que ta jeunesse s'épanouisse comme elle.

La fleur du balsamier qui s'épanouit, Que ta jeunesse s'épanouisse comme elle.

Tu te tiens la face tournée vers l'aurore,

Vêtu de vert et de rouge ;

Sois heureux avec ta reine ;

Que Dieu te conserve toujours le front pur.

Tu te tiens la face tournée vers les deux Varak 2,

Paré d'écarlate, de vert et de rouge;

Sois heureux avec ta reine,

Que Dieu te conserve toujours le front pur.

Tu te tiens la face tournée vers Sourp-Nichan, Tu es comme un jardin plein d'oranges rouges.

i. Nom cl^une fleur d'Arménie.

2. Le marié se tourne vers tous les couvents qui se trouvent aux alentours de Van.

Jouis en paix de ta couronne;

Que Dieu te conserve toujours le front pur.

Tu te tiens la face tournée vers Anabat,

Tu es devenu plus rouge qu'une pomme rouge;

Jouis en paix de ta sainte couronne,

Que Dieu te conserve toujours le front pur.

Tu te tiens la face tournée vers Aghtamar, Le visage plus joyeux que celui d'un ange. Sois heureux avec ta r,eine, Que Dieu te conserve toujours le front pur.

Van,

Mère du roi, viens donc voir *,

Viens voir qui nous t'amenons.

Nous t'amenons un cygne des lacs,

Nous t'apportons une langue longue de six mètres.

Mère du roi, viens donc voir, Nous t'apportons un cellier plein d'amandes ; Nous t'apportons un rosier tout en fleur; Nous t'apportons des œillets et des lys.

i. On chante ce chant en revenant de l'église, au moment d'arriver devant la maison du mariti, quand la mère du marié sort de chez elle portant sur la tête un plateau plein de sucreries et de pâtisseries, cl s'avance en dansant vers les mariés, accompagnée des sœurs et des vierges, proches parentes du marié, qui conduisent l'cponx et Pépouse à In chambre nuptiale.

Mère du roi, viens donc voir, Nous t'amenons celle qui balaiera le plancher, Nous t'amenons celle qui allumera l'âtre; Nous t'amenons celle qui traira les vaches; Nous t'amenons celle qui traira les brebis; Nous t'amenons celle qui fera la lessive.

Mère du roi, viens donc voir, Nous t'amenons celle qui te cognera sur la lête, Nous t'amenons celle qui te disputera tout; Nous t'amenons celle qui troublera ta maison.

Mère du roi, viens donc voir, Nous t'amenons celle qui préparera ton lit, Nous t'amenons celle qui fera ta cuisine ; Nous t'amenons celle qui t'habillera.

Mère du roi, viens danser ; Nous t'amenons une perdrix des montagnes, Nous t'amenons une génisse des montagnes, Nous t'amenons un couple de gazelles.

Venez saluer, hé ! venez saluer !

Longue vie au roi et à la reine!

Le roi monte sur le siège.

Le roi est l'agneau de Dieu.

Van .

VARIANTE

Mère du roi, viens donc voir,

Viens voir qui je t'amène.

Viens avec des sucreries et des pâtisseries.

Viens avec la gourde d'eau-de-vie, Viens avec tes amis.

Mère du roi, viens donc voir, Viens avec des bougies allumées, Viens avec tes amis, Viens avec la marraine.

Mère du roi, viens donc voir, Viens avec du henné à tes doigts, Viens avec du khôl à tes yeux, Viens avec des babouches à tes pieds.

Mère du roi, viens donc voir, Allons! vite! viens, te dis-je!

Viens voir qui je t'amène.

— Je t'amène celle qui balaiera ta maison.

— Je t'amène celle qui te lavera la tète.

— Je t'amène celle qui fera ta lessive.

— Je t'amène celle qui aplatira ta pâte.

— Je t'amène celle qui secouera tes arbres.

— Je t'amène celle qui balaiera les feuilles desséchées.

— Je t'amène celle qui arrachera les broussailles.

— Je t'amène celle qui cueillera les fruits.

— Je t'amène celle qui peignera tes cheveux.

— Je t'amène celle qui raccommodera tes vêtements.

— Je t'amène celle qui rangera les souliers.

— Je t'amène celle qui traira les brebis. / — Je t'amène celle qui peignera la laine.

— Je t'amène celle qui filera au rouet.

— Je t'amène celle qui te cognera sur la tête.

On a paré notre roi ;

On l'a revêtu de beaux habits dorés;

On l'a fiancé selon la loi arménienne.

Que le Seigneur le protège !

Que saint Karapet bénisse sa jeunesse!

Que le bon Dieu le protège!

On a paré notre roi,

On Ta marié selon la loi arménienne ; .

Que le «ressusciteur des morts » * bénisse sa jeunesse,

Que le Seigneur le protège!

Notre roi porte la croix,

Il porte la croix sur son sein,

Il a à la tête le djigha 2 rouge, tout rou'ge,

Et rouge, toute rouge, brille sa jeunesse;

Sa couronne est rouge, le nœud en est vert,

Le manteau est rouge, sa jeunesse est verte;

Que le soleil de notre roi demeure toujours ardent;

Que Dieu le protège jusqu'à son dernier jour.

Sa ceinture est rouge, son manteau est rouge;

Ses souliers sont tissés de fils d'or, sa jeunesse est rouge.

Salut à la reine ! salut à la reine !

Longue vie à la reine! salut à tous !

Allons de la montagne amener la perdrix,

Pour qu'elle vienne cueillir les fruits verts de l'arbre,

Pour qu'elle s'agenouille devant le saint autel,

Et qu'avec sa bouche elle salue le roi.

i. Le « ressusciteur des morts » est le nom donné à un Évangile inscrit sur du parchemin, les marges ornées d'enluminures, se trouvant dans le village d'Avantz qui est le premier port du lac de Van.

2. Le djigha est la parure enrichie de pierres précieuses, en forme d'un grand peigne, que les mariés portaient jadis sur leur front.

Allons de la montagne amener le psalmiste, Pour qu'il vienne cueillir les fruits mûrs de l'arbre, Que les fleurs épanouies sur les montagnes Saluent notre roi.

Que la croix protège le roi,

Que la croix protège la reine.

Que tout le monde rentre chez soi,

Que le roi et la reine dorment d'un doux sommeil.

Van

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