L'AMANT ENSORCELÉ
Izs sont partis les vaisseaux, les vaisseaux de Zagora ; — et il est aussi parti celui que j'aime; il est allé dans la terre étrangère; — et il ne m'est venu de lui ni lettre ni réponse. — Mais, au bout de dix années, il m'envoie une lettre, — et, dans un mouchoir d’or, douze pièces d’or : —« Prends ce mouchoir, mon amour; prends ces douze pièces d'or, — que j'ai gagnées dans les terribles pays étrangers ; — et, si tu veux, marie-to1; si tu veux, fais-toi religieuse. — Mais ne m'attends plus, mon amour; tu ne me reverras plus. — Une sorcière cruelle me retient ici ensorcelé. — Trois fois j'ai voulu partir; trois fois je suis monté en mer. — Mais autant de fois le navire, après avoir un peu vogué, — a plongé et vogué sous l’eau en sens contraire : — autant de fois il est revenu au port par le fond de la mer.— Ne m'attends plus, mon amour, tu ne me reverras plus.
φυυυυονωνιοσν νο AE RAS LR υνουωυσονουοώωωσεοσνων
LA MERE MORÉATE.
Τι deux premiers vers de cette pièce sont une des formules de début usitées pour les chansons dont le sujet est triste. Les cinq ou six vers subséquents représentent la foule désolée des mères de je ne sais quelles villes de la Morée, et peut-être aussi de Constantinople, pleurant leurs fils dont elles ont été séparées, et attendant, sur le rivage, des nouvelles de leur sort. Ce tableau parait faire allusion à quelques-unes des calamités de la Grèce, peut-être à une guerre, peut-être à cette épouvantable dime levée d’abord par les Turks sur les enfants des Grecs, et qui, même après avoir cessé, dut laisser partout une longue impression de douleur et d'effroi. Du reste, c'est l'infortune particulière de l’une de ces pauvres mères, qui fait le véritable sujet de la chanson; le tableau précédent n'en est que le préambule.
Cette chanson peut passer pour l’une des plus belles de son genre. Lors même qu'elle ne contiendrait pas des mots qui fournissent la preuve directe qu elle a été composée dans quelqu'une des îles de l’Archipel, ou des villes maritimes de la Morée, on le devinerait à je ne sais
quelle grace pénétrante, à je ne sais quelle tendresse naïve d'expression , qui séntblent caractériser les inspira tions du doux ciel et de la terre riante de ces contrées.
Il y a quelques observations de détail à faire sur cette pièce. On y voit deux vers très-remarquables, qui se rencontrent également, avec une légère variante, dans la chanson du mont Olympe. Ce sont ceux, où il est dit: « Mange, oiseau, mange des épaules d'un brave», etc. Ou ces deux vers ont été empruntés à l'une des deux pièces par l’autre ; ou , ce qui est encore plus probabk, ils appartiennent à quelque pièce plus ancienne, dont ils auront été détachés à cause de leur beauté, pour circuler et servir, comme lieu commun de poésie, dans les cas analogues à celui pour lequel ils furent une fois trouvés d'inspiration. Du reste, s'il fallait croire que c’est de l'une des deux pièces en question, que ces deux vers orit été pris par l'autre, ce serait à coup sûr le chant des Moréates qui aurait fait l'emprunt à celui des inontagnards de la Thessalie.
Êt cet emprunt n’est pas même le seul que l’on puiss remarquer dans le premier. Ce joli vers que l'on y troure aussi :
Ποῦ xhaiy" à µάννα τὸ παιδὶ, καὶ τὸ maudit τὴν μάννα», Où la mère pleure l'enfant, et l’enfant la mère,
je Fai retrouvé dans une longue pièce sur la prise de Constantinople, composée à l'époque de Févènerient: et li même, il a l'air d'être tiré de quelque chans® populaire plus ancienne.
νυΨωωσωώυνωννω σώσω ώσωωωυ SE
Ποιὸς θὲ v’ ἀχούση χλάµµατα, καὶ μαῦρα µυριολόγα, Ἆς ra 'σ τὰ κάστρη τοῦ Μωρεᾶ, ’o τῆς πόλης τὰ χαντούνια΄ Που χλαίγ) ἡ μάννα τὸ παιδὶ, χαὶ τὸ παιδὶ τὴν μάννα». ᾿Σ τὸ παραθύρι κάθονται, καὶ τὸν γιαλὸν τηράζουν Σὰν περδικοῦλες θλίδονται, καὶ σὰν παπιὰ μαδιοῦνται, Σὰν' τοῦ χοράχου τὰ prepa, μαυρίς À φορεσιά τους. « Καράδια, καραθόπουλα, καὶ σεῖς μικρὲς βαρχοῦλες,
VUE LVL LL RE ο ων υοωυυω ουυνσνυνυνυν
LA MÉRE MORÉATE.
CeLur qui veut ouir des plaintes, de tristes lamentations, qu'il aille dans les villes de la Morée, dans les carrefours de la ville : — { c’est là que) la mére pleure l'enfant, et l'enfant la mère. — (Les femmes) sont assises à la fenêtre, et tournent l’œil vers le rivage ; — elles gémissent comme des perdrix, s’arrachent les cheveux, comme les canes ( s'arrachent les plumes); — et leur vêtement est noir comme l'aile du corbeau. — Elles regardent les barques venir, les navires poindre (en mer) :---- «Ο vous, navires, vous, chaloupes, ou vous, petites barques ,— n’auriez-vous pas vu Jean, mon fils Jean ?» —« Si nous l'avons vu, si nous l’avons rencontré, d’où pouvons-nous le savoir? — Signale-le-nous; et peut-être le reconnaïtronsnous. » — « Il était grand, 1] était mince, il était droit comme un cyprès; —et il avait au petit doigt ‘un bel anneau ; — mais plus encore brillait le doigt que l’anneau. » — « Hier soir, nous l'avons vu sur le sable de la Barbarie; — des oiseaux blancs le mangeaient ; des (oiseaux) noirs l’entouraient ; —
» K° ἕνα πουλὶ, καλὸν πουλὶ, δὲν ἤθέλε νὰ pay.
« Φάγεα, πουλὶ, καλὸν πουλὶ, dr’ ἀνδρειωμένου κλάταις, » Na χάµης πήχην τὸ φτερὸν, χαὶ πιθαμὴν τὸ νύχι,
» Na γράψω ’σ τὰ φτερούλια σου τριὰ θλιθερὰ γραμμµάτα. » Τὸ ἕνα εἰς τὴν µάνναν µου, τ΄ ἄλλο σ τὴν ἀδερφήν por, » Τὸ τρίτον, τὸ ὑστερινὸν, νά ‘var τῆς ποθητῆς µου;