PAR M. AMBROISE FIRMIN DIDOT
Ex lisant les épreuves des distiques que M. Faund vient de nous envoyer de Milan, je me suis [αχ de pouvoir joindre à la collection publiée par notre savant ami, ceux que j'avais recueillis moi-même ds l'île de Rhodes, où je m'arrêtai quelques jours ds l'année 1817.
L'intérêt que les chants nationaux présentent géné lement dans le recueil de M. Fauriel, soit pour l'énk de la langue, soit comme monuments historiques, 8) fait regretter vivement de n'avoir pas attaché assez d'# portance à recueillir tous ceux qui se sont conseré dans les diverses parties de la Grèce que j'ai part rues. Leur recherche m'eût été rendue très-faak ps les relations que le nom de Coray, dont je mb nore d'avoir été long-temps le disciple, m'avait po curées , avec ce que la Grèce comptait alors d'homæ les plus distingués, Oikonomos, Bambas, Bardalabos. Koumas, Théophile, et parmi ceux pour qui je ο serve la plus vive reconnaissance, le patriarche ἆ
RECUFILLIS A RHODES. 293 Constantinople, Cyrille (1), qui fut l’une des premières victimes immolées à la liberté de la Grèce.
OBSERVATIONS SUR LES DISTIQUES N° { et.2.
Ces distiques se trouvent déja insérés parmi ceux de M. Fauriel, n°” 34 et 22; mais ils offrent ici des variantes qui m'ont semblé préférables.
On y doit remarquer la vive expression de cet amour pour la patrie, qui fait paraître aux yeux du Grec comme un être malheureux celui qui s'en trouve éloigné; ce sentiment se rencontre plusieurs fois dans le recueil des chants populaires, et il forme, en effet, une des principales distinctions du caractère grec, puisque, même sous le joug des Turcs, ce peuple a conservé pour sa patrie le même attachement qu'il lui portait aux plus beaux siècles de sa gloire.
DisriQue N° 3.
Ce distique présenté la même idée que celui n° 46 de M. Fauriel; mais il est ici exprimé d'une manière plus heureuse.
(1) Ce respectable vieillard eut la bonté de me donner une lettre encyclique pour tous les prêtres, évêques et archevêques de la Grèce ; mais je n'eus presque jamais occasion d'en faire usage, le nom de Coraÿ était pour moi une sorte de talisman qui me faisait accueillir avec empressement. Chacun voulait apprendre de moi quelques détails sur un homme aussi vertueux à qui la Grèce est en partie redevable de son affranchissement du joug de l'ignorance et de la barbarie.