LE GREC DANS LA TERRE ÉTRANGÈRE
Carre chanson , pour l'expression et les détails, l’une des plus naïves de ce recueil, en est aussi, pour le sentiment et le motif, l'une des plus populaires. Les habitans des villages et des campagnes la chantent tous les jours et à tout propos, mais avec plus de convenance et de solennité dans les réunions de parents et d'amis qui ont lieu à l'occasion du départ d’un des leurs pour les pays étrangers. Elle n’est pas inconnue dans les villes, n1 à Constantinople même, où les mendiants en psalmodient des fragments plus ou moins altérés. C'est probablement une, des pièces les plus anciennes de ce recueil; et nul doute que diverses copies qui en seraient prises en divers lieux, ne présentassent beaucoup de variantes. Je n'en αἱ eu à ma disposition qu’une seule, d’après laquelle on l'aura ici telle qu'on la chante dans les montagnes de l'Épire.
On peut trouver dans la pièce un peu de vague et d'obscurité, ce qui tient surtout à ce qu'elle est composée de deux parties réellement distinctes, en tant
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qu'elles se rapportent à deux moments différents, mais que le poète n'a pas songé à distinguer d'une manière expresse et sensible. Les six premiers vers se rapportent au moment du départ, dont ils expriment l'angoisse et les douleurs : les autres sont le tableau des misères actuelles de l'exil. Mais tout cela doit aisément se confondre dans l'imagination du pauvre expatrié.
Il y a quélque chose à noter sur les vers troisième, quatrième et cinquième. Ces vers, qui sont jetés ici dans le corps même de la chanson et s'y fondent comme portion intégrante, ne sont néanmoins qu'un lieu commun poétique plus ancien, et fort employé; qu'une formule de prologue particulièrement affectée, dans les pays de montagnes, aux chansons dont le sujet est lamentable et terrible. C'est une espèce d'imprécation dans la bouche de quelqu'un qui, l'imagination frappée d’un évènement étrange et déplorable, conjure la nature d'y prendre part, et d'attester qu'elle en est émue par l'interruption de ses phénomènes les plus accoutumés. C’est dans ce sens aussi, que les vers dont il s'agit doivent être entendus dans cette pièce : car il n’y a point, pour un Grec, de malheur plus grand que de quitter les siens et la terre natale. |
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RL TS / 9 207 4 20e À κ » Να εἰδῆς, ζένε, τ ἀδέρφια σου, νὰ ἰδῆς τους OUVYEVELS σου.»