‹ Chants populaires de la Grèce moderne, réunis, classés et traduitsChapitre 116 sur 187 · LA VEUVK A SON FILS ÉLOIGNÉ · texte numérisé non relu

LA VEUVK A SON FILS ÉLOIGNÉ

0 mon pauvre oiseau, si rcgrelté, lu l'amuses sur le sol élranger, quand lu me fais tanl souffrir. — Si j'envoie une lettre pour apprendre à mon enfant tout ce que mon cœur a soif de lui dire, elle se perd, et ne le trouve pas. — Si j'envoie une pomme, elle se dessèche; une fleur, elle se flétrit. — Si j'envoie mes larmes dans un voile léger, mes larmes sont brûlantes et consument le voile. — 0 ma belle lune ! lune brillante qui fais le tour du monde, qui d'en haut où tu le promènes vois les choses d'enbas cil nous sommes ; n'as-tu pas aperçu mon fils, mon enfant chéri? — Quels yeux le regardent, quand les miens pleurent? — Quelle bouche lui parle, quand la mienne génftit? — Quel cœur peut le réjouir, quand le mien se brise? — Quelles mains peut-il serrer, quand les miennes tremblent? — Sois maudite, terre étrangère, pour le mal que tu fais! — Tu m'as enlevé mon mari, lu m'as fait veuve. — Tu m'as ravi aussi mon pauvre oiseau, il y a bientôt douze ans. — Sois maudite, terre étrangère ; et maudits soient les Turcs qui ont rendu ma maison déserte, et m'ont revêtue d'habits de deuil !

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