CHANT DES MATELOTS AU PREMIEU DE L'AN
Ohî puissiez-vous, Monseigneur, armer une frégate qui ait la poupe minco, et h proue comme un lion ! qui ait des mâts de bronze, des haubans en fil de fer, des voiles de soie, et des antennes d'acier. Que le Christ soit à l'avant, la Panagia au milieu, et saint Nicolas près du timon à l'arrière !
Puissiez-vous ainsi naviguer vers l'Angleterre, et remplir votre frégate de ducats ! pour vivre ensuite de longues années, content et heureux, enrichi de tous les dons de l'esprit et du corps !
Du vaisseau où nous chantons, que jamais clou ne tombe, et que son capitaine vive de longs jours !
CHANT DE L'HIUONDELLE
L'hirondelle arrive de la mer Noire ; elle a passé la mer, elle a fondé une tour, s'y repose, et dit :
« Mars, mars neigeux, et toi, pluvieux février, voici le doux avril qui s'annonce et n'est pas loin.
« Les petits oiseaux gazouillent, les arbustes verdissent, les poules commencent à glousser et à pondre.
'( Les troupeaux s'acheminent vers les montagnes ;
FÊTES DE LANNEK. . 219
les chevreaux bondissent et broutent les premiers bourgeons.
y( Animaux, oiseaux et hommes seHvrent à la joie du cœur. La glace, la neige et le vent du Nord ont cessé.
« Mars, mars neigeux, et toi, boueux février, voici le bel avril qui arrive.
« Hors d'ici, février! Hors d'ici, mars! Pritz, pritz.
Nota. Le Pfitz du dernier vers est un bruit de la langue contre les (lents, bien plutôt qu'un mot. C'est une sorte d'onomatopée significative, une espèce de cri comme pour faire envoler un oiseau.