L'AME ET LE CORPS
L'âme et le corps, qui sont frères, Devinrent ennemis l'un de l'autre.
L'ârne et le corps se disputèrent; L'âme, fâchée, voulut s'en aller.
Le corps, en pleurant, se jeta à ses pieds. Il lui dit : Où vas-tu, ô mon frère aîné? Je viens seulement d'arriver en ce monde. Viens, construisons un grand palais,
i. Selon la tradition, l'aire d'Ornav se trouve près de Jérusalem, et c'est là qu'aura lieu le jugement dernier.
Préparons une chambre richement ornée, Entrons-y et faisons fêle; , v
Nous devons mourir un jour ou l'autre,
L'âme lui dit : Corps ignorant,
Prête l'oreille à mon conseil :
Au jour du jugement dernier
On doit nous jeter au feu de la géhenne.
A quoi me sert donc ce monde vain et mensonger?
L'ange est venu, apportant le firman de ma mort. Il arrache à mes mains le monde et la vie. A quoi me sert ce monde vain et mensonger?
L'ange s'est assis sur ma tête,
Il m'a fermé la bouche, il m'a saisi la langue,
Il m'a ravi la lumière des yeux;
A quoi me servent mon père et ma mère?
Tous les voisins se sont assemblés ; L'ange Gabriel m'a paralysé la langue, Il m'a détachée de ce monde, A quoi me servent mon père et ma mère ?
Sitôt sortie du sein de ma mère, j'ai aimé le monde,
J'ai acheté lourd, j'ai vendu léger;
J'ai excité la colère de Dieu contre moi.
Malheur à une pécheresse telle que moi î
A quoi me sert ce monde vain et mensonger?
Écoutez, je vais dire les choses de ce monde :
Ne désirez pas les choses de ce monde;
Priez nuit et jour,
Pensez toujours à votre pauvre âme,
Pour que vous ne soyez pas confondus au jugement
dernier.
A quoi me sert ce monde vain et mensonger?
Notre Seigneur s'est assis sur le sombre nuage, .
Il ordonne à Fange Gabriel :
« Faites sonner toutes les trompettes,
Que chaque âme aille monter sur son corps. »
Chaque âme se hâte de monter sur son corps;
Celles qui ont péché ont une main sur la poitrine,
l'autre sur la face; Elles disent : « Lève-toi, corps abject, De l'endroit où tu gis; tu n'as jamais donné au pauvre
un morceau de pain ; Tu m'as noircie par tes péchés ; Viens au moins à mon secours en ce jour du jugement. »
Les âmes qui furent justes
Rejoignent leur corps avec joie;
Elles disent : « Lève-toi, corps, mon frère,
Tu as fait souvent l'aumône aux pauvres,
Tu m'as conservée pure au monde,
Allons nous présenter au tribunal de Dieu,
Où l'on pèse les péchés et les récompenses. »
Tous se rendent devant le tribunal du Dieu créateur.
Les justes s'agenouillent, Dieu les remet *
Aux mains des apôtres Pierre et Paul.
Les pécheurs, Dieu leur dit : « Allez dans le feu éternel ;
Je ne reconnais personne parmi vous. »
Alors ils invoquent la Sainte Mère de Dieu : « Ne laisse pas périr les âmes que tu créas! » Grandes sont les souffrances des pécheurs.
Van-Moush.