‹ Chants populaires arméniensChapitre 80 sur 87 · LE NAUFRAGE · texte numérisé non relu

LE NAUFRAGE

Nous sommes partis d'Akhtamar en bateau, Nous nous sommes mis en route pour Van ; Lorsque nous sommes arrivés devant Vostan, Nous avons vu le noir soleil du jour noir.

De sombres nuages enveloppèrent le ciel, Ils ont englouti les étoiles et la lune ; Des vents violents ont soufflé, Ils ont dérobé les rivages à mes yeux.

Le ciel gronda, la terre gronda,

L'eau de la mer bleue se troubla;

De toutes parts des éclairs sillonnèrent le ciel ;

Une noire épouvante s'abattit sur mon cœur.

On voit le ciel, on ne voit plus la terre,

On voit la terre, on ne voit plus le ciel ;

Des vagues arrivent, grandes comme des montagnes;

Elles creusent devant moi des gouffres profonds.

0 mer, si tu aimes ton Dieu, Aie pitié du pauvre malheureux que je suis ; Ne fais pas éteindre ma douce jeunesse, Ne me livre pas à la mort au cœur de pierre.

Pitié, ô mers, terribles mers!

Ne me jetez pas dans les vents glacés !

Mes larmes vous supplient

Et les mille souffrances de mon cœur.

La bête fauve qu'est la mer n'a vraiment pas de pitié; Elle n'écoute pas la voix plaintive de mon cœur brisé ;

Le sang se glace dans mes veines, Une nuit noire descend dans mes %eux.

Allez dire à mes parents

De pleurer leur fils au sort noir ;

Dites-leur que Hanès fut dévoré par la mer

Et que sa jeunesse s'est évanouie!

Van.

Page 1