‹ Chants populaires de la Grèce moderneChapitre 37 sur 194 · SOMMATION AUX KLEPHTES DU MONT OLYMPE · texte numérisé non relu

SOMMATION AUX KLEPHTES DU MONT OLYMPE

IOTIS BLESSÉ,

ET

STERGHIOS.

J g réunis ici trois pièces qui ont beaucoup de rapport entre elles, et me semblent appartenir toutes trois, sinon à la même époque, du moins à une même série de faits. Ce fut vers l'année 1783, qu’Ali de Tebelen, déja riche et fameux à force de scélératesses, acheta du divan, avec le titre de pacha de Trikala, celui de Dervendgi-bachi, ou, comme on pourrait dire en français, de grand prévôt des routes. Les Klephtes, ou, pour mieux dire, les Armatoles, quoique déja inquiétés dans les priviléges de leur poste, étaient encore trèspuissants en Thessalie, et sous leur influence ou par leur secours, l'autorité grecque s'exerçait régulière-

ment dans le pays. Empressé de restaurer ou d'établir partout, à son profit, l'autorité turque, le nouveau Dervendgi-bachi prit contre les Klephtes thessaliens des mesures énergiques, dont le succès lui valut une célébrité plus glorieuse que celle avec laquelle il était arrivé à son poste. Il en repoussa un grand nombre dans les montagnes où ils cherchèrent à se maintenir, et où il continua à leur faire la guerre, tantôt par la ruse, tantôt par la force, et visant toujours à l'extermination de ces ‘ntrépides représentants de l'indépendance primitive de la Grèce.

C'est, je crois, aux périodes les plus vives de cette guerre, que se rapportent les trois chansons suivantes. La première, curieuse comme pièce historique, consacre le souvenir d'une sommation générale de se rendre, faite de la part d'Ali pacha, aux Klephtes du mont Olympe. Elle donne la substance même de la sommation, traduite et relevée du style de la chancellerie greco-turque, dans la langue poétique des chantres des Klephtes.

L'effet de ces sommations n'était jamais bien durable ni complet. La plupart des Klephtes qui s'y étaient rendus dans des moments de péril ou de confiance, ne tardaient guère à regagner les cavernes où ils avaient caché leurs armes ; et il y en avait toujours quelquesuns qui refusaient de se rendre, même passagèrement,; aux appels ou aux menaces du Dervendgi-bachi. 065 derniers n'étaient même pas toujours les plus redoutables ou les plus braves; c'étaient quelquefois tout sim-

plement ceux que l'autorité turque ne craignait pas, et qu'il lui importait le moins de soumettre.

lotis et Sterghios qui figurent, l'un dans la seconde, l'autre dans la troisième chanson, sont deux de ces Klephtes réfractaires. La pièce sur otis est complète, gracieuse , et dans les formes les plus naïves da genre. Le chant de Sterghios est d'un ton beaucoup plus sévère et plus élevé. Ce n'est peut-être qu'un fragment dont la fin manque; mais complet ou non, cest un morceau admirable, où l'âpre fierté du langage répond de tout point à celle des sentiments. Les montagnes sont poétiques et ont inspiré beaucoup de beaux vers ; mais je ne sais s'il en est d'aussi poétiques que celles qui ont inspiré les vers dont il s'agit ici, et plusieurs autres de ce recueil.

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