‹ Chants populaires de la Grèce moderne (volume 2)Chapitre 38 sur 146 · LE SOMMEIL DU PALLIKARE · texte numérisé non relu

LE SOMMEIL DU PALLIKARE

L, première de ces deux pièces est agréable et d’une naïveté piquante, par ce qu elle a d'un peu équivoque. Ἡ s'y trouve un mot caractéristique pour lequel j'ai été obligé de me contenter d'un équivalent. C'est le mot marazi ou marazart, dérivé des verbes µαραζόω, µαρασιάζω, anciennement µαρασιαύω, et qui, dans la langue familiere, désigne une personne faible, malingre, valétudinaire. Dans la chanson, cet adjectif est employé à dessein, comme nom propre. J'aurais dù, pour l’exactitude lit-

térale, le rendre en français par un nom formé du verbe flétrir, se flétrir. Mais celui que j'ai forgé du verbe languir m'a paru moins recherché, et tout aussi convenable à l'intention de la pièce.

La seconde chanson n'est pas sans quelque analogie avec la première, et me parait plus agréable encore et plus originale. Mais le sujet, traité avec un certain vague, a peut-être besoin d'être un peu déterminé. Il s'agit d’un jeune Pallikare qui, engagé tout un Jour dans

un combat périlleux, n'a pu rentrer chez lui que fort tard dans la nuit, et, qui, réveillé le matin par sa jolie épouse, ou peut-être par sa maitresse, est obligé de lui conter de quels périls il sort, et de quelle fatigue il est accablé. Les vers qui précèdent ce récit, en forme de prologue, sont pleins de douceur, de mollesse et de grace. C’est dans le canton de Zagori, en Épire, que cette pièce se chante telle, à peu près, que je la donne ici; mais elle est bien plus dans le style des iles que dans celui du continent, et surtout des montagnes.

Quant à la pièce précédente, c'est une de celles qui se chantent à Ilannina, où il est plus que probable qu'elle a été composée. J’en ai vu plusieurs copies dont je rapporterai quelques variantes.

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