ÉLOGE D'UNE MÈRE POUR SA FILLE
Tu te tenais là, toute gracieuse;
Vint le colporteur à pas lents ;
J'ai acheté un miroir pour ta face radieuse,
J'ai acheté un peigne pour tes cheveux roux,
Un petit sachet cle khôl pour tes yeux,
Une paire de souliers pour tes petits pieds ;
Une paire de franges pour suspendre à tes cheveux,
Blanches au dedans, noires au dehors;
Tes cheveux tressés à la chirvaniote,
Tu les as pendus le long de ton dos, à la manière kurde ;
Tu allas t'asseoir à l'ombre de l'arbre,
Tu peignis tes yeux et tes sourcils ;
Les garçons te virent,
Ils en perdirent la soif et l'appétit ;
Ils vinrent nous proposer de se mettre domestiques chez nous,
Ils voulaient t'enlever cle notre maison.
Tu t'asseyais, tu te levais comme une petite dame,
Pareille à la lune et aux étoiles ;
J'ai couvert ta tête d'un aralitchi * en fils d'or,
J'ai passé des pendants d'or à tes oreilles ;
J'ai égorgé le coq chantant,