‹ Chants populaires de la Grèce moderne, réunis, classés et traduitsChapitre 12 sur 187 · LE TOMBEAU DE DIMOS · texte numérisé non relu

LE TOMBEAU DE DIMOS

Le soleil disparaissait, et Dimos donne ses ordres. — :

(( Allez, mes enfants, à la fontaine, pour manger le pain \

« de ce soir; et toi, mon neveu, Lampraki % viens t'asseoir !

« là près de moi ; tiens, porte mes armes pour êlre capi- ' « tainé. Et vous, mes enfants, prenez mon sabre chéri : « coupez des branches vertes, dressez-les pour m'y as- « seoir; amenez le confesseur pour qu'il m'entende, et

« que je lui dise tous les péchés que j'ai pu commettre, i

« J'ai été armatole ^ trente ans, en voilà vingt que je suis j

« klephte. Maintenant la mort m'arrive, et je vais mou- \

« rir. Faites ma tombe large ; qu elle soit haute, pour ^ ^ que j'y puisse combattre debout, et y charger des deux

« côtés le mousquet. Laissez du côté droit une fenêtre "

« pour que les hirondelles y viennent m'appprterle prin- j i( temps et les rossignols m'annoncer le beau mois de « mai : que les oiseaux y entrent et sortent pour me don-

K ner des nouvelles ; des nouvelles de ma maison; de mes 1

« enfants des nouvelles, b — ;

* Lampraki, fils de Lampros et neveu de Dimos, capitaine dg ;

klephtes en Thessalie. '

2 Armatole, milice grecque enrégimentée par les pachas. ;

ET KLEPHTES niEURIERS.

XYUI

lOTIS BLESSÉ

Sur la tour de Panagia S trois oiseaux se sont posés; tous les trois gémissent l'un après l'autre ; et leurs complaintes sontamères:

« A quoi réfléchis-tu, mon lotis? que mets-tu dans ton « esprit? Ce n'est pas la saison cotte année de sortir « en armatole ou en klephte. Les détroits sont aux Turcs (( et aux mains des arvanites.

(( Bien que les détroits soient aux Turcs et aux mains " des arvanites, demandez à Dieu et à tous les saints . que ma main guérisse et que je puisse tenir mon sabre. « Je prendrai le revers des montagnes, le revers des « pics ; je saisirai vivants les agas des Turcs et des ar- (i vanités. Ils apporteront la monnaie dans les pans de « leurs robes et les pièces d'or dans les plis de leur « sein. )) —

* Panar/ia, c'est un village très-peu connu de Thessalie. Ce n'est ni le bourg Panagia de la Tliesprotie, ni le château Panagia de l'Hellespont, désigné sous ce nom par le géographe^ Mélétios (t. III, p. 57), lotis ou Panaiolis était un klephte du mont Olympe.

LÉ

Millet

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LA MORT D'IOTIS

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