CHANSONS HISTORIQUES DIVERSES
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KYRITSOS MICHALIS.
ARG UMENT.
γοιοι une pièce qui roule sur un genre d'évènement des plus communs sous la domination du grand Sultan. Il s'agit d'un Grec, sans doute d'un Phanariote opulent et puissant, établi (peut-être en qualité de gouverneur) dans la ville d'Achelos , en Romélie, sur les côtes de la mer Noire. Il est dénoncé au Sultan, qui expédie aussitôt son capidgi-bachi, avec l'ordre de l’étrangler, de s'emparer de son bien et d'enlever son fils. Π n'y a guère de doute que le fait ne soit historique, mais j'ignore si l’on en trouvcrait quelque vestige dans les histoires écrites. '
La pièce n'a rien de distingué dans la composition ; et le récit auquel elle se réduit, d’ailleurs simple et clair dans, sa concision, n'est relevé par aucun trait d'imagination ou de style. Elle ne laisse pas toutefois . d'être curieuse, ne fût-ce que pour être certainement une des plus anciennes, et peut-être la plus ancienne de tout ce recueil. Je l'ai trouvée par hasard dans un manuscrit grec de la bibliothèque du roi n° 316, où elle a été copiée après coup, sur une page restée en
a10 - ARGUMENT.
blanc dans le corps du manuscrà. L'écriture est indubitablement du XVI° siècle, de sorte que la chanson ne peut pas avoir Inoins de 224 ans, et en a probable ment davantage.
Du reste, la copie est fort incorrecte, sans orthographe fixe, partout difficile à lire, et indéchiffrable en deux ou trais endroits, où j'ai mis le mot que le sens exigeait ou admettait, sans être sûr que ce soit mi ment celui du manuscrit.
Il y a beaucoup d'apparence que la pièce a été com posée à Constantinople. La langue n'en diffère en rien d'important du langage actuel.
LAV ο οσο ωωουουνωνωώυωουννια
TOY KYPITZH MIXAAH.
ὡς Tr’ ἄχουσεν ὁ βασιλεᾶς, πολλὰ τὸν χακοφάνη - Μπηνᾷ τὸν καπιτσίµπασην, γοργὰ τὸν συντυχαίνει" « Γοργὰ νὰ πᾶς 'σ τὸν Ἀχελὸν, 76 τὸ σπῆτι τοῦ Μιχάλη 9 Éxet ὀμπρὸς τὴν πόρταν του νὰ "δῆς νὰ τὸν χρεµάσης, D Καὶ τὸν μικρόν του τὸν υἱὸν va ᾿δῆς νὰ τόνε πιάσης D» Φυλάγου 2 ἀπ᾿ τὸ πρᾶγμά του βελόνι νὰ μὴ χάσης..--- Μεσάνυχτα ξεπόρτισε, "a τὸν Ἀχελὸν ἐπῆγε.
Σὰν τόν dev ὁ Μιχάλμπεης, ἐπροσηκώθηκέ τον:
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KYRITSOS MICHALIS.
Je m'arrèête pour vous faire un récit (dont) bien serez émerveillés. — Certain ( Grec) était, que l’on nommait Kyritsos Michalis : — 1] possédait d'immenses richesses, de grands honneurs; —et se tenait (tranquille) en sa maison , sans que rien de sinistre lui vint à l'esprit. — Mais on vint à lire une lettre au divan, — ( une lettre portant) qu’il vexait tout le monde, et ne cherchait que guerre. — L'empereur, dès qu'il entendit cela, s’en courrouca fort: — il mande le capidgi-bachi , et lui parle vivement : — « Vite ! val'en à Achelos, à la demeure de Michalis ; — et là, avise à le pendre devant sa porte; — son fils tout petit, avise à le prendre; — et de son bien, prends garde à ne pas perdre une épingle. » — Au milieu de la nuit, le capidgi sort du port, et part pour Achelos. — Il vole comme oiseau, il va comme flèche. — Michalis bey, sitôt qu'il l’aperçoit, se lève (pour lui aller } au-devant : — « Sois
214 TOY ΚΥΡΙΤΣΗ MIXAAE.
« Ίρθες καλώς, ἀφέντη µου, κάτσε νὰ γευµατίσης. — α Av ήρθα "yo διὰ τὸ φαγὶ, οὐδὲ διὰ τὸ ποτῆρι;
KYRITSOS MICHALIS. 21)
le bien venu, mon seigneur : assieds-toi pour déjeuner.» — « Je ne viens point pour manger; je ne viens point pour boire; — je viens pour faire ce qu'a dit, ce que veut l’empereur. » — Et il lance son cordon, (il le lance) au cou de Michalis; — puis il le prend, et le pend devant sa porte , — il cherche ensuite son fils tout petit, il enlève … — et le met dans la galère avec tout le trésor de son père.
LES ALBANAIS A ANAPLL.
ARCGUMENT.
J ‘A1 eu déja et j'aurai encore l'occasion de rappeler l'itsürrection de la Mérée contre la Porte en 1770, et de faire allusion aux calamités de tout genre qui en furent la suite. La plus grande vint des Albanais, qui avaiènt été appelés dans eette province pour en chasser les Russes'et ex soumettre les habitants. Après avoir rempli sans gloire cette tâche peu difficile, ces barbares trouvèrent le pays bon, et la fantaisie leur vit d'y réster. En conséquence, ils commencètent, ou plutôt’ ils continuèrent à massacrer les Grecs qui leur tombèrent sous la main, et se partagèrent ensuite les terres , les forteresses et les villes à leur convenance. Les chasser ne fut pas chose aisée à la Porte, ni l'affaire d’une campagne. Le divan y envoya, plusieurs années de suite , des armées qui furent toujours battues : ce ne fut qu'en recourant au secours des Klephtes grecs, que l'on vint à bout d'exterminer les Albanais.
La chanson qui suit est relative à l’une des expédi-
tions, et, je crois , à la première expédition des Turks pour le recouvrement de la Morée. Après avoir inutilement sommé les’ Albanais de rendie la forteresse d’Anapli, où ils s'étaient renfermés, le capitan-pacha voulut attaquer cette place, et son érmée y fut mise en déroute.
Ce qu'il y a de plus piquant et de plus caractéristique dans cette pièce, c'est qu'elle fait sentir assez bien à quel point étaient montés, à l'époque dont il s’agit, l'insolence des Albanais et leur mépris pour les Turks. La pièce est rimée, ce qui est une raison de plus pour croire qu'elle a été composée dans la Morée, ou dans quelque île des plus voisines. On ne. peut guère douter non plus qu'elle ne soit l'ouvrage dun Grec; et ce Grec a l'air de célébrer une victoire rem portée par des brigands qui avaient massacré ses col patriotes par milliers. Mais les hommes qui composaient ces sortes de pièces , et ceux pour lesquels on les obæ posait, n'y entendaient pas malice : ils ne faisaient, ls uns et les autres, que céder à un besoin, naïf d'éme tions, indépendant de toute idée patriotique.
CARD SR RD VD LA RD LL LR DAV RE AR ARR D LD LE AVR RL D LD AAR ο νσυυννν
OI APBANITEZ ΕΙΣ TO ΑΝΑΗΛΙ.
» Τλίγωρα νὰ σχωθῆτε αὐτοῦθ) ax’ τὸν Μωρεά. » — « Ἐγὼ χαρτιά χω χίλια χαμµένα σ τὴν φωτιά"
D Καὶ σένανε σὲ γράφω σ τὴν κάτω τὴν µεριά » --- « Σῶπα, coma, βρὲ Μοῦρτο, καὶ μὴ παραμιλῆς,
D Far’ ἔχεις ίγ' ἀσχέρι, καὶ τὸ μετανοεῖς. » —
LES ALBANAIS A ANAPLI.
L'empereur donne l'ordre souverain — que le capitan-pacha sorte avec la flotte ; — et la flotte sort; (εἩ 9)’ νιδήϊ mpuiller à Asdpli;—"et le capitan-pacha, avec l'armée, traverse les défilés. — Il se met à expédier des lettres, des lettres et des boïourdis : — « À toi, Mourto- Khamza; à vous, Albanais : — vite! décampez d'ici; (décampez) de la Morée. » —« (Capitan,) des lettres, (des boiourdis,) j'en ai jeté mjllg au feu; — et la répqnse que je te fais, je l’écris sur mon d....» — «Tais-toi, tais-toi, Mourto; ne déraisonne pas : — tu n'as qu'une petite armée , et te repentiras. » — « Huit mille , six mille fusils de braves ( comme nous), — (c’est assez contre) cent mille kaloundjis (comme vous). » — Les Albanais crient : Alla! Alla ! tirent leurs sabres ,— et chassent les Turcs devant eux comme des chevreaux.