‹ Chants populaires de la Grèce moderneChapitre 105 sur 194 · L'IMPRÉCATION · texte numérisé non relu

L'IMPRÉCATION

Brance, claire lune, qui vas te coucher, —sa: lue (de ma part) celui que j'aime, le ravisseur de mon amour. — ( L'infidéle!) il me donnait des baisers, et me disait : «Jamais je ne te délaisserai!» — Et voilà qu'il m'a délaissée comme un champ moissonné et glané, — comme une église interdite, comme une ville ravagée.— Je veux le maudire; mais je m'attendris encore sur lui :—mes en: trailles s'émeuvent et mon ame souffre pour lui.— N'importe ! il vaut mieux le maudire, et fasse Dieu ce qu’il voudra— de ma peine et de mes soupirs, de ma flamme et de mes imprécations. — Puisset-il donc, monté sur un cyprès, pour en cueillir la fleur, — se précipiter de haut en bas; — se briser comme le verre, se fondre comme la cire! — Puisse-t-il, ayant passé par les sabres turks, tomber sous les couteaux franks!— (avoir besoin de) cinq chirurgiens pour le tenir, de dix pour le guérir!

JT. 12

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L'AMANT ENSORCELE.

Τι. six chansons suivantes ont toutes, par le sujet, plus ou moins d'analogie entre elles : elles sont toutes du genre de celles que les Grecs composent journellement pour peindre les regrets de l'expatriation et les misères qui l'accompagnent.

Le morceau de ce genre qui se présente le premier, n'est qu'un fragment appartenant à une pièce que je regrette de ne pouvoir donner en entier, d'abord parce qu'elle est agréable et célèbre dans une grande partie de la Grèce, et plus particulièrement encore, parce qu'elle est un monument curieux de l’une des superstitions nombreuses que les Grecs de nos jours ont héritées de leurs aïeux.

Il s'agit d'un amant qui est allé passer quelques années à l'étranger , pour ÿ amasser un petit pécule avec lequel, revenu dans son pays, il espère pouvoir épouser sa maîtresse qui l'attend. Mais il est retenu, à son grand regret, dans la terre étrangère, par les sortilèges d’une méchante femme; et tout ce qu'il peut faire pour son amie , est de lui envoyer le peu d'or qu'il a gagné, et de lui rendre la liberté de disposer d'elle-même. La ma-

nière dont le vaisseau ensorcelé finit toujours par revenir au point dont il était parti, a quelque chose de fort étrange, pour ne rien dire de plus.

J'ai hasardé, dans la traduction, de remplir les lacunes principales de la pièce, d'après les réminiscences de celui de mes amis Grecs à qui je dois ce fragment, et qui, bien qu'il eût oublié la lettre du reste, n'en avait pas oublié le fond. La pièce appartient certainement à la Thessalie orientale, dans laquelle est située la ville de Zagora.

CAE LD LR RD VER LR VL/E LL/S CARD VER οωυνυωωώώσυώωωώσυνυυνν

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