‹ Chants populaires de la Grèce moderneChapitre 1 sur 194 · DU TRADUCTEUR-EDITEUR · texte numérisé non relu

DU TRADUCTEUR-EDITEUR

L projet de faire connaître quelques-uns des chants populaires de la Grèce moderne n'est pas nouveau. Dés 1676, La Guilletière promettait, dans la préface de son ouvrage intitulé Lacédémone ancienne et nouvelle, d’en donner une collection. Dans ces derniers temps, des hommes d’un talent distingué, en Allemagne, ont recueilh un plus ou moins grand nombre de ces chansons en grec vulgaire, avec l'intention de les publier. M. André Mustoxidi de Corfou adressait, en 1820, à Démétrius Schinas une lettre éloquente, qu'il a depuis rendue publique, et qui avait été destinée d'abord à servir de préambule à un choix de chansons grecques, et à un discours sur la poésie moderne des Grecs. La tâche était digne du patriotisme, du savoir et du goût de l’élégant écria

1j PRÉFACE.

vain à qui l’Europe et la Grèce doivent l'intéressant précis des évenements qui ont précédé et suivi la catastrophe récente de Parga, précis publié en France par M. Amauri Duval. Si donc le recueil de chants populaires de la Grèce que je donne aujourd’hui au publié se trouve être le premier qui aura vu le jour, ce ne sera que par une sorte de bonne fortune sur laquelle je ne devais pas compter.

Le premier fond des pièces dont se compose ce recueil provient de l'illustre docteur Coray, qui en avait fait don à M. Clonarës, de qui j'en obtins des copies par l'intermédiaire de M. Pikkolo, actuellement professeur à Corfou. Quelques pièces des plus remarquables m'ont été communiquées par MM. Haze et Mustoxidi : la plupart m'ont été données ou envoyées de divers côtés par des Grecs qui savaient le plaisir et lempressement avec lesquels je m'occupais à en faire an recueil.

Persuadé qu’un tel recueil serait le meilleur livre classique pour l’étude du grec moderne, je n'ai rien négligé pour que le texte en fût aussi correct que possible. 1 y a beaucoup de pièces dont j'ai eu deux ou mème trois copies. Dans le

PRÉFACE. ii]

choix des diverses leçons, j'ai toujours donné la

préférence à celles qui m'ont semblé le plus dans le goût et dans l’idiome du peuple; et en général les corrections qu'il a été parfois indispensable de faire à des copies fautives et uniques, ont toutes été faites dans le même sens.

Les Grecs modernes, èn parlant, ne prononcent point ou plutôt mangent en prononçant, dans certains cs, le ν ou π final, qui marque l’acousatif singulier de tous les noms, Île nominatif des noms neutres ét la première personne des verbes au pluriel. Mon desseiri était d’omettre aussi ce ν dans le texte imprimé, et de suivre exactement dans l’orthograplie la prononciation vulgaire. Mais la majorité des Grecs que j'ai consultés sur mon projet m'a assuré que cette orthographe, tout-à-fait insolite dans l'écriture et dans les livres, choquerait leurs compatriotes; et j'ai dû me rendre à leur opinion. | .

Quant à la traduction des chansons populaires des Grecs, mon unique prétention a été qu’elle fût en tout, et jusque dans les moindres détails, non-seulement aussi fidèle, mais aussi littérale que possible. Je me suis convaincu que l’on n’en peut

iv PRÉFACE.

altérer ni modifier en rien la phraséologie, saus en détruire l'originalité et l'effet.

En tête de chaque pièce ou de chaque série de pièces, j'ai mis, quand je l’ai pu et quand il y avait lieu, un argument historique accompagné ou entre-mêlé de quelques indications littéraires.

Le recueil entier est précédé d'un discours trop long peut-être, mais cependant fort imcomplet, sur la poésie moderne des Grecs, où j'ai fait entrer tout ce que je savais de propre à répandre de l'intérêt ou du jour sur les pièces de ce-recueil, et en général, sur l’ensemble de la poésie vulgaire de la Grèce.

Ce discours a été écrit long-temps après les arguments, et sans les avoir sous les yeux; il sera peut-être résulté de là que j'aurai répété ou omis dans l’un des choses déja dites ou promises dans les autres. Mais je me flatte que ni les omissions, ni les répétitions ne porteront sur des points essentiels.

Il ya, dans ce même discours, des assertions fondées sur des autorités et des témoignages que Je ne cite pas toujours; je n'ai pas cru que cela füt nécessaire dans une esquisse aussi sommaire

PRÉFACE. Y que celle-ci. Je me propose de revenir un jour, dans un ouvrage à part et avec l'étendue et la méthode convenables., sur l'histoire de la littérature grecque moderne.

La plupart des faits et des notices que contiennent tant le discours que les arguments dont je viens de parler, je les ai recueillis, non dans des hivres, mais dans des entretiens assidus avec des Grecs éclairés, aimant et connaissant leur pays. J'ai tâché de fondre et de coordonner en un seul et même ensemble les renseignements divers et isolés obtenus de chacun d'eux.

Pour citer tous les Grecs qui m'ont aidé de leurs conseils et de leur instruction, it me faudrait nommer tous ceux que je connais, et que j'ai eu l'avantage de rencontrer depuis que je m'occupe de ce recueil; car il n’en est pas un dont je n’aie appris quelque chose dont j'ai tiré ou aurais pu tirer parti. Mais je ne puis me dispenser de nommer au moins MM. Clonarès, Makrys, Mavromatis et Triantaphyllos , qui m'ont particulièrement encouragé et secondé dans mon travail. C'est avec leur secours, par leurs conseils ou avec leur ap-

probation, que j'ai compris, corrigé et traduit le

Y] | PRÉEACE.

texte de ces compositions, et que J'ai essayé de jéter quelque jour sur des points trop peu connus de l’histoire et des mœurs de la Grèce moderne. Si je n'eusse compté sur leurs lumières, je-n’aurais point entrepris de donner ce recueil au public, ou j'aurais eu tort de l’entreprendre.

Depuis que jai mis cette collection en état de paraître, j'ai recueilli de quoi en faire une seconde; et je m'occuperai du travail qu'elle’ exige, si le public accueille favorablement la première. .

DISCOURS

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