VEVROS ET SON CHEVAL
À Vardari, à Vardari, — dans la plaine de Vardari, — Vévros, las! était gisant; — et son cheval moreau lui dit: —« Léève-toi, mon maitre, et cheminons ; — (voilà) notre compagnie (qui) s’en va.» — « Je ne puis cheminer, (mon)moreau;— je vais mourir. — Viens, creuse (la terre) avec tes pieds, — avec tes fers d'argent; — enlève-moi avec tes dents, — et dans la terre jette-moi, — puis prends mes armes; — porte-les à mes proches : —prends aussi mon mouchoir — et le porte à ma belle (amie), — pour qu’elle me pleure en le voyant...»
sado es VERRA LR LS ων ων υοὐ οὐ ωυὑυνωσσυώωυνυνοό-
Va cz la chanson la plus longue et peut-être la plus distinguée de ce recueil, non pour le sentiment ou l'idée, mais pour la vigueur et l'éclat des détails. Un Grec que l'on peut ; si l'on veut, se figurer sous le costume chevaleresque, et servant à la cour ou dans les armées de quelque prince étranger, a laissé dans son pays une maîtresse qu'il adore toujours; et la malheureuse a été enlevée par un Turk qui veut la contraindre. à l'épouser, Averti par ses pressentiments du péril de sa bien aimée, le chevalier grec part en toute hâte pour la délivrer : il arrive au moment où elle allait devenir la femme de son ravisseur musulman, l'enlève à son tour, et s'enfuit avec elle. Voilà tout le sujet de la pièce, dont la composition présente des obscurités et des hardiesses bizarres.
La plus saillante, c'est que le récit de l'action qui est d'abord à la première personne, dans la bouche du héros , continue à la troisième personne au nom du poète. Ce mélange de formes, dont on a déja pu observer d'autres exemples dans ce recueil, étonne ou choque un peu notre goût; mais il est tout à fait indifférent pour
des imaginations très-vives et très-mobiles, comme celle des Orientaux et des Grecs.
Il y a aussi dans la pièce un incident caractéristique, sur lequel il se présente une observation à faire. Quand ce pauvre chevalier grec qui sait qu'un Turk lui a ravi sa maitresse, et que, pour ne pas la perdre, il a besoin d'être porté vers elle avec la rapidité de l'éclair , s'arrête à deux reprises, en chemin, pour le simple plaisir de causer d'abord avec un vieillard, puis avec une vieille femme, le poète a l'air d'être tombé dans une distraction, et de pécher contre la vraisemblance. Qu'il pèche contre la vraisemblance , céla se peut; mais ce n’est point par distraction : c'est, au contraire, par une intention réfléchie, très-rafinée, qui, juste ou non, mérite au moins d'être observée.
La piété filiale, la teñdresse paternelle et maternelle sont, comme j'ai eu déja rhaintes occasions de le tire, des affections qui fournissent à la poésie populaire des Grecs plusieuts de ses thêrnes favoris, et de ses allusions les plus touchantes; ét c'est encôre un hommage solennel rendu à ces affettions qu’il faut voir dans les traits de cette chanson dont il s'agit iti, Quelque pressé qu’il soit de ravit son amante à un να] et à un ihfdèle, quelque incertain qu'il soit d'arriver à temps pour la satrver, le bon Grec he peut se défendre du souhait de rencontrer éh chemin son père et sa mère, ni de coutir, en s’ariêtant pour les voir, les saluër et'ieur parler, un risque plus grand pour lui, que celui même de la vie. Télle à été, en cet endroit, l'intentiün du poèté ; ét certes! elle a quelque those de profond et de touchant. .
Pour ce qui est des beautés et des hardiesses d’expression qui se rencontrent presque à chaque vers, il serait trop long de les relever ici une à une; il suffira d’en signaler quelques-unes dans les notes.
Le grand nombre de mots particuliers à l'Archipel, ou aux contrées maritimes de la Grèce que l’on trouve dans cette pièce, ne permettent guère de douter que ce ne soit, en effet, dans quelqu'une des îles qu'elle a été composée. J'ai vu des Grecs qui l'avaient entendu chanter à Corfou et à Céphalonie, et aucun qui l'ait entendue eur le continent; ce qui n'est cependant pas une preuve qu’elle 7 soit inconnue. Je la crois l’une des plus anciennes de ce recueil. ;
LADA VRP αν VER VALLE LATE VA /D VALLE LE OR A/R /R ALES
ὡς κάθουµουν xai ἔτρωγα εἰς µαρμαρένιαν τἀῦκαν, ὁ μαῦρός µου χλιμήντρισε, ῥάΐσε τὸ σπαθί µου. Κ᾿ ἐγ᾽ ἀπονοῦς µου τ’ὄννοιωσα, πανὸ ρεύουν τὴν καλήν µου M? ἄλλον ἄνδρα τὴν εὐλογοῦν, μ) ἄλλον τὴν στεφανόνουν, Πανδρευαῤῥαθωνιάζουν την, κ᾿ ἄλλον τῆς δίνουν ἄνδρα. Περνῶ καὶ πάω᾿σ τοὺς μαύρους µου, τοὺς ἐθὸ ομηνταπέντε’ « Ποιὸς εἶν᾽ ἀπὸ τοὺς μαύρους µου, τοὺς ἑθδομηνταπέντε, » N° ἀστράψη σ τὴν ἀνατολὴν, νὰ εὑρεθῇ Ἰσ τὴν δύσιν ;" — Οἱ μαῦροι, ὅσοι Tr’ ἄκουσαν, ON αἷμα κατουρῆσαν. KL ἡ μαῦρες ὅσες T° ἄχουσαν, ὅλες πουλάρια ῥῆξαν. Κ΄ ἕνας γέρος, γερούτσιχος καὶ σαραντοπληγιάρης . «Ἠγώ εἶμαι γέρος x’ ἄσχημος, ταξείδια δὲν μοῦ πρέπουν᾽ » Γι ἀγάπην τῆς καλῆς χυρᾶς νὰ µακροταζειδέψω, » Οποῦ μ ἀχριθοτάγιζε 'σ τὸν γῦρον τῆς ποδιᾶς της, » Oro μ’ ἀχριθοπότιζε ᾽ τὴν χοὔφταν τοῦ χεριοῦ της.» — Στρώνει γοργὰ τὸν μαῦρόν του, γοργὰ καθαλλικεύει,
««Ὀ«συυώωυώωυσαω ου ου υνουωσνουος ουσ ωνωσυυσω ουσ VIE VAR VE ων νυν ων
Comme j'étais assis et mangeais à (ma) table marbrine, — voilà mon moreau (qui) hennit; voilà mon épée (qui) craqua; — et je compris, (par là), dans mon esprit, que l’on mariait ma belle; — qu’on l’avait fiancée , qu’on la donnait à un autre homme; — qu’on la bénissait avec un autre, qu'avec un autre on la couronnait. — Je me lève, et m'en vais à mes moreaux, à mes soixante et quinze (moreaux), — « Quel est celui de mes moreaux, de mes soixante et quinze (moreaux), — qui peut, en un éclair qu'il fait du pied dans lorient, arriver dans l'occident?» — Tous les moreaux qui m'entendirent urinérent, le sang; — toutes les cavales qui m’entendirent avortérent. — Mais un vieux, un tout vieux ( cheval), ayant une multitude de plaies, (répondit): — « Je suis vieux, (je suis) laid, et les voyages ne me conviennent plus. — ( Cependant encore un voyage,) un grand voyage, je le ferai pour l'amour de ma belle maîtresse, — qui me choyait, me donnant à manger dans son tablier ; — qui me choyait, me donnant à boire au creux de sa main.» — Et
» Μ΄ ἄλλον ἄνδ pa τὴν εὐλογοῦν, μ’ ἄλλον τὴν στεφανόνουν.»-- «Γιὰ] πέςµου, πές µου, γέροντα, φθάνω τους ςὸ τραπέζι;»- « Ἂν ἔχης μαῦρον γλίγωρον, φθάνεις τους Ἰσ τὸ τραπέζι"
» Àv ἔχης μαῦρον πάρναχα, φθάνεις τους νὰ ᾽υλογοῦνται.»-- Δίνει θουτσιὰν τοῦ μαύρου του, καὶ πᾷ σαράντα μίλια" Καὶ µεταδευτερόνει το; καὶ πᾷ σαρανταπέντε.
« Θεέ ! νὰ Ὀδρῶ τὴν µάνναν µου ᾿σ τὸν χῆπον νὰ motion! ,— Σὰν χριστιανὸς τὸ ἔλεγε, σὰν ἅγιος ἐξακοήσθη.
vite il selle son moreau, vite il se met en selle : — « Oh! serre bien, (mon maître, ) serre bien ta chère tête avec un mouchoir de neuf aunes, — et garde toi de faire le cavalier fringant, de te servir de l’éperon; — il me souviendrait de ma jeunesse; je ferais encore le poulain ,— et semerais ta cervelle sur neuf toises de champ. » — Il donne un coup de houssine à son moreau, et fait quarante milles; — il en donne un second, et fait quarante-cinq milles, —et, sur le chemin , tout en allant, il priait Dieu : — « Mon Dieu, fais que je trouve mon père dans notre vigne taillant ! » — Comme un chrétien il avait parlé; comme un saint 1] fut exaucé : — il trouva son père dans la vigne taillant :—« Bon jour, vieillard, à qui est cette vigne ? »— «(C’est la vigne) du malheur, de la douleur; (c’est la vigne) de mon fils Jean.— L'on donne aujourd’huiun autre époux à sa belle : — on la bénit avec un autre, avec un autre on la couronne. »— «Oh! dis-moi, vieillard, dis-moi, les trouverai-je encore à table?» — «Si tu as un moreau tres-vite, tu les trouveras encore à table : — si tu n'as qu'un bon moreau, tu les trouveras au moment d’être bénis.»y —Il donne un coup de houssine à son moreau, et fait quarante milles; — il en donne un second, et fait quarantecinq milles. — Et sur le chemin, tout en allant, 1l priait Dieu : — «Mon Dieu, fais que je trouve ma mère, dans notre jardin arrosant !» — Comme un chrétien il avait parlé, comme un saint il fut exau-
« Καλῶς τὰ κάνεις, γραῖά µου | καὶ τίνος εἶν à κῆπος----- « Tic ἐρημιᾶς » τῆς σχοτεινιᾶς, τοῦ υἱοῦ µου, τοῦ αννάχη. » Σήμερα τῆς καλήτσας του, ἄλλον τῆς δίνουν ἄνδρα, » Μ) ἄλλον ἄνδρα τὴν εὐλογοῦν, 1’ ἄλλον τὴν στεφανόνουν.» - « Γιά] πέςµου, πές µου, γραϊάμου, φθάνω τους σὸ τραπέζι;»-
À # ον y y de ri { « Αν ἔχης '«ὕρον γλίγωρον, φθάνεις τους ᾿σ τὸ τραπέζι" » ἂν ἔχης μαῦρον πάρναχα , φθάνεις τους νὰ ᾿νλογοῦνται. »-- Aiver βουτσιὰν τοῦ μαύρου του, καὶ πᾷ σαράντα μίλια ᾽
Λ μα 9 , a Ἂν ἠν᾽ ὁ πρῶτός 0° ἀδελφὸς, ἔθγα νὰ τὸν xepdonç”
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LI φ PU / δν Ν / ]]οιὸς ειχε μαυρον παρναχα», Un € TOY XOVIOPTOV τον.
cé : — il trouva aussi sa mère, dans le jardin, arrosant : — « Bonjour , (bonne) vieille; à qui est ce jardin? » — « ( C’est le jardin) du malheur, de la douleur; (c'est le jardin} de mon fils Jean. On donne aujourd’hui un autre époux à sa belle ; — on la bénit avec un autre, avec un autre on la couronne. — « Oh! dis-moi, (bonne) vieille, dismoi, les trouverai-je encore à table? » — «Si tu as un moreau tres-vite, tu les trouveras encore à table; — si tu πας qu’un bon moreau, tu les trouveras au moment d'être bénis. » — Il donne un coup de houssine à son moreau, et fait quarante milles ; —il en donne un second, et fait quarantecinq milles. — Le moreau s’est mis à hennir; et la fiancée l’a reconnu.—«Quel est celui qui te parle, ὁ ma belle, celui qui converse avec toi?» —«C’est mon frère aîné qui apporte ma dot.» — «Si c’est ton frère ainé, sors et verse-lui à boire : — si c’est ton premier amant, Je sors, moi, et Je le tue.» — « C’est mon frère aïné qui apporte ma dot.» — Elle prend une coupe d’or, et sort, pour verser à boire au (cavalier). —« Tiens-toi à droite, ὁ ma belle, et donne -moi à boire à gauche.»— Le moreau a ployé les jambes et la belle est dessus : —1l court comme le vent; et les Turks saisissent leurs mousquets. — Mais ils ne virent ni le moreau, ni sa poussière. — Celui qui avait un moreau rapide vit la poussière; — celui qui n’avait qu'un bon moreau, ne vit pas même la poussière. |