LE NAUFRAGE
Nous sommes partis d'Akhtamar en bateau, Nous nous sommes mis en route pour Van ; Lorsque nous sommes arrivés devant Vostan, Nous avons vu le noir soleil du jour noir.
De sombres nuages enveloppèrent le ciel, Ils ont englouti les étoiles et la lune ; Des vents violents ont soufflé, Ils ont dérobé les rivages à mes yeux.
Le ciel gronda, la terre gronda,
L'eau de la mer bleue se troubla;
De toutes parts des éclairs sillonnèrent le ciel ;
Une noire épouvante s'abattit sur mon cœur.
On voit le ciel, on ne voit plus la terre,
On voit la terre, on ne voit plus le ciel ;
Des vagues arrivent, grandes comme des montagnes;
Elles creusent devant moi des gouffres profonds.
0 mer, si tu aimes ton Dieu, Aie pitié du pauvre malheureux que je suis ; Ne fais pas éteindre ma douce jeunesse, Ne me livre pas à la mort au cœur de pierre.
Pitié, ô mers, terribles mers!
Ne me jetez pas dans les vents glacés !
Mes larmes vous supplient
Et les mille souffrances de mon cœur.
La bête fauve qu'est la mer n'a vraiment pas de pitié; Elle n'écoute pas la voix plaintive de mon cœur brisé ;
Le sang se glace dans mes veines, Une nuit noire descend dans mes %eux.
Allez dire à mes parents
De pleurer leur fils au sort noir ;
Dites-leur que Hanès fut dévoré par la mer
Et que sa jeunesse s'est évanouie!
Van.