‹ Chants populaires de la Grèce moderne, réunis, classés et traduitsChapitre 114 sur 187 · LA SÉPARATION · texte numérisé non relu

LA SÉPARATION

Ouvre-toi, cœur affligé; lèvre désolée ouvre-toi, et disnous quelque chose qui nous console. La mort a des consolations, et Charon sait compatir. Mais de la séparation, rien pendant la vie ne soulage. La mère quitte son enfant, l'enfant la mère, les ménages les plus unis se séparent. De l'autre côté de cette montagne si haute et si vaste, qui a un nuage à la cime et de la brume aux pieds, deux frères dorment ensevelis. Au milieu de leurs monuments pousse une vigne qui fait des raisins rouges, et un vin empoisonné. De toutes les mères qui en boivent, aucune n'a plus d'enfant. Plût à Dieu que ma mère en eut bu, et qu'elle ne m'eût pas fait naître !

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