‹ Chants populaires arméniensChapitre 67 sur 87 · LA COMPLAINTE DE LA PERDRIX · texte numérisé non relu

LA COMPLAINTE DE LA PERDRIX

La perdrix se tenait assise sur une pierre,

Et pleurait : « Oiseaux! »

Elle se plaignait aux petits :

« Vous qui volez dans l'air, oiseaux!

Je suis montée sur les hautes montagnes,

J'ai contemplé les vertes prairies,

Vous qui volez dans l'air, oiseaux!

Je suis descendue, je suis tombée dans le piège,

Dans le filet tendu au milieu du lac,

Vous qui volez dans l'air, oiseaux!

On est venu m'empoigner,

On a levé sur moi le terrible couteau ;

Ma gorge chantante,

On Ta coupée d'une oreille à l'autre;

Mon petit sang rouge,

On l'a versé par terre ;

Mon petit bec rougeâtre,

On Ta rais sur le feu étincelant ;

Mes pieds à pas menus,

On les a coupés à partir du genou ;

Mes plumes multicolores,

On les a jetées aux monts et aux vallées ;

Celles qui sont tombées sur les monts,

Le petit vent les a emportées;

Celles qui sont tombées dans les vallées,

Le torrent les a emportées ;

Pareille à saint Grégoire,

On m'a fait descendre dans la caverne profonde.

On est venu me saisir

Et l'on s'est mis à table ;

Pareille à saint Jacques,

On m'a coupée pièce par pièce;

Avec du pain on m'a fait un linceul,

Avec du vin rouge on m'a enterrée ;

J'ai poussé le cri de Jérémie,

Du premier père et de la mère Eve.

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