LE REFUS DE CHARON
Pourquoi sont noires les montagnes? pourquoi sont-elles tristes ?—Serait-ce que le vent les tourmente ? Serait-ce que la pluie les bat ? — Ce n’est point que le vent les tourmente; ce n’est point que la pluie les batte. — C’est que Charon (les) passe avec les morts. — Il fait aller les jeunes gens devant, les vieillards derrière, — et les tendres petits enfants rangés de file sur sa selle. — Les vieillards (le) prient, et les jeunes gens (le) supplient : — « O Charon, fais halte près de quelque village : au bord de quelque fraiche fontaine : — les vieillards boiront ; les jeunes gens joueront au disque ; — et les tout petits enfants cueilleront des fleurs. » — «Je ne fais halte près d’aucun village ; au bord d'aucune fraîche fontaine : — les mères (qui) viendraient chercher de Peau reconnaitraient leurs enfants; — les maris et les femmes se reconnaitraient , et 1] ne serait plus possible de les séparer. »
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