‹ Chants populaires de la Grèce moderne (volume 2)Chapitre 49 sur 146 · XXI · texte numérisé non relu

XXI

LA ΜΕΒΕ MORÉATE.

CELUI qui veut ouir des plaintes, de tristes lamentations, qu'il aille dans les villes de la Morée, dans les carrefours de la ville : — { c’est là que) la mère pleure l'enfant, et l'enfant la mére. — (Les femmes) sont assises à la fenêtre, et tournent l’œil vers le rivage ; — elles gémissent comme des perdrix, s’arrachent les cheveux, comme les canes (s’arrachent les plumes ); — et leur vêtement est noir comme l'aile du corbeau. — Elles regardent les barques venir, les navires poindre (en mer) :---- «O vous, navires, vous, chaloupes, ou vous, petites barques , — n’auriez-vous pas vu Jean, mon fils Jean ?» — « Si nous l’avons vu, si nous l’avons rencontré, d'où pouvons-nous le savoir? — Signale-le-nous; et peut-être le reconnaitronsnous. » — « Il était grand, il était mince, il était droit comme un cyprès ;—et 1l avait au petit doigt un bel anneau ; — mais plus encore brillait le doigt que l’anneau. » — « Hier soir, nous l'avons vu sur le sable de la Barbarie; — des oiseaux blancs le mangeaient; des (oiseaux) noirs l'entouraient ; —

« Days, πουλὶ, καλὸν πουλὶ, dr” av βειωµένου πλάταις, » Νὰ κάµης πήχην τὸ φτερὸν, χαὶ πιθαμὴν τὸ νύχι,

» Na γράψω ᾿σ τὰ φτερούλια σου τριὰ θλιθερὰ γραμμάτια. » Τὸ ἕνα εἰς τὴν µάνναν pou, τ ἄλλο Ἰσ τὴν ἀδερφήν µου, 2 Τὸ τρίτον, τὸ ὑστερινὸν, νά Ίναι τῆς ποθητῆς µου;

» Nas’ ἀναγνών À µάννα µου, νὰ χλαίγ ἡ ἀδερφή µου, » Na 7’ ἀναγνών) À ἀδερφὴ, νὰ χλαίγ à ποθητή µου,

» Na τ) ἀναγνών) à ποθητὴ, νὰ χλαίγ à χόσµος ὅλος, »

LA MÈRE MORÉATE. I9t

et (il y avait aussi là) un oiseau, un bon oiseau qui ne voulait manger; mais, de ses lèvres desséchées (ton fils) lui disait : — « Oiseau, bon oiseau, mange des épaules d’un brave, — pour que ton aile devienne grande d’une aune, ta serre d’un empan;— et sur tes ailerons j’écrirai trois billets de douleur : — lun sera pour ma mère, l’autre pour ma sœur; et le troisième, le dernier, sera pour ma maitresse. — Ma mère lira le sien, et ma sœur pleurera; — ma sœur lira le sien, et ma maitresse pleurera; — ma maitresse lira le sien, et tout le monde pleurera.»

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