‹ Chants populaires de la Grèce moderneChapitre 82 sur 194 · LA BICHE ΕΤ LE SOLEIL · texte numérisé non relu

LA BICHE ΕΤ LE SOLEIL

Tours la sombre et sauvage nuit, au clair de la lune ,— et à l’autre (encore), à la fraicheur, jusqu’à ce que le soleil darde, — les cerfs courent, les faons courent dans les montagnes. — Une pauvre biche (seule) ne va point avec eux : — elle ne fréquente que les lieux couverts, et se couche (toujours) sur le flanc gauche; — et quand elle trouve une eau pure, elle la trouble pour boire. — Le soleil la surprend (un jour); il s'arrête et l’interroge : — « Qu’as-tu , ma biche, que tu ne vas point avec les autres ; — que tu ne fréquentes que les lieux couverts, et te couches (toujours) sur le flanc gauche? » — « Soleil, puisque tu m'interroges, je te le dirai : — j'avais passé douze années sans avoir de faon; — mais les douze ans passés et outre-passés, j’en eus un. — Je le nourris, je l’élevai, je le menai jusqu’à deux ans. — ( Alors) un chasseur le rencontre, tire et le tue. — Oh! maudit sois-tu, chasseur, toi et ton indus-

trie: — tu m'as privée d'enfant et d'époux! »

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