‹ Chants populaires arméniensChapitre 29 sur 87 · ELOGE DE LA MECHANTE VIEILLE · texte numérisé non relu

ELOGE DE LA MECHANTE VIEILLE

Viens ça, vieille ! je vais faire ton éloge : Tu ressembles à un démon sorti du moulin; Tu ressembles à un ange de bain; Tu ressembles au derrière du diable.

Viens ça, vieille; je vais faire ton éloge; Tu ressembles à une bûche de l'enfer; Ton corps et tes vêtements sont usés:

Tu ressembles à un oiseau qui vient de muer.

Tu as passé une serviette autour de la tête ;

Tu as pris l'air d'une servante de bain.

Tu es comme un tambour, ton nez comme une trompette,

Tes yeux comme deux bassins de bain.

Les chairs sont parties de ton visage,

Il n'y reste plus que les os ;

Plus de dents dans ta bouche !

Tu ressembles à de l'argile tassée.

Tu es assise et tu files au rouet,

Tu fais du fil mince et fort ;

Tu tues tes brus en les regardant d'un œil mauvais;

Tu es le Scribe et la Mort, tu es une femme-fléau.

Tu es assise au pied des murs,

Tu as les jambes plongées dans la mer;

Ahî si tu tombais dans la mer profonde,

Nous pourrions vivre à notre aise, ô méchante vieille.

Ton oreille est vieille, mais tu entends vite 5

Tu frottes tes doigts l'un contre l'autre :

Tu dis à tes fils des choses plus fausses que vraies,

Tu les pousses à nous battre, ô méchante vieille!

Tous les jours tu cherches querelle à tes brus;

Tu te bats comme un buffle cruel;

Qu'un feu ardent te brûle,

O méchante vieille toute desséchée.

Amenez, jeunes gens, un fossoyeur; creusons la terre, Jetons dans la fosse la tête de la vieille.

Djavahk.

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