LA JEUNE FILLE VOYAGEUSE
Uxe jeune fille (persécutée) pour sa beauté, voulait voyager ; — et voyager ne pouvait-elle; elle ne savait pas ramer. — Elle donne cent sequins pour le nolis d’un navire ,— et cent autres sequins pour être respectée dans le trajet. — Mais quand on fut à deux ou trois milles au large de la ville, — le capitaine porta la main dans son sein ; — et de la honte qu'elle en eut, la jeune fille tomba évanouie. — Le capitaine crut qu’elle était morte ; — il la prend par le bras, la jette dans la mer, — et la mer la pousse au puits de Morée. — Vinrent les femmes, (vinrent) les filles moréates chercher de l’eau ; — elles jetèrent leurs cruches, et (à) leurs cruches (se) prirent les cheveux (de la belle) : — «Oh! voyez ce corps à (porter) doliman ! ces doigts à (tenir) la plume! — Oh ! voyez ces lèvres à baiser, toutes sanglantes qu’elles sont !»—Je les baisai, ces rouges lèvres, et les miennes en furent teintes; — je les essuyai avec un mouchoir, et teint en fut le mouchoir : — je le lavai dans la rivière, la rivière en fut teinte; —teints furent le rivage et la pleine mer; — une galère en fut teinte aussi, avec un beau galion ; — et les jolis, les rapides poissons eux-mêmes furent teints.
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LE MATELOT
D: même que les montagnes de la Thessalie, de l'Épire et de l'Arcananie pnt leurs chansons klephtiques et pastorales, les îles de l'Archipel ont leurs chansons de matelots. Telle est celle-ci ; et comme c'est la seule de son genre dans ce recueil , cette particularité sufbrait pour la rendre intéressante, si elle ne l'était bien plus encore par son mérite intrinsèque. C'est un tableau de la naïveté la plus touchante, et du coloris le plus vif, des misères et des fatigues de la vie du matelot, Je crois que les quatre premiers vers doivent être regardés comme une espèce de prologue, rempli par des réflexions générales auxquelles se rattache immédiatement, dés le cinquième vers, le sujet spécial de la chanson. La sorte de brusquerie avec laquelle le dénoûment inattendu des plaintes du matelot est jeté, en un seul trait, dans le dernier vers, a quelque chose de frappant et de hardi.
Η y a, dans l'avant-dernier vers, deux expressions que je n'ai pu traduire, et dont je n'ai indiqué la signification que par une paraphrase ; ce sont les expressions : ζαλέσα, et la µόλα, qui s'écrivent encore «la λέσα et εἷα µόλα. Ce sont les mots sur lesquels roule le chant des mousses
et des matelots grecs , pour jeter et lever l'ancre. Éa ass . est le cri pour le mouvement rapide, fx pa, celui pour le mouvement ralenti de cette manœuvre. On dit que cette cantilène de matelot est d’un grand effet, en mer, et surtout dans les voisinage des côtes, lorsqu'elle est répétée et prolongée par les échos; et qu'elle a pour les matelots grecs le même genre de pouvoir et de charme que le ranz-des-vaches pour les pâtres suisses
Le docteur Coray a déja observé, dans une note de son introduction à l'édition donnée par lui des Æthiopiques d'Héfiodore, que ces cris sont de toute antiquité dans la bouche des matelots grecs. Εἶα µάλα que l'on trouve dans Aristophane , n'est autre chose que lets, ou a µόλα des Grecs d'aujourd'hui, altéré aussi peu que possible.
J'avais déja de cette pièce plusieurs copies qui, bien que prises en divers lieux , ne différaient point entre elles, lorsque j'ai eu l'oceasion d'en prendre une copie nouvelle de la houche d’un Grec qui l'avait apprise en Acarnanie. Cette copie a de plus que les autres huit ou neuf vers qui sont des meilleurs et des plus touchants de la pièce.
Ποιὸς χόρην ἔχ᾽ ἀνύπανδρην, νὰ τὴν 'πανδρέψ) ἂν θέλη, Ka ἃς τῆς δώση γέροντα, παρὰ νεὸν ναύτην ἄνδρα. Ô ναύτης ὁ βαρδόµοιρος, ὁ χαχοπαθηµένος, ἂν γευµατίση, δὲν δειπνᾷ, ἂν στρώση, δὲν κοιμᾶται. Κρίμα a τὸν veôv, τὸν ἄῤῥωστον Ἰα τοῦ χαραθιοῦ τὴν πλώρην' Μάνναν δὲν ἔχει νὰ τὸν 95, κύρην νὰ τὸν λυπᾶτας, Oùd” ἀδερφὸν, οὐδ' ἀδερφὴν, χἀνέναν εἰς τὸν κόσμον. ἩΜόναι τὸν λέγ᾽ 6 ναύχληρος μὲ τὸν καραθοχύρην -
» Νὰ χομπασάρης τὺν χαιρὸν, νά Ίμόδωμεν εἰς λιμένα.ν--- « Éyo σᾶς λέγω δὲν Ἰμπορ, χαὶ σεῖς μοῦ λάτε σήκου. » Γιὰ | πιάστε µε νὰ σηχωθῶ, βάλτε µε νὰ καθήσω᾿
» Mè τῆς ἀγάπης τὸ χρυσὸν δέστε τὰ χαταχλείδια.
ου νου υ VD D LR RD LL ER LD CR D D LD URL RL LD RE LR D ÉD
LE MATELOT
CeLu: qui a une fille à marier, et mariér la veut, — qu'il lui donne plutôt pour mari un vieillard qu'un jeune matelot. — Harassé et misérable, le matelot, — s’il dine, ne soupe pas; s’il fait son lt, ne dort pas. — Oh! qu’à plaindre est ce jeune garçon, malade à la proue du navire! —Il n’a là ni mère pour le garder ; (1l n’a là), pour le plaindre, ni père ,—ni frère, ni sœur, ni personne au monde; — si ce n’est le capitaine et le maître du navire, qui lui disent : — « Or çà! lève-toi, notre matelot, notre expert matelot, — pour calculer le temps, pour que nous entrions au port.» —« Lève -toi, me dites-vous, vous autres ; et moi, je vous dis que je ne peux.—Tenez-moi du moins, pour que je me lève ; mettez-moi sur mon séant. — Serrezmoi la tête avec deux, avec trois mouchoirs; — et ce mouchoir d’or de ma maitresse, attachez-lemoi sur les joues. — (Maintenant) apportez-moi ma tniste carte. — Voyez-vous, l’une en-decà, l'autre en-delà, ces deux montagnes, — qui ont du brouillard au sommet, de la brume au pied?
Ποῦ ἔχ᾽ ἀντάραν ςἩν κορφὴν, καὶ χαταιχνιὰν ch ῥίζαν; » Πᾶτε ἐκεῖ ν᾿ ἀῤῥάξετε : ἔχει (αθὺν λιμένα.
» Νὰ µή µε θάψουν σ ἐκχλησιὰν, μηδὲ εἷς μοναστῆρι, Μόναι ᾿σ τὴν ἄχρην τοῦ γιαλοδ., Ἰσ τὸν ἄμμον ἀποχάτω" » Éxe οἱ ναῦτες νά ᾽Άρχωνται., ν᾿ ἀχούω τὴν φωνήν τους. » Éyere γιὰν, συντρόφοι pou, χαὶ σὺ, καραθοχύρη, Καὶ σὺ « £a λέσα » µου λυκὸν, γλυχότερον « ἔα μόλα.”
LE MATELOT. 107
— Allez mouiller là; il y a là un bon port.
— Jetez l'ancre à gauche, les amarres à droite, — et la grande ancre au sud. — Je prie le capitame et le maitre du navire, — de ne point m'enterrer à l’eglise, ni dans un monastère; — mais au bord du rivage, tout en bas, dans le sable, — afin que j'entende le cri des matelots quand ils aborderont. — Adieu, mes compagnons; adieu, toi, maitre du navire ; et adieu, vous aussi douces chansons que je disais, en levant, en baissant l’ancre. » — (Il ne parle plus); ses yeux s’éteignent : il ne voit plus.