‹ Chants populaires de la Grèce moderne, réunis, classés et traduitsChapitre 113 sur 187 · LA MORT DU PILOTE · texte numérisé non relu

LA MORT DU PILOTE

Celui qui a une fille luibile, cl qui veut la marier, qu'il la donne à un vieillard plutôt qu'à un jeune marin ; le marin accablé par la destinée, en butte à tous les maux, s'il dîne, ne soupe pas, s'il fait son lit, point ne se couche. Pitié pour ce jeune homme qui est là malade à la proue du navire ; il n'a pas de mère pour le soigner, de père pour le plaindre. 11 n'a frère, sœui', ni personne au monde, mais le capitaine et le maître du \aisseau : — allons notre matelot, lève-toi, notre pilote, viens calculer le moment de l'entrée au port. — Je suis malade, vous dis-je. et vous me répondez, lève-toi. Eh bien ! tenez-moi, que je me dresse; soutenez-moi que je m'assoie; assujettissez ma tête avec deux ou trois mouchoirs ; et le mouchoir brodé de mon amie serrez-le sur mes joues ; apportez ma carte, ma carte maudite. Yous voyez cette montagne, de ce côté-ci et de l'autre, qui a un nuage à sa cime et de la brume au pied; allez mouiller là, il y a bon fond. Les petites ancres à droite, les amarres à gauche, et la grande ancre au[sud. — Je prie le capitaine et lemaîtredu vaisseau do ne m'enterrer ni à l'église, ni au monastère, mais sur le bord du rivage sous le sable, là où descendent les matelots, pour que j'entende leurs voix î Adieu, mes camarades, et vous mgître du navire ! et toi mon doux levé::, Vancre, et mon plusdoux momVfé^^.— Ses yeux s'éteignent ; ils s'éteignent, et il meurt.

COMPLAINTES. iS3

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